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John Wick 2, le coup de maître sanglant de Chad Stahelski

John Wick 2 de Chad Stahelski est le genre de film que l’on attend avec autant de craintes que d’impatience. Pourquoi ? Peut-être parce que même si le 1er film était brillant sur la forme, il n’était pas forcément grandiose sur le fond. Sorte de plaisir coupable cartonnant grâce à son énérgie folle, mais passant un peu à côté de son potentiel. En effet, la vraie force de John Wick, au-delà de l’implication complètement folle de Keanu Reeves est que sa mythologie le rapprochant d’une version sous acide du syndicat du crime par John Woo pouvait donner lieu à quelque chose de grandiose. Et dans ce domaine précis, le premier film ne faisait qu’à peine explorer ce potentiel. Une situation un poil frustrante que corrige complètement ce 2e chapitre des aventures de John Wick qui d’un coup en oubliant ses faiblesses narratives et se drapant dans une ambition assez folle devient tout simplement dantesque. La mythologie qui se crée dans John Wick 2 de Chad Stahelski plonge le film dans l’ombre pesante, mais pas écrasante pour autant de John Woo et Johnnie To et la façon si particulière dont ils abordent l’univers du crime. Ses différentes castes, ses codes d’honneurs et son monde qui vit en parallèle du nôtre. Le réalisateur et les scénaristes s’amusent à creuser plus loin que ce que le 1er film avait mise en avant et le résultat est tout simplement jouissif à plus d’un titre.

D’emblée en élargissant l’univers de John Wick et en nous montrant comment les différents syndicats cohabitent, l’échiquier des possibles montre tout son potentiel. Ce nouveau chapitre n’est pas avare en personnages secondaires et de par son ambition relègue clairement le premier film à une simple mise en bouche. Le genre de celle qui n’avait que pour but assumé au final de nous montrer le personnage et ses capacités en action. Dans ce nouveau volet et pour éviter en partie une certaine forme de redite, on y découvre un personnage bien plus sombre presque déprimant d’une certaine manière. Il y a une certaine fatalité qui l’entoure. Faisant tout ce qu’il peut à chaque fois pour éviter de replonger, mais ne pouvant échapper à son destin. Luttant contre cette petite voix qui au fond de lui l’incite à tuer encore et toujours. Le twist le replongeant dans l’action est beaucoup moins cliché que le premier film et flirte avec une approche très asiatique des films de gangsters, d’où la filiation avec John Woo pour la classe naturelle du personnage faisant penser à The Killer. Mixé avec celle de Johnnie To et une certaine forme d’absurdité dans la façon d’aborder l’action sous un autre angle. Drôle et ultra-violente à la fois, l’action dans le film est la marque de fabrique de John Wick et son point fort au même niveau que le scénario.

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John Wick 2 de Chad Stahelski est le bébé d’un homme connaissant la cascade sous toutes ses formes. Cela se voit, cela se sent et chaque gunfight, chaque combat au corps à corps fait preuve d’une inventivité maladive. Nous ne sommes pas dans le niveau de violence de The Raid, mais Chad Stahelski partage d’ailleurs avec Gareth Evans cet amour de la castagne et d’une mise en scène la magnifiant d’une façon peu commune. Que ce soit avec de la cascade automobile, a l’arme blanche, au pistolet et j’en passe, John Wick 2 de Chad Stahelski montre qu’il n’y a pas besoin d’un budget pharaonique pour que le talent qui anime une équipe devant et derrière la caméra explose au grand jour. Et si l’on parle de John Wick, impossible surtout une fois de plus avec ce film de ne pas parler de Keanu Reeves. Normal me direz-vous vu que c’est le lead. S’inscrivant dans la grande tradition des personnages de tueurs à l’écran : chow yun fat dans The Killer, Delon dans le Samurai… Keanu Reeves modernise ce mythe. À la fois humain et sans la moindre pitié, la peur qu’inspire son personnage est très bien contrebalancée par l’humanité qui transpire de lui tout comme son désir de rédemption. Un point précis sur lequel se construit ce nouveau chapitre de la saga.

Personnage maudit du début à la fin dans John Wick 2, Keanu Reeves livre une performance toujours aussi folle. Le scénario mixant avec adresse action, humour et une certaine dose de fatalisme entourant son personnage lui permet de s’éclater tout en se faisant d’ailleurs littéralement éclater lui aussi au passage. Si vous pensiez que le compteur des morts du 1er film était astronomique, il va falloir reprendre votre souffle, ce n’est rien en comparaison du second. A quasiment tous les niveaux, John Wick 2 de Chad Stahelski explose son prédécesseur. Mais sans pour autant le rendre inutile. Les deux films apparaissant d’ailleurs comme un seul et un même grand film, une symbiose parfaite qui rend encore plus insupportable l’attente qui nous sépare désormais de John Wick Chapitre 3. Inventif, cinématographiquement ambitieux et respectueux de ses divers emprunts dans le 7e art, John Wick 2 de Chad Stahelski est une véritable réussite dans son genre. Inutile de faire la fine bouche et bouder son plaisir quand on tombe sur un film aussi bon sur le fond que la forme et franchement sincère dans son ambition de divertir. C’est un énorme oui !

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