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[Humeur] La presse ciné, ce vieux dinosaure…

Je me pose la question et c’est vrai que cela ne s’applique pas dans tous les cas, il faut rationaliser. Mais fut une époque lointaine où quand j’achetais un magazine cinéma, l’écrit avait une valeur dirons nous. Beaucoup des journaux que j’aimais étant jeune, n’ont plus la même saveur. Evolution marketing, obligation de s’adapter face à un internet et la culture de la rapidité. En gros beaucoup se sont retrouver dans un cas simple « évoluer ou mourir ». Tous ne sont pas morts, mais beaucoup traîne la patte. Le côté marketing ( sujet parfois plus facile au détriment d’autres avec du fond prime). Il n’y a plus vraiment de juste milieu, soit on passe dans la case de l’ultra grand public ou de la vision faussement de niches. L’équilibre est difficile à trouver et avec le temps rien ne s’arrange vraiment. La nouvelle génération est-elle en cause dans le fait de pousser, jour après jour un peu plus l’ancienne vers le fond du ravin ? Dire que oui serait un poil trop rapide, mais pas forcément tant que cela. La rivalité/ mépris ou admiration sans renvoi d’ascenseur qui existe entre les deux est un moulin à vent sans Don quichote pour rendre l’ensemble plus drôle. L’écriture au sens même de l’article critique que l’on voit aussi bien chez les pros que les blogueurs a-t-il encore une valeur impactante ? Sur un périmètre cible pour les blogueurs oui ( et encore), mais dans le cadre de la presse l’impératif de la liberté d’expression se heurtant aux obligations marketing est fine. Il faut vendre ou faire du clic et cela occasionne du flottement au niveau de la ligne de flottaison. Des noms reviennent exemple parfait avec Vincent Malausa, l’homme qui descend plus vite que son ombre, mais génère du clic quoi qu’il arrive vu qu’il crée le conflit…

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La critique se dénature sur l’autel de la survie du magazine qui l’abrite. D’art majeur, elle vivote vers une oraison funèbre qui peu à peu entraîne beaucoup de mondes dans son sillage. Les magazines de cinéma français aujourd’hui accordent des places pour le moins aléatoire à la critique et encore dans le cas des gros titres, l’option succincte ou le côté grand spectacle pour faire du bon mot tue l’envie d’aller plus loin. L’écrit perd du terrain au profit de la parole…et si l’avenir de la critique délaissait l’écrit pour se réinventer au travers de nouvelles formes d’expressions. Le point négatif des anciens ou nouveaux critiques est de parfois se perdre en étalage de culture un poil trop appuyé. Le fait d’adjoindre son propos d’une argumentation solide est un point positif, l’amener vers une segmentation sans retour du grand public en est une autre. Critiquer pour laminer ( sauf cas méritant la lapidation) ne fait pas avancer le schmilblick. Ouvrir un débat, donner des pistes ou des nouvelles envies à ceux qui lisent nos papiers est déjà un challenge plus intéressant. Capter le lecteur ou plus largement le spectateur est une mission impossible que l’on aime a tenter de rendre possible 6 jours sur 7. Cela se fait parfois avec des hauts, souvent avec des bas et quelquefois avec un match nul, mais sans pour autant abandonner. Les mots suffisent-ils toujours ? Parfois les mêmes idées passent aussi bien via de simples formats plus courts et au potentiel de replay plus grand. Une critique change-t-elle la vie d’un film ? Rares sont ceux pouvant se prévaloir du droit de vie et de mort via leurs écrits. Une vidéo a-t-elle plus de pouvoir de persuasion ? En y ajoutant la surcouche de la comédie et de la mise en scène peut-être. Le lecteur veut un spectacle. Le spectateur veut un divertissement. La fusion des deux réside dans un être se nourrissant aussi bien de l’écrit que du visuel et n’ayant pas forcément l’impression d’assister à un cours de cinéma par un jeune prof un peu chiant. C’est peut-être là qu’est la différence entre les journalistes à l’ancienne et les nouveaux venants. Les premiers se définissent comme une voix, les seconds se définissent comme une marque n’hésitant plus à malmener tous les médias pour justement faire passer leurs voix.

5 Comments

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    FredMJG
    mars 9, 2014 at 1:13

    VM c’est bien le mec qui dit « NOUS » quand il veut cracher sur Tilda Swinton ? Alors que manifestement il ne connaît qu’un pan de sa carrière ? Bon, qu’il soit imperméable à son talent ou sa beauté, peut me chaut mais franchement, qu’il cesse donc de prendre son cas pour une généralité 🙂
    Moi ce qui me manque, c’est l’humour qui était distillé à une belle époque (Starfix pour ne pas les nommer) et surtout l’amour du cinéma qui semble désormais bien absent.
    Mais bon, je suis aussi un dinosaure qui a passé le demi-siècle ;D

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      Chandleyr
      mars 9, 2014 at 1:16

      @fredmjg: tu sais je suis un vieux aussi ^^, mais l’exemple de Starfix est excellent en effet, il y avait une passion de la communication qui passait avant le cadre « bizz » qui peut faire de l’ombre au fond des articles de nos jours. C’était une autre époque de la presse. Elle me semble de plus en plus loin avec le temps qui passe en fait 🙁

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        FredMJG
        mars 9, 2014 at 1:28

        Voilà ! Quand Doug Headline dézinguait un film, non seulement il me faisait hurler de rire mais j’avais toujours envie d’aller « juger » sur pièce

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    Chandleyr
    mars 9, 2014 at 1:51

    @Fredmjg: c’est là que réside le talent du mec qui écrit, donner son point de vue même radical sans pour autant oublier qu’il ne sera pas parole d’évangile pour le reste du monde. Garder une certaine distance entre son point de vue et celui de spectateurs n’ayant pas les mêmes connaissances. Cette distance se perd de nos jours au profit d’une radicalisation définitive du propos. C’est un peu triste. Après, je suis aussi passer par les mêmes travers doc bon. Puis effectivement comme tu dis, si la personne réussit à y mettre un style et une patte, on peut retourner la situation ^^

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      FredMJG
      mars 9, 2014 at 2:47

      Sans compter que « nobody’s perfect ». Alors les goûts et les couleurs…
      ^^

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