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In The Fade, un rôle en or pour Diane Kruger

In The Fade offre à Diane Kruger sans nul doute l’un des rôles les plus forts de sa carrière. Est-ce que cela permet pour autant de passer sous silences les autres défauts du film ?

In the Fade de Faith Akin est-il le genre de film à voir quand son moral prend l’eau ? La réponse va être simple et rapide : non. Nous sommes ici avec ce film dans la case du film intelligent certes, mais déprimant du début à la fin et qui assume son statut sans jamais chercher à atténuer quoi que ce soit. Le film n’est pas graphique ou border line dans son approche de la violence physique, non tout se joue ici au niveau psychologique. Le pitch du film donne le ton : La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance. Oui, In the Fade de Faith Akin d’une certaine manière est radicale, mais le côté sournois de la chose est qu’il challenge notre propre notion du bien et du mal face à la violence des hommes et au sentiment d’injustice latent quand la justice ne fait pas son travail. Faith Akin utilise une base historique pour son histoire, mais s’éloigne assez vite de l’ensemble pour dévier sur un portrait psychologique d’une mère prête à tout pour avoir justice. Une femme dont la vie vole en éclats du jour au lendemain et qui doit pourtant réussir à continuer de vivre tant bien que mal. Et dans ce genre de situation, c’est bien souvent plus mal que bien. In the Fade de Faith Akin prend alors une autre tournure en permettant à Diane Kruger d’hériter d’un rôle fort et assuré de marcher à tous les coups en termes d’émotions. Tout le monde peut se retrouver pris entre deux feux, celui de la loi et de sa propre morale face à l’horreur brute.

In the fade diane Kruger Fait Akin

Diane Kruger dans In The Fade

Et c’est sur cette base de travail que Faith Akin offre à Diane Kruger ce qui est pour l’instant un de ses plus beaux rôles. Du moins le plus fort. Elle est la vraie force du film et aussi sa faiblesse d’une certaine manière vu qu’In The Fade n’existe que par elle. Elle porte le film à bout de bras du début à la fin et les autres acteurs ou éléments du scénario peuvent malheureusement par instants sembler quelque peu désuet quand on prend le temps de s’arrêter sur eux. Faith Akin aime son actrice principale et quitte à mutiler un peu la structure ou solidité de son récit, il ne se repose que sur elle. Cela paye a plus d’un titre vu que par définition, le spectateur a besoin de se sentir en empathie avec le parcours vers l’absolution de cette mère courage. Mais toute la force investie d’un côté laisse planer un léger déséquilibre sur le reste. Un côté bancal qui pourra faire que l’on regardera une grande partie du film en se disant que oui l’interprétation de Diane Kruger est d’une force peu commune, mais que pour le reste avec plus d’attention sur les autres pièces du puzzle Faith Akin aurait pu réussir un grand thriller social. L’aspect du jeu trouble de la justice dans l’enquête est au final beaucoup trop léger dans son développement pour avoir un vrai impact pesant. En prenant le parti de le transposer uniquement via l’angle du procès, Faith Akin manque une belle occasion de permettre à son récit de s’envoler vers d’autres sommets.

Diane Kruger In the fade Faith Akin

Diane Kruger dans In The Fade

In the Fade de Faith Akin arrivant aussi dans la période encore vivace des attentats qui place le film d’emblée sur un terrain particulier dans l’esprit collectif. Nous avons tous été abreuvés par les images des attentats, mais surtout de tout ce qu’il y a eu ensuite. Aussi bien d’un point de vue judiciaire qu’humain sur la manière dont tentaient de survivre les victimes de ces crimes. Et sans tourner autour du pot, In the Fade de Faith Akin nous ramène en plein dans cette thématique. Oui, l’angle que le réalisateur prend est respectable et en effet, il y a un vrai sujet de cinéma qui se dessine ici. Mais pris dans le filet de l’actualité, le regard du spectateur en sortira-t-il intacte et pas biaisé ? On peut se demander quel aurait été la réception du film pris dans une époque plus « neutre », la réalité rattrapant la fiction In the Fade de Faith Akin n’en devient au final que plus cruel. Il n’est certes pas exempt de défauts, mais l’on ne peut lui enlever cette cruauté silencieuse qui s’accroche au récit tout du long pour nous exploser pleinement à la figure dans le final. Non, il ne s’agit pas d’un mauvais film, Oui et à plus d’un titre Diane Kruger y est impériale. Mais au regard de l’actualité et de tout ce dans quoi In the Fade de Faith Akin nous plonge ou replonge, la seule question qui se pose est la suivante : est-il vraiment nécessaire de se réinjecter dans les veines un fix de déprime ? On en voit déjà assez aux informations chaque jour. A vous de voir si l’aventure vous tente. Ne serait-ce que pour Diane Kruger.

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Diane Kruger dans In The Fade

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