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Glacé ou pas, le polar bande encore sur M6!

Glacé: A flanc de montagne, dans les Pyrénées, est découvert le cadavre d’un cheval sans tête accroché à 2000 mètres d’altitude, au sommet d’un téléphérique. Les capitaines Servaz et Ziegler se voient confier cette enquête. A quelques kilomètres de là, dans un centre pénitentiaire de haute sécurité, la jeune psychiatre Diane Berg entame des séances de psychothérapie auprès de Julian Hirtmann un dangereux tueur en série arrêté des années auparavant par le capitaine Servaz… Les destins de ces quatre personnages vont se percuter dans une enquête des plus terrifiantes.

Glacé n’avait rien du projet évident, il est vrai qu’au-delà de Canal Plus qui fait des incursions dans le polar en mode 52’, les autres chaînes se contentent de rester dans un périmètre plus grand public et balisé. C’est un choix qui a montré ses limites avec le temps du moins sur ma patience. Rare sont les séries du genre qui n’essayent pas de diluer l’ambiance glauque avec un peu d’humour ou certaines facilités narratives pour ne pas trop fatiguer le spectateur. Est-ce que dans le fond Glacé est totalement original dans sa version TV ? J’ai envie de dire non pour peu que l’on connaisse les rouages des Grangé, chattam et j’en passe. Minier l’auteur du roman d’origine utilise comme ses confrères les mêmes codes. Mais tout comme dans un bon film d’horreur ou une comédie romantique en poussant le bouchon plus loin, que la recette soit ancienne ne change rien au résultat si la mise en bouche est bonne. Carré, inventif et prenant le parti pris d’aller à son propre rythme, Glacé en laissera sûrement plus d’un sur le bord de la route. Loin d’une volonté de tout donner sur un plateau d’argent à ses spectateurs, les deux premiers épisodes prennent le temps d’installer les premiers pions sur l’échiquier se jouant entre Charles Berling et Pascale Gregory. Un flic contraint de revenir dans les griffes du serial Killer qu’il a réussi à mettre sous les verrous. Un jeu du chat et de la souris hautement pervers vu que le personnage de Pascale Gregory tire les ficelles depuis l’asile où il est prisonnier. Qui est son bras armé, quelles sont ses motivations ? La liste des questions est longue pour ces 2 premiers épisodes. Et il faut reconnaître que la série n’a pas l’intention immédiate de dévoiler son jeu. Ce qui lui donne un certain charme.

Tout comme la réalisation de la série qui à l’image des polars finlandais, transforme l’immensité presque inquiétante de son décor en un personnage à part entière. Lent et étouffant, Glacé jouit au final d’une identité très particulière. Ce plus qu’apportent les décors naturels confère à la série une beauté plastique assez déroutante. On se rapproche dans l’idée bien que moins stylisé ne nous le cachons pas, des idées de mise en scène de Bryan Fuller dans la série Hannibal. Le fait que les deux séries soient produites par Gaumont y est peut-être pour quelque chose. Est-ce que ces deux premiers épisodes sont exempts de défauts ? Quasiment pas. Le seul vrai défaut, si l’on peut vraiment l’interpréter comme tel est que la série prend la décision peut courante d’aller en termes de style et de ton ou juste de narration à l’encontre des attentes du public. Si l’on est amateur de roman de ce style avec des constructions lentes et une ambiance se dégradant de plus en plus au fil des pages et ce jusqu’à ce que les cadavres commencent à pleuvoir alors Glacé est pour vous. Et si par hasard, vous n’êtes pas adepte et bien prenez le pari de vous laisser tenter, cela ne vous fera pas de mal de changer vos habitudes. Les deux premiers épisodes de Glacé s’avèrent bien plus efficaces que je ne le pensais. Il ne reste plus qu’à voir si la suite sera désormais à la hauteur de mes attentes. Wait and see…

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