Critiques de films Films américains

Gifted ( Mary), le petit trésor de Marc Webb et Chris Evans.

Marc Webb n’a pas forcément eu la carrière qu’il méritait, alors qu’il avait devant lui un avenir radieux dans les films de plus petites envergures mais pouvant laisser une trace, voici qu’il a comme beaucoup d’autres avant lui finit par se faire broyer par la machine hollywoodienne, la malédiction des Blockbusters diront certains. Rare sont ceux qui s’en sortent sans casses, ce ne fut pas son cas. Et après quelque temps dans l’ombre, voici qu’il revient avec ce Gifted (Mary), et loin du grand bruit inutile des grosses productions, il trace à nouveau son chemin vers quelque chose de plus simple et honnête. Et vous savez quoi ? Le résultat ne se fait pas attendre.

Alors oui, certains pourront mettre en avant le fait que Gifted (Mary) est un drama classique, voire même par instants un téléfilm de luxe. Mais si l’on prend ne serait que quelques minutes pour en étudier les concours, on se dit que des téléfilms dans le genre on en voudrait plus souvent devant nos yeux. De quoi parle le film ? Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques. Oui, le pitch est classique et d’une certaine manière c’est ce qui fait la force de l’ensemble. Assez court, le film ne perd pas de temps pour aller d’un point a un autre. Se reposant sur un duo en or en la personne de Chris Evans et Mckenna Grace, Gifted (Mary) met en place quelque chose de fondamentalement simple et touchant, une histoire de famille complètement pourri de l’intérieur et les conséquences que cela implique quand l’un de ses membres tente le tout pour le tout pour sauver la seule chose importante à ses yeux. L’avenir d’une petite fille. À la fois drama, comédie douce-amère et film de procès, Gifted (Mary) passe d’un genre à l’autre sans que pour autant l’ensemble du récit n’en souffre. Et sous la direction d’un Marc Webb reprenant enfin le temps de se concentrer uniquement sur l’humain et non plus les effets spéciaux, le duo d’acteur fait des miracles. Lui dans son approche réaliste d’un homme pris entre le deuil qui l’accable et le fait de devoir se battre pour sauver celle qui est devenue bien plus que sa nièce désormais. Et de l’autre côté une petite révélation de plus au panthéon des enfants acteurs Mckenna Grace. Tout comme dans Logan, il est difficile pour une enfant de tenir tête à un acteur adulte sans se faire bouffer. Et pourtant tout comme dans le film de James Mangold et sans la violence, mais avec le même sale caractère bien à elle, Mckenna Grace bouffe l’écran dans chacune de ses séquences avec Chris Evans.

Oui, dans le fond Gifted (Mary) n’a rien de vraiment original et doit tout à son duo d’acteurs au top. On pourrait pinailler sur une centaine de détails plus ou moins gros qui habitent ces presque 100 minutes de films. Mais cela serait passé à côté du plaisir simple qui se dégage de l’histoire. Un peu comme si après avoir sincèrement fait de la merde, Marc Webb tentait de revenir à ce qui était le plus important pour lui, l’humain. Et d’une certaine manière ce film est humain jusque dans chacune de ces imperfections ou côtés prévisibles. On voit les choses venir et des passages entiers se rangent sans mal dans la catégorie du plaisir coupable et malgré tout on se laisse emporter. Chris Evans n’est jamais aussi bon aussi bien dans l’action ou dans le drame plus léger voire même la romance que lorsqu’il s’approprie le script pour le jouer avec finesse. Loin des demandes parfois trop manichéennes des studios comme avec son personnage de Captain America. C’est ce genre de possibilités que lui offre Marc Webb, celle d’exister pleinement en tant qu’humain et non stéréotypes. Alors oui, Gifted (Mary) en fera soupirer plus d’un, dommage pour eux. Ce n’est pas forcément un film pour les cyniques et les blasés, juste pour ceux ayant l’envie assez simple de voir une belle histoire pendant 90 minutes avant de revenir. Et d’une certaine manière, Gifted (Mary) est tout cela à la fois. Dans ses forces et ses faiblesses. Mais cela n’enlève rien dans le fond à la sincérité de l’ensemble.

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