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First Kill, série B anecdotique et problématique avec Bruce Willis

Parfois, on se lance dans la découverte d’un film sans la moindre animosité. On a vu l’affiche, on sait que cela a de grandes chances de ne pas être incroyable, mais l’on se dit que l’on peut tenter l’aventure et soudain au fur et à mesure que le film se déroule devant nos petits yeux, le malaise s’installe. Alors prenons le problème sous l’angle de la facilité. Oui, First Kill aurait pu être ce petit film de série B, que l’on digère et que l’on oublie assez vite. Mais voilà, loin de la simplicité biblique se dressant devant lui, le réalisateur, le producteur et bien d’autres sûrement ont eu l’idée d’y ajouter un sous texte un poil gerbant sur le rapport des armes et le passage à l’âge adulte pour un enfant. Oui, vous êtes venu voir First Kill pour Bruce Willis et Hayden Christensen en vous disant tiens, les deux payent les impôts, mais la bande-annonce étant cool pourquoi pas. Et voilà que le piège se referme. Le vrai cœur du film, loin de cette histoire de braquage et de prise d’otage sans grands intérêts vu qu’elle est cousue de fil blanc repose sur le fils du héros qui se fait tabasser à l’école vu qu’il joue avec ses poupées. En gros, ce n’est pas très viril hein… du coup, son père Hayden Christensen décide de l’emmener là où il a grandi pour lui apprendre l’art de la chasse, la maîtrise des armes et le feeling incroyable que l’on prend en tuant et traquant un animal. Tout cela pour l’endurcir et en faire un homme, un vrai, un putain d’américain quoi. On se dit dès ce moment que le film prend une mauvaise tournure et tout ne fait qu’empirer par la suite.

Une fois de plus Bruce Willis paye ses impôts, il n’y a pas la moindre forme de mystères concernant son personnage. L’acteur s’en fout, les scénaristes aussi, il n’y a bien que le spectateur qui dans un élan de générosité incompréhensible fera semblant de ne pas avoir vu venir le tournant de l’histoire. Mais le vrai problème qui persiste tient dans ce que le film enfonce dans l’esprit du spectateur sur cette société US où le rapport aux armes est si ancré dans l’inconscient collectif qu’il est pour beaucoup le remède à tout et n’importe quoi. Certes First Kill essaye aussi tant bien que mal de raccorder à son sujet de départ à plus d’une reprise. Donnant du temps a Hayden Christensen et Bruce Willis pour faire ce que l’on attend d’eux. Mais d’une certaine manière, le mal est déjà fait et il est difficile de trouver un moyen de réparer les dégâts. Chose qui lorsque la fin du film arrive laisse le spectateur dans une sorte de perplexité incroyable. Tant la dernière phrase d’Hayden Christensen résume la bêtise absolue mais pourtant accepter de son attitude. First Kill est l’un de ces films dont l’existence même est une énigme. Un peu comme ces productions chrétiennes catholiques qui fleurissent de plus en plus en marge d’Hollywood. Une sorte de volonté sous couvert d’un genre parlant au plus grand nombre, d’aller caresser dans le sens du poil une population cible. L’Amérique souffre de ce cancer qu’est l’abondance des armes. Je reste encore et toujours perplexe au final devant ce First Kill. Film médiocre et sans véritables intérêts en surface, mais nauséabond sous la ligne de flottaison. Il en dit long sur cette société US et le mal qui l’habite, sans pour autant avoir la moindre envie de se remettre en cause. On est devant une forme de banalisation de la bêtise rongeant cette population. Le tout culminant sur un gigantesque doigt d’honneur et une sorte de Deal with It ! C’est particulier et fortement dispensable dans le fond….

 

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