Critiques de films Films Européens

« Guardians » du Marvel cheap et soporifique en version Russe

Guardians est l’œuvre par excellence qui donnait vaguement envie d’y croire en regardant les premières vidéos de productions. Certes, les blockbusters russes ne sont pas forcément de 1er qualité, mais bon, il faut parfois aller au-delà des apparences. En gros, j’étais naif, mais pas dans les limites du raisonnable non… bien au-delà. Réalisé par Sarik Andreasyan (American Heist avec Adrian Brody…), Guardians est une énigme aussi pénible que fascinante d’une certaine manière. Il y a quelque chose d’intéressant dans la façon dont le film au final ne fait que reprendre les codes des Comics US pour l’adapter au monde de la Russie. Montrant ainsi les limites parfois puantes avec lequel ce genre de récit peut flirter. La structure n’est pas si éloignée de milliers d’Origin Story (Captain America, Avengers et j’en passe) faites par les Américains et n’ayant pour force qu’un scénario enveloppant beaucoup mieux le fond (ou le cachant cela dépend) et surtout un meilleur budget. Et en parlant de ce point précis on touche du doigt l’un des soucis majeurs du film, le budget. Réalisé pour l’équivalent de 5 millions de dollars, le film fait illusion sur certains plans, mais ne tarde pas à très vite montrer ses limites. Sarik Andreasyan ayant malheureusement la même tendance que Zack Snyder à abuser du ralenti pour bien souligner son action et lui donner un côté clipesque assez pénible. Le genre de petites touches répétitives qui mise les une à la suite des autres finissent par provoquer un horrible sentiment de lassitude.

Et le coup de grâce en deux temps de Guardians tient dans son casting et son scénario. Est-ce que dans le fond cette dernière est pire que ce que l’on a vu dans des milliers de Comics ? Non, le vrai souci est qu’il n’y a aucune véritable colonne vertébrale dans l’ensemble. Le film dure moins d’une heure trente et donne l’impression d’en durer le double. La gestion du temps à l’intérieur du récit et de par le fait à n’en pas douter de coupes en dépit du bon sens est une véritable plaie. On ne comprend plus rien au bout d’un moment et il faut bien reconnaître que l’on s’en fout. Moscou est envahi et vidé de ses habitants en moins d’une minute. L’un des héros à la colonne vertébrale brisé, mais grâce à un vieux scientifique sortant de je ne sais où il récupère en 3 minutes. Et ne parlons même pas du grand méchant de l’histoire qui fait passer avec son costume ceux de Power Rangers pour des œuvres pouvant aller concourir aux oscars. Si l’on prend la chose avec un peu de recul et que l’on se réfère au final a ce qu’était Captain America, il n’y avait pas de véritables raisons que Guardians éclate en plein vol. Pourtant sans le moindre scénario ni véritable commandant à la tête du navire, le film apparaît très vite pour ce qu’il est : un délire d’ados complètement creux balançant les unes à la suite des autres des références qu’il ne maîtrise pas.

Que reste t-il de Guardians une fois que par miracle on arrive à survivre jusqu’à la fin du film ? J’ai envie de dire rien au final. Copiant assez maladroitement la dynamique Marvel, le film partait d’emblée comme perdant. Différence d’écritures, de style, de casting et de budget… la liste pourrait durer pendant des heures. Il ne reste en bout de course qu’un blockbuster russe de plus. Le genre de produit hybride donnant au pire l’impression de n’être rien de plus qu’une production Asylum en version russe. Il y en a qui trouveront l’expérience intéressante, je n’ai pas réussi à dépasser le stade de l’indigestion en ce qui me concerne.

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