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Le retour inutile de Jason Bourne en 2016, billets verts et malaise.

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La découverte de ce nouveau volet (inutile) de la saga Jason Bourne laisse quelque peu perplexe. Alors que les producteurs avaient essayé de faire un spin-off (là aussi inutile) avec Jeremy Renner, voici qu’ils reviennent aux bases de la saga espérant faire oublier dans l’esprit du spectateur le bide du dernier volet… sans Matt Damon. Un acteur essentiel à la saga, tout autant que son réalisateur Paul Greengrass. La mise en place de ce duo devant et derrière la caméra avait fait des miracles sur une trilogie qui se suffisait largement à elle-même et c’est bien ici que se situe le nœud du problème empêchant ce film de vivre. Ce nouveau Jason Bourne est à mi-chemin entre la redite et le prolongement de vie pour rien. Non, le film n’est pas mal réalisé, ni joué. A aucuns moments en fait, toute la magie opère encore et toujours, mais très vite on ne peut s’empêcher de voir percer les failles dans la mécanique.

En effet, ce nouveau volet de Jason Bourne est l’incarnation parfaite du retour inutile. La première trilogie malgré sa clôture un peu abrupte se suffisait à elle-même. On pouvait la continuer dans sa tête comme espérer que la tv s’empare de la saga pour lui redonner un nouvel aspect. Mais au lieu de cela, nous avons eu droit à un pseudo reboot/remake/suite avec Jeremy Renner et Jason Bourne version 2016 souffre des mêmes maux. Edward Norton se voit ici remplacer par Tommy Lee Jones et l’un comme l’autre arbore cette tête laissant croire qu’ils se rendent compte du sacrifice à faire pour payer les impôts de l’année. Le reste du film est d’une certaine manière aussi efficace que fainéant. Paul Greengrass réutilisant ses artifices, à savoir les séquences d’actions à rallonges ultra-longues, la nervosité sur la forme et l’on se laisse prendre aux jeux pendant une partie de l’histoire, mais très vite et dès l’entrée en lice de Vincent Cassel, le château de carte s’effondre. On ouvre à nouveaux les yeux en grands et l’on se rend compte à quel point ce Jason Bourne n’est rien d’autre qu’une photocopie des 3 films et du spin-off à peine maquillé. Comme si les producteurs avaient pris la décision de se lancer dans une redite de la malédiction Spiderman. Celle consistant tous les 5 à 10 ans de refaire en douce le même film avec la même base narrative en espérant que cela passe. Malheureusement que ce soit pour Vincent Cassel qui hérite du rôle archi-balisé dans chaque film du tueur badass ou d’autres points (mais creux…) le film enfile les perles.

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Et c’est ici qu’au final est le vrai point le plus triste de ce film. Si l’on prend la chose au premier degré en faisant abstraction des éléments ci-dessus, ce Jason Bourne est tout à fait honnête. Mais si l’on prend le temps de faire une comparaison avec les premier film, la vacuité de l’ensemble saute au visage. Matt Damon cachetonne, Greengrass recycle et Alicia Vikander hérite d’un rôle assez basique comme on en voit tant dans d’autres films. Ce qui nous amène en bout de course à se poser la question suivante ; est-ce que cela valait la peine. À l’image de la production Hollywoodienne actuelle, ce film capitalise sur le passé et la nostalgie au lieu de prendre le temps, le pari ou juste le risque de créer quelque chose de nouveau. On se dit que l’histoire de Jason Bourne est indissociable de Matt Damon et Paul Greengrass, mais que même si eux n’ont plus rien de nouveau à dire ou à amener dans l’équation tout cela était vain. L’appât de l’argent fait fonctionner ce grand barnum qu’est Hollywood, mais parfois à force de courir après les profits avant les idées fraîches on se perd en route. Ni bon, ni vraiment mauvais, Jason Bourne est un de ces produits de junk-food cinématographique que l’on voit, apprécie tout en le digérant en sachant que cela n’apporte rien de bon et que l’on oublie aussi vite une fois le mal de ventre fini. Et c’est sûrement le plus dommage dans l’ensemble vu le potentiel de talents devant et derrière la caméra.

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