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Jailbreak, The Raid au cambodge, sans le talent du chorégraphe…

Jailbreal; c’est mon expédition du jour dans le royaume des films d’actions venant du Cambodge. Et le résultat n’est pas ultra foufou malgré tout…

Jailbreak. Le titre est court et un peu générique. Le genre de choses qui devrait en temps normal sonner comme un warning pour le spectateur. Mais bien entendu dans mon cas précis, je fais bien trop souvent la sourde oreille. J’ai ce don pour me plonger dans l’exploration des tréfonds de la production cinéma. Dans le cas présent avec un DTV sous ersatz ou copie de The Raid en version cambodgienne. De quoi parle le film ? La police cambodgienne arrête un gangster surnommé Playboy, soupçonné d’être le chef du gang Butterfly. Une équipe formée de trois officiers de police cambodgiens et d’un policier franco-cambodgien en mission de coopération est chargée d’escorter Playboy en prison. Mais le malfaiteur révèle qu’il n’est pas le vrai chef de la bande, dont il se dit prêt à révéler l’identité aux autorités. Madame Butterfly véritable chef du gang, met à prix la tête de Playboy pour empêcher ce dernier de parler. Alors que Playboy vient d’arriver sur son lieu de détention, une émeute éclate dans la prison, où tous les détenus tentent, pour toucher la récompense, de mettre la main sur lui. Les policiers de l’escorte, qui se préparaient à quitter les lieux, doivent affronter les détenus en révolte pour sauver leur vie et protéger leur témoin clé. Ils sont également confrontés à Madame Butterfly qui, accompagnée d’une équipe de tueuses, vient terminer le travail elle-même.

jailbreak celine tran

Une fois que l’on a vu des films comme The Raid 1 et 2, il est difficile de passer après et tout simplement de prendre au sérieux ce Jailbreak. Vendu comme une comédie d’action, le film penche dangereusement vers la gaudriole digne des CAT3 que l’on trouve a HK. Le budget cheap n’aidant pas, l’ensemble bat encore plus de l’aile face à tous les comédiens présents dans le film. Il n’y en a pas forcément un pour rattraper l’autre dès qu’il s’agit de jouer. Est-ce qu’en termes de capacités physiques ils se révèlent solides ? Oui. Céline Tran d’ailleurs montre une autre facette de sa personnalité autour des combats que je ne soupçonnais pas. Mais, ce n’est pas suffisant pour faire oublier que Jailbreak est malheureusement assez mauvais sur quasiment tous les tableaux. La réalisation est à l’avenant. Les combats s’enchainent et se ressemblent tous, le jeu d’acteur est catastrophique et le mix entre action sérieuse et comédie tout simplement débile ne fonctionne jamais. Le résultat est sans appels et l’on décroche pour le moins rapidement de ce DTV digne d’un film entre potes. Il y a de bonnes intentions, c’est un fait. Mais impossible de nier que l’absence d’un vrai chorégraphe pour les combats nuit à l’ensemble. The Raid avait au moins l’intelligence et l’ambition de se dépasser sur chacun de ces moments. Mettant à profit la topographie des lieux. Jailbreak reproduit plus ou moins encore et toujours la même chose d’un combat à l’autre. Très vite on décroche. C’est mathématique.

jailbreak celine tran

Mais le coup de grâce vient de l’avalanche de clichés pas toujours glorieux qu’utilise le film. L’humour dans un film d’action est une arme ultra-dangereuse s’il est mal amené et utilisé sans véritables finalités. C’est le cas ici. Et c’est ce qui donne dans le fond à ce Jailbreak ce côté incroyablement amateur que le film semble s’amuser à revendiquer sans le moindre mal. C’est un choix et il n’est pas le 1er. Mais le fait de voir le réalisateur mettre au placard la moindre forme d’ambitions agace un peu. Très vite on se rend compte que l’idée de départ déjà vu 100 fois ailleurs et souvent en mieux est entre de mauvaises mains ici. Ne vous attendez pas à The Raid ou Ong Bak (quoique le scénario dans ce cas y est tout aussi mauvais…), vous n’aurez rien de tout cela avec Jailbreak. Le film est au mieux une longue et pénible bande-démos de sportifs émérites pensant avoir ce qu’il faut pour être aussi des acteurs. Chose qui bien entendu ne se passe pas comme prévu. Le vrai souci dans le fond de Jailbreak est que même en y mettant de la bonne volonté pour saluer l’effort… il n’y a rien à sauver. Bâtard de par son indécision à être soit une vraie comédie ou un vrai film d’action bourrin, le film navigue d’un extrême à l’autre. On ne sait jamais vraiment où l’on va et la vérité autour de Jailbreak finit par éclater… à moins d’être ivre ou avec 25 potes dans une soirée nanar, on se fait quand même pas mal chier. Dommage…

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