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Je ne suis pas un homme facile, l’énigme de Netflix.

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Je ne suis pas un homme facile, la première production de Netflix aurait du être une bonne surprise. C’est une catastrophe grotesque.

Je ne suis pas un homme facile  avait ce petit parfum de curiosité l’entourant. La première production cinéma de Netflix uniquement pour la France. Une fois que l’on a découvert la chose, le constat est pour le moins amer. Je ne remets pas en cause le fond, l’idée même de montrer les rouages d’une société où la femme est sous l’emprise d’un machisme historique et ce sous toutes ses formes. Le sujet est aussi bon pour le théâtre, la littérature que le cinéma. Il y a des décennies de matières pour en tirer quelque chose. Mais le fait est que pour arriver à ce point, il faut y mettre en grande partie la forme. La vraie faiblesse de ce projet reste que ce film n’a pas la moindre subtilité. Rien, nada, le néant. Nous sommes devant une avalanche de clichés bateaux, d’idées de mise en scène catastrophiques et d’une véritable absence aussi bien de rythme que d’ambitions cinématographiques. Le vrai point effrayant est que tout le film paraît aussi daté qu’interminable. Une sorte d’Ovni aussi fascinant que littéralement insuportable. On se demande du coup ce que Vincent Elbaz a bien pu aller faire dans un tel pétrin. De quoi parle la chose ? Damien, Don Juan célibataire, se retrouve propulsé dans une société matriarcale où il tombe amoureux d’Alexandra, femme puissante et croqueuse de jeunots. Pour lui plaire, Damien tente de décrypter les codes inversés de ce nouveau monde…

Comme je le disais plus haut, les intentions d’ensemble qui anime ce film sont honorables. Mais comment ne pas se taper la tête contre les murs en admirant la méthode quasi suicidaire qu’applique la réalisatrice pour s’assurer que toute la structure de son récit explose en vol le plus vite possible. La réalisation est abominable, mais c’est un détail qui aurait pu être passé sous silence si le fond du film avait eu les reins assez solides pour supporter cette absence. Que ce soit dans les personnages principaux ou secondaires, ou dans ce twist d’inverser absolument tous les codes de la société pour placer les femmes aux pouvoirs, rien ne fonctionne jamais. À force de vouloir grossir le trait, la réalisatrice développe la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et là où un vrai travail d’écriture aurait suffit couplé a de la mise en scène à faire passer le même effet, Je ne suis pas un homme facile s’enfonce littéralement dans le grotesque. Ce qui au final finit par nuire à l’intention de départ de la réalisatrice. Desservant son propos du début à la fin et finissant par ne pas le faire évoluer plus haut que les idées à la con que l’on pourrait avoir sur le sujet. La vérité la plus basique est que parfois tous les courts-métrages à succès ne sont pas suffisants pour en tirer un film entier. La réalisatrice brode, tire le trait, manque de se perdre dans l’immensité de ses ambitions et ne doit pas intermittence son salut qu’a Vincent Elbaz. Ce qui m’amène à son cas.

Tout comme Vincent Cassel, Vincent Elbaz possède un problème d’une simplicité basique : s’il n’a pas un vrai directeur d’acteur en face de lui, il s’engage dans du cabotinage et de la roue libre dont il ne revient jamais. C’est le cas ici. L’absence de direction et les dialogues pour le moins dramatique a plus d’un titre ne lui offre qu’une seule option en faire des caisses pour créer une diversion. Est-ce que cela marche ? Par instants oui, mais l’on rigole plus nerveusement que sincèrement. La nullité de l’ensemble a déjà fini de faire son travail de sape sur notre empathie. Et je ne parle pas de la pirouette narrative de la toute fin du film. Le genre de celle qui vous laisseront perplexe devant son profond aspect foutage de gueule ou son incohérence relative face à une quelconque forme de logique. En produisant Marseille pour la France, Netflix avait montré que l’idée même de faire de la qualité n’était pas l’intention première pour le marché Français. La quasi-absence de couverture médiatique pour Je ne suis pas un homme facile  enfonce encore un peu plus le clou concernant l’ensemble. Il faut occuper le terrain d’une manière ou d’un autre, produire du contenu et quel qu’en soit l’aspect final. C’est une bonne chose que le géant Netflix investisse de l’argent dans le 7e art Français, mais si la prochaine fois il pouvait juste vérifier les scénarios avant de lancer la chose en production, je pense que le public lui en serait reconnaissant. Car pour l’instant autant être honnête, Je ne suis pas un homme facile  est définitivement très mauvais, mal réalisé, mal écrit tuant dans l’oeuf une quelconque adhésion a son propos sur le fond. Un vrai coup d’épée dans l’eau. Dommage.

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