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Jurassic World : Fallen Kingdom , ressucite la saga.

Jurassic World : Fallen Kingdom représentait un challenge pour Juan Antonio Bayona et la bonne nouvelle est qu’il s’en sort haut la main. Livrant un vrai délire old-school diablement fun. Bien mieux que le précédent volet.

Jurassic World : Fallen Kingdom va-t-il réussir à faire oublier le mauvais souvenir du dernier volet de la saga ? On pouvait se poser la question à juste titre vu la présence encore gênante de Colin Trevorrow au scénario, mais cette-fois obligé de laisser sa place a Juan Antonio Bayona à la réalisation, le résultat est différent. Alors oui évacuons d’emblée le point faible, le scénario ne révolutionne pas le genre. Sorte de mélange entre Lost World, Dino Crisis de Capcom et une envie furieuse de dynamiter la franchise, le mélange en surprendra plus d’un. Même si dans le fond, on ne se perd pas franchement en route tant les bases de la nouvelle saga sont alignés devant nous comme un chemin tracé au néon lumineux. C’est un point ennuyeux certes, mais comme dit plus, Juan Antonio Bayona réussit à élever le tout bien plus haut que le niveau de la surface de la mer. Laissant ainsi aux spectateurs un espace de sécurité suffisant pour respirer et apprécier pleinement l’expérience Jurassic World : Fallen Kingdom. De quoi parle ce nouveau volet ? Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l’île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Jurassic World : Fallen Kingdom

Passer après Trevorrow et son style pour le moins translucide laissait une vraie marge de manœuvre à Juan Antonio Bayona, le genre de celle lui permettant de s’éclater sans pour autant malmener la mythologie dans tous les sens. S’appuyant aussi bien sur les fondations de la saga d’origine que la nouvelle mythologie du dernier film, Jurassic World : Fallen Kingdom version Bayona a des faux airs de films de Steven Spielberg. Inventif, humain, drôle, le film s’aventure sur tous les terrains. Mais c’est surtout dès que l’action se met en marche que la patte du réalisateur emmène la chose loin du terrain neutre qu’était le dernier film. Et tant mieux. L’aspect corporation maléfique toujours à la recherche de nouvelles manipulations génétiques fait encore et toujours flirter les Jurassic World vers l’adaptation d’un jeu Capcom. C’est un peu comme si les scénaristes et producteurs faisaient volontairement une concession à un nouveau public. Le résultat comme dans le précédent film est assez bancal. Ce n’est pas l’aspect le plus solide du récit. Pour être sincère, Jurassic World : Fallen Kingdom n’apparaît jamais d’ailleurs comme un vrai film à part entière. Plus comme la dernière partie du film de Trevorrow. Et la chose qui du coup saute aux yeux est que l’on ne peut s’empêcher de se dire que si Juan Antonio Bayona avait pu réaliser et écrire les deux films et non pas juste le dernier, la chose aurait sûrement eu plus de gueule.

Jurassic World : Fallen Kingdom

Et c’est le vrai défaut de cette suite, on ne peut chasser de son esprit le fait que Juan Antonio Bayona est le réalisateur qu’il aurait fallu a la saga dès le départ. Et que quoi que l’on en dise la présence de Trevorrow encore une fois en coulisses continue de s’apparenter à ce boulet que l’on traîne sans quoi savoir bien quoi en faire. Le vieil oncle un peu relou dont on ne peut pas se débarrasser. Est-ce qu’il est en passe de devenir le George Lucas de Jurassic World ? C’est une possibilité. En attendant impossible de nier que l’on prend un plaisir certain à s’engager dans ce ride qu’est Jurassic World : Fallen Kingdom. À mi-chemin entre le recyclage joyeux et le délire le plus complet dans certaines séquences que l’on aurait voulu bien plus longues, la dernière création de Juan Antonio Bayona est un vrai plaisir coupable. Là où Trevorrow n’apportait rien de plus, le nouveau protégé d’Amblin fait doucement virevolter le film vers l’horreur et le fantastique le plus délicieux possible. On en vient à se demander ce que donnerait le film présent sous nos yeux en allant dans une version complètement adulte. Le changement de ton est déjà enclenché depuis quelque temps et le public a grandi avec la saga. Peut-être serait-il temps de tenter pleinement l’aventure plutôt que de tourner un peu autour du pot. Jurassic World : Fallen Kingdom est un blockbuster des plus honnêtes et Juan Antonio Bayona n’a rien à se reprocher sur le coup. Il réussit sans trop se fouler à faire oublier le précédent volet. Et d’une certaine manière tant mieux. Le pire dans l’histoire est que ce film pourrait presque prétendre n’être qu’une suite directe du 2e Jurassic Park quelques années plus tard et cela passerait tout aussi bien. Un très sympathique divertissement à défaut du film de l’année. Validé.

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