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James Cameron est-il un mégalo de génie?

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Bizarrement et malgré la hype sur le film, Avatar est peut-être le film qui me fait le moins vibrer de la filmographie de James Cameron, là où ses premiers films m’ont toujours tenu en état de joie et ce même des années après, Avatar me laisse un poil plus neutre. La raison est peut-être aussi simple qu’un changement de vision, changement de regard. La filmographie de James Cameron représente à merveille l’évolution des effets spéciaux dans le domaine du 7e art et al façon dont ils se sont mélangés à la narration rendant possible ce que jusque-là on pensait impossible, mais a la différence d’Avatar beaucoup de ses autres films avaient les pieds dans le réel. En poussant l’enveloppe encore plus loin avec Avatar, James Cameron a peut-être évolué trop vite par rapport au reste ? Si l’on regarde bien tout le monde s’extasie (moi compris) sur le Livre de Jungle (qui au final reprend la mécanique cameron du full CG) et des années après cela passe. Paradoxe dans l’échelle de jugement qui est la mienne je le concède. Est-ce que du coup l’envie de James Cameron de produire les 4 suites d’Avatar à la suite semble démesurée, impossible ou vouée à l’échec ? Il est encore trop tôt pour le dire, même si l’on ne peut que louer l’ambition du monsieur, il y a un risque bizarre, celui de le voir se perdre lui-même dans sa fascination de la technologie. James Cameron est un génie qui à chaque film repousse les limites des outils à sa disposition voire même en créent de nouveau pour répondre à ses attentes. Influençant du coup pour les années à venir l’industrie qui le suit dans l’ombre. Il ouvre les portes et pointe du doigt la direction dans laquelle iront beaucoup d’autres. Mais à force de casser les barrières entre l’imaginaire et le réel et de rendre crédible l’impossible ne perd-il pas la magie qui faisait sa singularité des débuts. Le bricoleur de génie semble parfois avoir des relents de George Lucas désireux de perfectionner encore et encore ses créations passées (même s’il n’a pas sauté le pas à la manière de Lucas)

« If I could do the Alien Queen today with the techniques we used on AVATAR, she’d be spectacular. She’d be much more dynamic. Now, where I would struggle is to make her as texturally real. But that’s all doable now.… On the new AVATAR films, I’m actually going to shoot more real-world stuff. It may only be there as an example from which we then generate CG, or we may actually integrate some of those photographic elements. But I want more photography.… Like, if I was doing the Alien Queen, I would want photography to show the exact way that the slime drools off the curl of a lip and caught the light in a certain type of very low-key lighting. I would want to see that so that I can talk to the CG artist and say, ‘All right. Do that.’ … It always usually boils down to the lighting and the conception of the shot. »

Si je pouvais refaire la reine des Aliens aujourd’hui et ce avec les techniques d’Avatar, elle serait beaucoup plus spectaculaire, nettement plus dynamique. Maintenant, j’aurai sûrement eu quelques soucis au niveau des textures pour la rendre réel, mais désormais je pense que cela ne serait plus un problème. Sur le prochain AVATAR, je vais shooté beaucoup plus de plans du monde réel. Ils serviront sûrement de base pour créer des versions CG, ou alors on intégrera directement tel quel. Mais je veux plus de photographies du réel….un peu comme si je faisais la reine aliens aujourd’hui, je voudrais des photos pour montrer clairement tous les détails, la façon dont la bave coule et comment cela se retranscrit sous un certain angle de lumière. L’idée serait d’avoir ce genre de matériaux et de pouvoir ensuite aller voir les artistes CG et leur dire « voilà ce que vous devez faire »… Tout est toujours un problème de lumière dans la conception d’un plan « réaliste »

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Un extrait de paroles montrant bien l’obsession de James Cameron d’abolir la frontière entre réel et virtuel. Ambition louable, mais qui place de plus en plus le cinéma dans une autre approche que peut-être le public n’est pas encore prêt à embrasser pleinement. Il y a toujours un charme dans l’imperfection. L’exemple des vieilles versions de Star Wars versus les éditions spéciales en reste un exemple (même si désormais cela fait combat de vieux que de dire cela.). Mon admiration pour James cameron reste complète et loin de moi l’idée de penser qu’il s’agit d’un cinéaste sans talents. Mais Avatar est peut-être le seul de ces films qui se perd dans une ambition plus technologique qu’autre chose. Repoussant les limites de la technologie, il crée au final une expérience fugace et impressionnante, mais pas forcément quelque chose d’aussi marquant sur la longueur que ces premières œuvres. Et le fait de tourner les 4 films comme une seule et unique histoire de 8 heures montre encore plus combien le travail de jonglage entre juxtaposition de l’aspect narratif et sa cohérence ainsi que de la gestion de la technique pour appuyer le propos va être encore plus dantesque et peut-être trop ambitieux. James Cameron lui-même reconnaît l’ampleur de la tâche.

« It’s not back-to-back. It’s really all one big production. It’s more the way you would shoot a miniseries. So we’ll be shooting across all [AVATAR scripts] simultaneously. So Monday I might be doing a scene from Movie Four, and Tuesday I’m doing a scene from Movie One.… We’re working across, essentially, eight hours of story. It’s going to be a big challenge to keep it all fixed in our minds, exactly where we are, across that story arc at any given point. It’s going to be probably the most challenging thing I’ve ever done. I’m sure the actors will be challenged by that as well. It’s like, ‘No, no, no, no, this person hasn’t died yet, so you’re still in this phase of your life.’ It’s a saga. It’s like doing all three GODFATHER films at the same time. »

Il s’agit d’une seule et unique production, pas plusieurs à la suite. C’est un peu comme si nous mettions en boite une mini-série, c’est la même dynamique. Nous allons shooter l’intégralité des scripts des 4 films en même temps. Du coup, le lundi on sera en train de faire une scène du 4e film et le mardi une scène du 1er film….On va devoir couvrir en gros une histoire de 8 heures. Cela sera un énorme challenge de garder toutes les pièces du puzzle en place dans notre esprit sans se perdre en route. Ce sera sûrement le plus grand challenge que j’aurai eu a accomplir. Les acteurs en baveront aussi. Il y aura des moments où l’on dira « non non non, ce personnage n’est pas encore mort, nous en sommes à ce point précis de son existence ». C’est une saga au final. C’est un peu comme si l’on faisait les 3 films du Parrain en même temps.

Dévoré par son ambition, James Cameron n’en reste pour autant pas déconnecté des réalités du marché et surtout de la présence de Star Wars sur l’échiquier du Box-office.

« My original plan was to release them a year apart, but we’re opening that up. If for no other reason than that I don’t want to land on the same date as one of the STAR WARS sequels. That wouldn’t be fair to them. [Laughs] No, that’s just good business. I don’t want to go head-to-head with STAR WARS. That would be stupid. And hopefully they won’t want to go head to head with us. »

Mon plan était de sortir un film par an, mais l’on a fini par changer le plan. Je ne voulais pas arriver en frontal avec l’un des autres films de la saga Star Wars. Ce ne serait pas fair-play pour eux (rires). Non en fait, ce n’est juste qu’une question de business. Je n’ai pas envie de me mettre en compétition avec eux. Cela serait stupide. Et je l’espère, ils n’ont pas la moindre envie non plus d’aller en frontal contre nous.

Ce dernier point est amusant mine de rien. Il montre que même si James Cameron a le pouvoir de faire ces 4 suites (et à Hollywood, il doit être le seul homme capable de le faire…), il n’a pas la moindre envie de se risquer a un combat contre la machine Star Wars. Sagesse de producteur pour certains, doute sur la force de frappe de la saga étendue pour d’autres, les interprétations sont multiples et l’on est surtout face à deux approches différentes. Disney chassant le grand public avec des auteurs multiples et la Fox et James Cameron prenant le pari d’une œuvre unique ambitieuse et folle. James Cameron est en 2016 ce qui se rapproche le plus d’un Orson Welles ou Cecil B De Mille pour la façon sans concessions de créer une œuvre. C’est sa force tout comme sa faiblesse, l’avenir nous dira si le public suivra.

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