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Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni-Théâtre Hebertot

Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni est une surprise incroyable pour ceux ne connaissant pas l’univers de Carlo Goldoni, mais c’est surtout une énorme découverte avec l’incroyable Maxime d’Aboville qui incarne les deux jumeaux.

Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni fut une entrée en la matière pour moi dans l’univers de l’auteur. Je n’avais jusque-là de son œuvre qu’une connaissance à distance, par des noms entendus au gré de discussions. Et autant être honnête, j’avais un peu peur du résultat. Va comprendre pourquoi, souvent sans même savoir on se met une tonne d’idées en tête qui n’ont pas lieu d’être. Dans le cas de Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni, je plaide coupable, j’avais tort ! De quoi parle cette pièce ? Le pitch annonce clairement la couleur : Deux jumeaux, Zanetto et Tonino, sont séparés à leur naissance : Canette est élevé dans la montagne, Tonino à Venise. Le premier est un crétin, le second un habile homme. Vingt ans après, le hasard les fait arriver en même temps à Vérone pour retrouver leurs dulcinées : chacun des deux ignore que son frère se trouve dans la ville, ce qui va créer une succession de quiproquos, de situations invraisemblables et loufoques propres à semer le désordre dans les esprits et le désarroi dans les cœurs. Duels, amours et désamours, fuites éplorées, intervention de la police, retrouvailles, emprisonnement… Pendant trois actes échevelés, Goldoni ne cesse de pousser l’action de sa comédie en mêlant rire et émotion, tendresse et gravité, sans jamais se départir de ce qui sera sa conduite d’homme de théâtre : amuser le public afin de mieux l’instruire.

D’une certaine manière qui fera peut-être bondir au plafond les puristes, il est possible de définir Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni comme étant l’ancêtre du boulevard. Le tempo est le même, l’humour fait mouche là aussi à 100 à l’heure, on passe d’un couple d’acteurs à l’autre sans perte de régime. On ne peut qu’être admiratif de la tension comique que la pièce réussit à garder du début à la fin. Un tour de force qui est en partie dû à l’énergie totalement contagieuse que Maxime d’Aboville déploie dans les deux rôles. A mi-chemin entre un Edouard Baer et un Fabrice Luchini, il surprend par sa façon de jouer, de parler et d’envahir la scène de façon totalement schizophrénique avec ses deux rôles. Pilier de l’histoire, il donne au récit une force peu commune qui d’ailleurs à le bon goût de ne jamais exploser en vol. C’est tout un art d’en faire des tonnes, mais très vite il est possible que le public abandonne en cours de route. Ici avec le talent du casting et la mise en scène au couteau, on reste sous le charme de ce Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni. Mais au-delà de toutes appréciations sur le texte ou la mise en scène, la vraie révélation (pour moi) est bien Maxime d’Aboville dont le talent d’acteur confine a la sorcellerie dans son double rôle. Chose qui ne fait que confirmer la magie enivrante du théâtre en live. Les Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni se joue actuellement au théâtre Hebertot et sincèrement si l’occasion se présente pour vous d’aller découvrir cette pièce, n’hésitez pas une seule seconde.

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