Critiques de films

Geostorm ou la fin de vie miteuse du film catastrophe US…

Geostorm est le film de trop, là où R. Emmerich avait mis au monde un style bien particulier et propre à son univers chaotique, Dean Devlin accouche du néant.

Geostorm ne s’annonçait pas comme étant le film de l’année… Ou même du mois, pire de la semaine. Non, il était d’emblée dans la case de ces films que l’on sait ultra-mauvais et que l’on a quand même envie de voir pour des raisons qui souvent nous dépassent. Et autant être honnête, l’époque où Roland Emmerich et Dean Devlin en duo offraient aux spectateurs des blockbusters ultracouillons, mais fun est très loin. Roland Emmerich a toujours eu qu’on aime ou non le personnage, un talent certain pour transcender la bêtise profonde des scénarios de Dean Devlin et en faire quelque chose de fondamentalement fun. Mais une fois le duo séparé et avec l’envie illogique de Dean Devlin de devenir réalisateur ou calife à la place du calife, ce qui devait arriver arriva… et Geostorm sous nous yeux ébahis embrassa pleinement son statut de catastrophe sans fin. À la décharge du film (il faut bien être honnête…) la moitié à été reshooté pour incorporer ce plot point de coup d’État complètement ridicule. Est-ce que le film d’origine était meilleur ? Personne ne le saura jamais et sincèrement après avoir survécu à la découverte de ce film, je doute vraiment que quiconque puisse avoir envie de continuer à s’intéresser à Dean Devlin comme réalisateur.

geostorm dean devlin gerard butler

Geostorm est tout simplement encore pire que tout ce que vous avez pu imaginer concernant ce film. Prenez votre pire vision de l’enfer et multiplier la chose par 3 ou 4 pour toucher du doigt l’aspect final de ce film. Le remontage/reshoot se fait sentir à tous les étages. La base d’un film catastrophe est de voir l’homme luttant contre la nature et perdant plus ou moins en bout de course. Le jour d’après ou 2012 était basée sur ce genre de fil rouge et n’oubliait pas d’être pour autant aussi débile que fun. Les deux films respectaient des codes en vigueurs des grands films catastrophes des années 70 en les dopants aux effets spéciaux actuelles. C’était souvent too much, mais suffisamment généreux et avec un bon casting pour faire passer la pilule. Geostorm ne possède rien de tout cela. Comment définir le film de façon correct ? On peut dire qu’il s’agit de la plus grande bouillie scénaristique de 2017, le scénario est profondément prévisible, illogique à plus d’un titre, et pire que tout le film rate ce qui aurait dû être son moment de grâce. Chacune des séquences de catastrophes naturelles (toutes présentes dans la bande-annonce) n’ont pas la moindre intensité. Si j’étais méchant, j’irai même jusqu’à dire que certaines productions Asylum font preuve de plus d’inventivité. Le souci ici est que là où Roland Emmerich avait un véritable sens de l’image et un talent créatif pour sublimer la destruction en créant des Money shots de fou, Dean Devlin n’a rien. Toutes ses séquences au-delà de donner l’impression de sortir d’une autre époque en termes de VFX, sont tout simplement incroyablement chiantes. On ne ressent rien, on ne rigole même pas devant la bêtise absolue de la chose (cf la tornade de glace poursuivant une fille en bikini…) On s’ennuie ferme. Au-delà des limites du tolérable. Geostorm donne l’impression d’être le fruit de quelqu’un ne comprenant pas une seule seconde ce qui fait un vrai film catastrophe.

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Et la chose devient encore plus tragique quand d’un coup le film décide d’incorporer ce qui ressemble à un subplot d’un mauvais épisode de 24 avec cette tentative de coup d’État en plein milieu de la tempête. En oubliant le côté humain contre la nature et en réduisant le film à un délire d’adolescent ayant l’envie puérile de tout faire exploser (pour que l’on oublie la vacuité du script) Dean Devlin transforme Geostorm en l’un des films les plus pénibles de l’année. Les acteurs passent pour des idiots en débitant sans passion un scénario semblant tout droit sorti des années 90, le montage semble hurler qu’on l’achève à chaque seconde et pourtant rien n’y fait. Geostorm est un constat pour le moins tragique concernant les capacités de Dean Devlin en tant que scénariste et réalisateur. Le genre du film catastrophe en lui-même est comme celui de la rom-com, une spécialité qui traverse les âges, les règles restent les mêmes, mais la survie du genre repose sur le talent des nouvelles générations à faire évoluer le matériel de base. Dean Devlin avec Geostorm démontre surtout son incapacité à tous les étages pour créer un grand spectacle ne serait-ce même que drôle un court instant. En comparaison Armageddon de Michael Bay qui repose sur un scénario aussi idiot donne l’impression d’être une réalisation en lice pour les Oscars à tous les étages. Cela donne une idée de la catastrophe.

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Que reste-t-il en bout de course de Geostorm ? Une ligne de plus à la case nanar du CV de Gerard Butler (qui enchaîne), un très mauvais démarrage pour Dean Devlin (film maudit en espérant que son prochain avec David Tennant remonte la pente…) et surtout une véritable déception dans le domaine du film catastrophe. Cas classique du film visiblement pris entre deux feux, à savoir la vision d’un réalisateur et le travail de sauvetage/sabotage d’un studio demandant des reshoots monstrueux. On pourrait débattre pendant des heures sur ce qui ne va pas dans Geostorm ou dans l’approche passéiste de la réalisation de Dean Devlin tout comme son écriture d’ailleurs… Mais cela serait prendre le risque de rester sur un débat pouvant s’étendre jusqu’à la fin des temps. Est-ce que cela en vaut vraiment la peine ? Non. Geostorm n’est pas un juste un mauvais film… C’est un nanar sans âmes du début à la fin. A éviter.

 

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