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Godzilla Resurgence, retour raté sur les origines du monstre…

Godzilla Resurgence est un film quelque peu étrange que l’on peut voir comme une sorte de crise d’orgueil de la part du 7e art japonais face à Hollywood. Une sorte de retour sur le devant de la scène pour dire une seule et unique chose : Godzilla nous appartient. En soit la chose est honnête et compréhensible. Godzilla est un mythe du cinéma japonais depuis des décennies, mais il a aussi fini par transcender ce statut pour devenir une sorte d’icône pop. Passant par là même au-delà de son discours d’origine sur les ravages du nucléaire et le rapport si particulier que le Japon a avec cette phase douloureuse de son histoire. On peut reprocher beaucoup de choses à la dernière version US de Godzilla , mais elle essayait au moins de renouveler le genre et surtout d’être un véritable objet cinématographique. Godzilla Resurgence rentre-t-il dans cette case ? J’ai malheureusement envie de dire non et ce pour plusieurs raisons. Le rythme du film, le montage du film, la mise en scène du film et accessoirement le scénario histoire d’enfoncer le clou. La liste des problèmes est longue comme le casier judiciaire d’un criminel et au fur et à mesure que le film se déroule sous nos yeux, le poids de ces erreurs devient de plus en plus lourd à digérer.

Godzilla Resurgence possède d’emblée un énorme souci, ce point précis qui fait chavirer l’édifice. En effet, le film ne sait tout simplement pas ce qu’il veut être, un pseudo-faux reportage, un documentaire sur l’édifice politique japonais vu de l’intérieur en temps de crise, un blockbuster ? Tout est balancé au visage du spectateur dans une espèce de mélange indigeste qui se retrouve massacré littéralement par la mise en scène et le montage. Ce dernier point en particulier ne faisant que mettre encore et toujours en avant les énormes problèmes de rythme du film. Les cut audio les plus abruptes de l’histoire se retrouvent dans Godzilla Resurgence laissant bien souvent le spectateur perplexe face à ce qui se cache derrière le simple effet de style. Mais ceci n’est en effet que la partie visible de l’iceberg. Godzilla Resurgence ne possédant pas vraiment de personnages centraux marquants peine à intéresser sur la longueur. Un film choral demande à ce qu’au minimum certains rôles ressortent plus du lot… ici tout le monde est logé à la même enseigne et quand je dis tout le monde, j’inclus Godzilla dans le lot.

godzilla

Godzilla Resurgence est une sorte de reboot, une origin story a la sauce 2016 reprenant le mythe du monstre… et son impact dans la culture japonaise. Tout ce que l’on voit ici semble ressortir des vieux films d’antan. Le monstre à l’exception de quelques plans assez beaux est malheureusement assez souvent ridicule, mais surtout est utilisé en dépit du bon sens. 80 % du film tourne autour de rôles sans intérêts représentant la population scientifique et politique du pays, le tout shooté comme dans un reportage en temps réel. Il faut être honnête, la chose finit très vite par être frustrante au possible, difficile d’accrocher à qui que ce soit ou quoi que ce soit vu que le film part dans tous les sens. Et la sentence tombe assez vite… on s’ennuie ferme. Le coup final dans l’édifice réside dans le discours plein de rancœurs du Japon face aux États-Unis proposant de larguer une bombe nucléaire sur Godzilla pour régler le problème. Dès ce moment précis, le film se perd dans une digression politique qui certes compréhensible d’un point de vue historique sent la naphtaline aujourd’hui. Et c’est bien d’ailleurs le vrai problème de ce Godzilla Resurgence. Il cherche à rendre hommage aux films d’antan, sans jamais se remettre en question. Il n’amène rien de nouveau sur la table et maltraite même le seul et unique personnage qui devrait être intéressant dans le film : Godzilla…

Tout est-il à jeter dans ce Godzilla Resurgence ? Il reste quelques beaux plans de destructions montrant un Godzilla comme on l’aime… mais cela représente à peine une dizaine de minutes dans tout le film. Le reste étant dédiée a un interminable blabla perdu dans des longs tunnels sans le moindre rythme. Le résultat est au final assez ennuyeux et c’est dommage. Parfois mieux vaut ne pas toucher à un mythe, si l’on n’a rien de nouveau à mettre sur la table. C’est le cas ici avec Godzilla Resurgence.

 

 

 

 

 

 

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