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L’invité, à la recherche du Job perdu.

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L’invité c’est l’archétype de la pièce que l’on pense être drôle… mais qui ne l’est pas une seule seconde dans le fond. Un peu sur la forme je vous l’accorde, mais pas trop dans le fond, tant son réalisme sur ce qu’elle renvoie de notre société actuelle fait au final froid dans le dos. Porté par un quatuor d’acteurs s’en donnant à cœur joie pour naviguer à vue dans le cynisme ambiant de l’invité, la pièce de David Pharao est une bonne expérience, mais pas forcément celle que l’on attend. Ce qui au final est peut-être l’une de ses forces, cette petite capacité de surprendre là où on ne l’attend pas vraiment et de donner à ce qui n’aurait dû être que de la gaudriole divertissante beaucoup plus de fond qu’on ne le pense. Mais de quoi parle l’invité ? Pour se donner toutes les chances de rafler ce job de la dernière chance, Gérard invite le DRH à venir dîner à la maison. Affolée à l’idée de ne pas être à la hauteur, sa femme Colette supplie Alexandre, leur voisin, de leur venir en aide. Gourou de la Communication, Alexandre accepte de coacher le couple. Appartement, déco, style de vie, menu, art de la table, tenue vestimentaires, culture générale… Tout y passe jusqu’à ce que – les nerfs à vif, au comble de l’angoisse – notre couple ouvre sa porte à… l’Invité. Le pitch de départ est trompeur, on se pense prêt à partir dans une ambiance de comédie un peu boulevard et pourtant très vite quelque chose se produit allant dans le sens contraire. Se dévoilant via des petits rien, des manies, des doutes et des instants de faiblesses noyés dans le rire, les 3 personnages principaux ont ce truc en plus qui fait que l’on s’identifie assez vite à eux pour le pire comme le meilleur. L’invité ne se plaît pas à étudier le meilleur de l’homme au contraire, l’envie de la pièce est de creuser dans la zone d’ombre, montrer ce que l’on est ou que l’on est prêt à faire à notre époque pour un job. Le problème des seniors étant la toile de fond, la chose prend une tournure particulièrement douce amer quand les masques tombent et que l’on découvre le fin mot de l’histoire. Une expérience particulière où le malaise de fond se cache dans un rire un peu plus grave que prévu. A voir.

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