Critiques de films Films américains

Fist Fight, prototype de la comédie en roue libre et pénible…

Fist Fight : Le dernier jour de l’année scolaire, Andy Campbell, prof d’anglais au tempérament plutôt pacifique, tente de prendre sur lui pour supporter les blagues des élèves de Terminale, une administration défaillante et des réductions budgétaires qui menacent certains postes. Mais la situation s’aggrave encore lorsqu’il croise par hasard son collègue Ron Strickland, personnage de gros dur redouté dans l’établissement : celui-ci met Andy au défi de le retrouver après les cours pour l’affronter, à l’ancienne, en combat singulier. La nouvelle de la bagarre se répand comme une traînée de poudre et s’avère être, en réalité, ce dont le lycée – et Campbell – avaient besoin…

Fist Fight est l’un de ces films qui laisse le spectateur perplexe. On est en face d’une campagne promo vendant une comédie drolatique, et l’on se retrouve avec 90 minutes d’action sans humour probant. Un long tunnel d’écriture en roue libre et d’acteurs qui semblent grogner (pour Ice Cube) et se demander ce qu’ils font là (pour Charlie Day). J’ai dû rire 3 fois et encore en y repensant, je me dis que c’était déjà beaucoup vu la maigreur des vannes traversant ce film. La promesse de cette gigantesque bagarre entre prof pourrait se résumer à un « tu vas voir, je vais te casser la gueule à la récré entre adultes ». Dans le fond c’est aussi puéril et inintéressant et ce qui frappe est que personne ne s’en soit rendu compte avant de se lancer la tête la première dans ce traquenard géant. Non bien au contraire, tout le monde a pris son chèque et à fait comme si de rien était. Malheureusement, je ne sais pas si le spectateur sera humainement capable d’en faire autant avec ce Fist Fight au demeurant assez pénible. Le mot est faible d’ailleurs, mais résume bien la situation.

On pourrait y rajouter frustrant vu que dans le fond et si l’on se réfère uniquement à la promesse de départ, Charlie Day vs Ice Cube en termes d’humour, cela avait de la gueule. Chacun dans leur spécialité, les deux sont bons repoussant toujours un peu plus loin les limites du second degré. Le problème ici est que Fist Fight commet le plus gros crime possible en termes de narration dans une comédie… à savoir l’absence complète de rythme. Et dans ce domaine en particulier, l’erreur n’est pas permise. Car si l’on se perd dans cette sortie de route, on aboutit a ces 90 minutes de gènes ou les acteurs sans la moindre direction de la part du réalisateur tentent de donner de l’ampleur aux vannes que leur tend le scénariste. Et à chacune des séquences qui s’enchaînent, on ne peut que ressentir l’immense gène qui les habite ou ennui profond pour Ice Cube. Fist Fight aurait eu besoin d’une vraie plume dans le domaine du scénario, se voulant trash dans certaines sorties humoristiques, le film ne réussit dans le fond qu’à être pénible par son manque d’originalité. L’écriture est faible, la réalisation transparente. Comment en vouloir aux acteurs d’essayer de sauver le projet en mettant les bouchées doubles dans la roue libre ? Ils font ce qu’ils peuvent, mais dans le cas précis de cette comédie, il faut reconnaître ce qui est, le projet était mort né. Passez votre chemin, il n’y a strictement rien à voir.

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