Critiques de films Films français

Gangsterdam, Retour express sur un Ovni honteux…

Gangsterdam de Romain Levy au-delà d’être tout simplement un très mauvais film est une énigme. Du genre de celles qui n’ont de cesse de revenir encore et toujours dans le champ de vision du spectateur de comédies en France. Le genre que l’on peut résumer dans une simple question « Mais pourquoi avoir produit ce truc ». On ne va pas remettre l’abécédaire des débats entourant ce film sur la table, d’autres l’ont déjà fait en détail, mais cela n’empêche pas malgré tout de se demander ce qui a bien pu se passer dans la tête des 4 scénaristes (oui, ils sont 4…) du producteur ou bien même de Kev Adams pour se lancer dans l’aventure. Je n’ai rien contre le cinéma trash, ce n’est pas mon domaine favori, mais si la chose est bien écrite et réalisé, on peut se laisser emporter. Or, jamais Gangsterdam de Romain Levy ne met une seule de ses qualités sur la table. Nous sommes d’une minute à l’autre dans les tréfonds du malaise. Racisme, homophobie, viol et j’en passe. Tout est passé en revue en espérant faire rire, sans jamais que cela ne provque autre chose qu’un immense et poisseux malaise. Pas le genre qui se dissipe rapidement, non, celui qui dure et dont toutes les têtes pensantes en coulisses n’ont qu’une envie : celle de l’entretenir.

Gangsterdam de Romain Levy, c’est un peu comme le délire d’un petit-bourgeois blanc du 16e qui après une année à se faire frapper revient à la rentrée suivant habillé en Gangster, parlant un langage qu’il ne maitrise pas et s’enfonçant dans les limbes d’un humour qu’il est le seul à trouver drôle. La mise en scène du film est inexistante. Là où Radiostars (sous l’impulsion salvatrice de Clovis Cornillac et de Manu Payet) possédait un tempo furieux et une réalisation propre on se demande ce qui est arrivé ici. Gangsterdam de Romain Levy est un téléfilm, tout n’est que factice. Des millions d’euros au compteur pour un résultat qui laisse perplexe. Le scénario est consternant d’un bout à l’autre et d’une façon presque perverse c’est ce jusqu’au-boutisme crasse dans la bêtise la plus profonde qui le rend fascinant. C’est assez rare d’assister à un naufrage, ces moments où l’on est en face de quelqu’un qui est certain d’être dans son bon droit et que ce qu’il dit ou réalise fait sens et que personne autour de lui ne le raisonne. C’est un peu le cas ici avec Romain Levy, d’un espoir prometteur avec Radiostars, il montre avec ce Gangsterdam que tout le bien que l’on pouvait penser de lui n’était pas si fonder. Immature, offensant, mais surtout dénué de la moindre ambition cinématographique, Gangsterdam est l’un des ces Ovnis que le cinéma FR aime de plus en plus offrir au public pensant que c’est ce qui lui convient. C’est assez consternant quand on se dit que l’image que ces producteurs ont du public est au final en grande partie fausse. Le bide du film étant heureusement là pour le prouver. Même avec la meilleure volonté du monde, il n’y a strictement rien à sauver dans ce Gangsterdam. Maintenant reste à espérer pour Romain Levy que ce bide public et artistique lui permette de se recentrer et de revenir vers autre chose de plus intéressant. S’il en a encore l’énergie, histoire de ne pas faire croire qu’au final Radiostars n’était qu’un gigantesque coup de chance. On se pose la question…

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