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Hush, le jeu du chat et de la souris de Mike Flanagan

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Hush, le nom est simple et impactant et parlerait presque plus aux fans de Batman qu’au grand public, mais c’est une autre histoire. Car en effet, il n’est question de Batman ici. Nous sommes dans un huis clos assez classique, mais qui réussit l’exploit… de s’en tirer avec les honneurs. En me lançant dans l’aventure de Hush, je n’avais pas le moindre a priori. Au-delà du trailer, je ne connaissais rien de l’histoire, du réalisateur et de toute la cuisine faite en coulisses. Pour une fois, j’étais assez vierge d’infos. Ce qui n’est pas un mal et que l’on néglige assez souvent dans notre époque du robinet à informations. Résultat des courses, là où j’aurai pu être nettement plus critique ou déçu face à des productions ayant été spoilé jusqu’à la dernière goutte par le marketing, je dois reconnaître que ce Hush fait le job. Dans la cohorte des nouveaux réalisateurs de films d’horreur, Mike Flanagan a un petit avantage le faisant sortir du lot, il est inventif et adepte de la théorie du moins est plus impactant. Sa mise en scène en quelque sorte revient presque aux bases intéressantes du cinéma d’horreur. Ce moment où pour justement créer ce sentiment de malaise, on s’appuyait uniquement sur des idées de cinéma et non pas que sur les effets spéciaux ou un sound design envahissant au possible (N’est- ce pas Damien…)

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Hush sans pour autant être un chef-d’œuvre a donc cette aura le rapprochant des productions de Jason Blum. Un concept prêt à exister dans le confinement d’un budget moyen et avec aux manettes un couteau suisse de la réal capable de s’adapter et de faire que le public suive. Hush avec son huis clos et jeu du chat et de la souris entre cette jeune femme sourde et le mystérieux tueur arrivant sur le pas de sa porte. Hush n’évite pas certains clichés dans la caractérisation des personnages (l’héroïne) mais réussit bizarrement à survivre à ce premier palier de classicisme. Ce que Hush perd dans ses turpitudes narratives par instants, il le regagne de l’autre de par sa mise en scène. Mike Flanagan avec ce film ne fait pas dans le détail à vrai, de par sa durée naît l’obligation d’aller aussi par moments à l’essentiel, point sur lequel Hush ne se fait pas prier. Jouant sur le handicap de l’héroïne et la façon dont cela impacte sur sa perception du monde et du très inhérent à la situation, Flanagan transforme en partie Hush en un exercice de genre plutôt classique, mais pas dénué d’intérêts. L’affrontement entre les deux personnages (l’héroïne et le tueur) fait aussi le piquant du film. Chacun dans sa catégorie finissant par incarner l’archétype du héros ou tout simplement du pur salaud. Dans un cas comme dans l’autre, les deux acteurs ne se tournent pas les pouces et cela paye à l’écran.

Hush dans son domaine (à savoir le film de home invasion) réussit à survoler tranquillement la meute des prétendants pour passer sans encombres au-dessus des problèmes majeurs. On n’est pas dans la violence parfois abusé d’un You’re Next, mais par instants et ce au travers de la façon dont les personnages réagissent finira par vous venir à l’esprit. On ne s’ennuie pas vraiment, mais l’on n’est pas non plus fondamentalement surpris. C’est le point faible du film. Il offre dans l’ensemble exactement ce que l’on attend de lui, c’est à la fois beaucoup et pas assez. Mais dans la jungle des productions du même genre, Hush apparaît comme un divertissement correct qui à défaut d’être mémorable permet de tuer le temps sans trop de regrets. À vous de voir si justement vous avez ce quota de temps en trop à investir dans le film de Mike Flanagan ?

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