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Jeruzalem, le film d’horreur Israelien en mode Google Glass…

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Jeruzalem est un film d’horreur israélien dont le trailer m’avait il y a quelques mois intrigué. Je me disais que l’idée même de voir un film prendre comme lieu d’action la capitale de Jerusalem et d’utiliser à bon escient apocalyptique sa mythologie religieuse serait intéressant. Le résultat du film est pour le moins déconcertant. La plupart des productions d’horreur de ces dernières années ne sont qu’un horrible enchevêtrement de clichés qui avec le temps ont fini par tuer l’intérêt du spectateur pour le genre. Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz n’échappe pas forcément à la règle, mais il amène aussi dans la balance quelques autres éléments assez intéressants. Le premier est cette ville. Le shooting du film en plein Jerusalem amène une atmosphère très particulière. La mise en avant aussi des tensions propres a la Ville sainte, avec les différentes communautés cohabitant tant bien que mal, mais aussi ces références au cinéma de genre (Cloverfield et Rec) et surtout un second degré border-line WTF qui déstabilise un peu de prime abords. Oui Jeruzalem n’est pas un film simple à digérer. Un peu comme le cinéma de Christophe Ganz, c’est un kebab multicouche. Tout ne va pas forcément bien ensemble, mais quand cela fonctionne, il y a quelque chose de potentiellement bon dans ce que l’on voit. D’ailleurs de par sa structure Jeruzalem se rapproche dans son ADN de REC. On verra s’il suit le même chemin des suites sans fin ?

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Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz comme je le disais plus haut est border-line WTF de par la façon dont il décide de « renouveler » l’aspect found footage du film. Pas de caméra à l’épaule en mode saccadé ici… Non l’action est vue par les yeux de l’héroïne… qui porte des Google Glass. Oui, vous avez bien lu, cela déstabilise au début et les premières minutes du film ont un aspect très publirédactionnel du coup, mais au fur et à mesure que le temps passe dans le film, le choix se révèle assez judicieux. Du moins prompt à dynamiser l’action et à voir les choses sous un autre angle. Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz finit même par se transformer du coup en une extension d’Until Dawn, le film d’horreur quasi interactif. C’est bizarre, imparfait et foutraque, mais difficile de reprocher à Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz sur ce point précis de prendre un risque pour changer la donne. Mais la partie la plus intéressante du film après ces 45 premières minutes oscillant entre le classique et le WTF arrive dès que l’action prend une tournure irrémédiable, le genre qui s’apparente au sens propre comme figuré vers une descente en enfer complète. Oui, le scénario repose là encore sur des archétypes du film d’horreur, mais le fait que Jerusalem devienne une sorte de prison mystique à ciel ouvert pendant que les portes de l’enfer s’ouvrent fait que le film trouve un certain tempo intriguant. Tout n’est pas parfait dans Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz, mais les deux frangins font fi d’un budget léger et s’amusent à jongler avec les références pour les adapter au terrain propre à cette apocalypse, à savoir Jerusalem.

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La vraie force du film est que l’on n’a pas l’impression de voir quelqu’un ne connaissant pas les lieux et essayant de nous vendre une descente en enfer dans les rues de jerusalem. Doron Paz et Yoav Paz réussissent à créer par instants une histoire presque malsaine et surtout n’oublient pas d’appliquer une règle vitale à ce genre de film, celle de n’avoir pas la moindre pitié pour les personnages. Même s’ils peuvent paraître gentils, une fois que l’apocalypse est en route, tout le monde est à la même enseigne. Alors oui, le film se paye des délires sympathiques avec les google glass (une partie de jambe en l’air dans les toilettes où le mec prend les lunettes de la fille et tombe sur des photos de famille alors qu’elle s’attaque a sa braguette ou encore un appel manqué sur skype du père de l’héroine qui a posé ses lunettes et s’envoie en l’air avec un mec pendant que son père lui dit « j’espère que tu ne fais pas de bêtises hein, je sais que tu es une fille bien…). En fait la meilleure façon de décrire jeruzalem est de le ranger dans la catégorie des films de sales gosses connaissant bien ses classiques. Foutrarque sans pour autant être détestable, Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz pourait bien donner naissance va savoir à une petite saga VOD à la longévité assez proche d’un REC, il en partage une certaine forme de nervosité et de volonté de jouer avec les codes. Maintenant est-ce que tout cela sera suffisant pour permettre à Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz de s’attirer les bonnes ondes du public ? J’ai un doute. Je pense qu’il pourra rejoindre sans honte la petite escouade des bonnes surprises du domaine de la VOD catégorie horreur. C’est assez rare de nos jours un film d’horreur qui ne donne pas envie de se tirer une balle. Jeruzalem de Doron Paz et Yoav Paz n’est pas parfait certes, mais il n’est pas honteux. Il est juste bizarre. Et ce qui ne vous tue pas, vous rend plus bizarre donc bon. À voir.

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