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Irving Penn, le grand Palais ouvre ses portes au maestro!

Irving Penn se voit offrir une rétrospective de toute beauté au Grand-Palais à Paris. L’occasion en or de (re)découvrir l’oeuvre de ce génie.

Irving Penn, le nom ne dira pas forcément tout de suite quelque chose à ceux ne s’intéressant pas au monde de la photo. Mais pour ceux dont c’est le cas, il va sonner comme étant l’un des plus fameux de ce siècle dans son domaine. Et l’exposition le concernant qui se tient actuellement au Grand Palais à Paris ne fait que confirmer cela. Comment définir le monsieur, son œuvre, son talent et tout ce que chacune des photos jalonant sa carrière inspire ? La tâche semble complexe, mais d’une certaine manière c’est dans ce côté impossible que se cache toute la beauté de son œuvre. Ou juste de sa personnalité. Le pitch de l’expo jette très bien les bases de ce qui nous attend ici : L’année 2017 célèbre le centenaire de la naissance d’Irving Penn, l’un des plus grands photographes du XXe siècle. En partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York, le Grand Palais rend hommage à cet artiste talentueux, célèbre pour ses photographies de personnalités majeures telles que Pablo Picasso, Yves Saint Laurent, Audrey Hepburn, Alfred Hitchcock, etc. Son travail se caractérise par une élégante simplicité et une rigueur remarquable, du studio jusqu’au tirage auquel Penn accorde un soin méticuleux. Resté fidèle à la photographie de studio, il crée, dans chaque portrait, une véritable intimité avec son modèle, qui constitue la signature d’Irving Penn. Cette exposition est organisée par le Metropolitan Museum of Art et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, en collaboration avec The Irving Penn Foundation.

Irving Penn Grand-Palais rétrospective Photographie

Irving Penn n’est pas qu’un grand photographe, c’est avant tout un magicien. Une sorte de version encore plus mythique de ce qu’est Depardon ou Doisneau chez nous par exemple. Sautant d’un sujet à l’autre, la mode, le nu, les portraits, l’étude des populations hors des grandes villes ou bien les natures mortes, l’exposition du Grand Palais montre combien Irving Penn était versatile. Cherchant sans cesse à expérimenter et à se tester face à des nouveaux sujets. L’homme possède un talent rare, celui de transfigurer de manière aussi simple que flamboyante, ce que l’on pourrait à tort considérer comme insignifiants. Chez lui des mégots de cigarettes, des détritus ou bien des mises en scène culinaires deviennent de véritables tableaux pour le moins intemporels. C’est la marque des grands artistes que de voir dans les petites choses des potentiels artistiques sans faille. Et c’est ainsi qu’en remontant la carrière d’Irving Penn, l’apprenti photographe qui someille en vous prend une leçon ainsi que quelques taloches au passage. Difficile de ne pas s’extasier devant la perfection scénique qui se dégage de chacun de ses portraits. La fusion qu’il opère avec son modèle est d’une certaine manière assez rare, on assiste à un travail de lâcher prise pour le modèle prenant le risque de se dévoiler et à un court de photographie de l’autre par Irving Penn. Que ce soit dans la mode ou tout simplement l’humain, les photos que l’on découvre appartenant à l’histoire de la photographie et aux couvertures des plus grands magazines forcent le respect. Pourquoi ? Par ce que même après 40 ans ou plus, elles sont toujours moderne. Irving Penn n’a pas surfé sur une vague, il a défini un style et un genre qui de nos jours encore restent comme étant le socle de la photographie.

Irving Penn Grand-Palais rétrospective Photographie

Mais ce qui frappe surtout au travers de cette exposition est de voir et découvrir l’approche toujours humaniste d’Irving Penn dans sa façon de faire des portraits. Etant fasciné par cette pratique, étudier en silence l’œuvre des plus grands à toujours quelque chose d’aussi fou que déprimant. Chaque image jalonant les galeries émerveille par sa simplicité d’apparence et l’immensité de la mise en scène résultant de sa naissance. Tout est parfait, fluide et impactant en bout de course. Mais c’est la somme de toutes ces claques mise bout à bout qui en fin d’exposition laisse en partie pantois. Il faut savoir dépasser le statut trop facile de la déprime voulant qu’on se dise que tout cela n’est pas pour nous et que l’on atteindra jamais un tel niveau. C’est peut-être vrai, mais le but n’est pas là. Parcourir une telle exposition renforce une évidence, celle que la marque de la photo qui fonctionne dure et possède un sens implique de rester à niveau d’homme. L’humilité et la discrétion étaient la marque de fabrique des photographes de cette époque. Des hommes et femmes se fondant dans leur art pour exprimer souvent par leurs photos peut-être plus qu’ils n’en disaient par la parole. Mais aussi et surtout, cette rétrospective plonge directement dans l’âme d’Irving Penn et tout ce qui bouillonnait dans son cerveau. On apprend l’espace de quelques heures à voir par ses yeux, analyser le monde différemment et se plonger dans les reflets d’une époque ou tout simplement d’un pan entier de l’histoire de la photographie qui n’est plus.

Cela fait vieux con de dire cela, mais oui des photographes comme lui de nos jours, il n’en reste plus beaucoup. Irving Penn est une ligne de plus sur les tablettes où s’inscrivent les noms des grands maîtres du domaine. Les temps changent aussi, le matériel et les mentalités dynamitent tout et font un peu perdre de son charme ou juste de son âme à l’art si délicat de la photo. D’où la nécessité quand cela se présente de s’immerger à nouveau dans ce vrai bain de culture qu’est cette rétrospective Irving Penn au Grand Palais de Paris.

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