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Fantastic Four- Josh Trank- Critique du film

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 Les 4 fantastiques de Josh Trank est sans nul doute le film maudit de 2015. Avant même que les premières images n’arrivent sur le net, tout le monde détestait déjà ce film. Après sa sortie, on se rend compte qu’il récolte un score plus bas que Dragon Ball Evolution, la machine a détruire se met en marche. La houleuse relation entre la Fox et Josh Trank finira le travail. Même si avec le temps, il devient évident que les torts sont partagés, le film en lui-même est-il la catastrophe que tout le monde dépeint ? La réponse est non. Oui, le film est bâtard au dernier degré, oui le dernier acte n’a rien à voir avec le début du film, oui, il y a des coupes dans tous les sens. Mais pourtant quand cela fonctionne, on ne peut s’empêcher d’avoir une certaine frustration. Tout simplement à cause d’un fait simple, il y avait de belles choses dans ce magma parfois informe qu’est la version finale des 4 fantastiques.

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Le plus gros défaut du film de Josh Trank est qu’à une époque où Marvel a littéralement formaté le public, il fait tout le contraire. La première heure des 4 fantastiques, jusqu’à l’accident n’est pas en soi du Marvel. Il y a du Spielberg qui traîne dans l’intro et une volonté évidente de changer la donne. Les 4 fantastiques de Josh Trank ne sont pas forcément des déclinaisons du cartoon, mais bien des ados dans la lignée de ce qu’il avait fait dans Chronicles. Sa volonté de réalisme est louable et tranche avec les clichés que l’on peut digérer dans tant d’autres productions. Le hic est qu’au milieu de toutes ces belles intentions coule une rivière de scènes coupées. Le genre de celle qui handicape le développement des personnages. Dans une moindre mesure le duo fonctionnant le mieux, reste Reed Richards et Ben Grimm. L’amitié particulière entre ces deux ados donne une saveur plus humaine à ces personnages. On aurait voulu en dire autant du côté des Storm. La source idiote de la polémique pré tournage fut le changement de couleur de peau de Johnny Storm et le fait que Sue Storm soit adoptée par une famille black. Que les haineux dorment tranquilles, le film n’approfondit rien dans le domaine. La relation entre la sœur adoptive et la haine latente que Johnny peut lui porter pour avoir « volé » sa place au côté de son père reste embryonnaire. Le film souffre ici des coupes sur cet arc narratif laissant ainsi sur le carreau une quelconque volonté de s’intéresser en détail à ce qui ronge ces deux personnages. Les performances des deux acteurs en sont-elles pour autant mauvaises ? Non, mais sur cette voie express vers le cliché, les deux jeunes acteurs n’ont malheureusement pas grand-chose à quoi se raccrocher.

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Pourtant bizarrement et de façon très boiteuse, la mayonnaise prend par instant. Le triangle amoureux entre Doom /Sue et Reed Richards est aussi une bonne idée, mais jamais il ne trouve un socle assez solide pour s’élever. Ce qui nous amène au gros problème du film : Doom. Autant les deux premiers actes du film sont certes bâtards et mal en point, mais porteurs de belles idées, autant tout s’écroule sur la fin. Pourquoi ? Pour tout simplement faire du fan service. Un film des 4 fantastiques sans Doom ni scènes d’actions massives est-il un film ? Dans l’esprit de Josh Trank visiblement oui et avec ce qu’il essayait de mettre en place, j’aurai tendance à dire que cela pouvait fonctionner. Mais au contraire et surement en reprenant le contrôle après le fiasco sur la fin du tournage, La fox fait ici avec Doom ce que Disney avait fait avec Thor dans le dernier volet d’Avengers. Absent du film pendant un énorme moment, le personnage revient dans le dernier acte pour en découdre…et donner naissance à la seule grosse séquence d’action du film. Malheureusement aussi bien en terme de qualités techniques que de logique narrative, le retour du personnage et ses actions n’ont pas le moindre sens véritable par rapport à ce qui a été mis en place dans les 2 premiers actes. Ces derniers étaient boiteux, mais sauvaient les meubles. Ce final semble tout droit sorti d’une autre version du scénario et anéantit tout ce que le film essayait d’être. On se gratte la tête tout du long en se demandant ce qui a bien pu mener la fox à se saborder en plein vol, juste pour sauver ce film. Qui pour rappel n’à été fait que pour ne pas perdre les droits qui à n’en pas douter reviendront quoiqu’il arrive a Marvel ( cf spiderman…)

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Au final, que dire sur ce film…méritait-il l’acharnement contre lui ? Non, il existe bien pire dans le domaine. Tout comme il existe meilleur et de loin, mais au milieu de ce fatras, il est bon de noter que cette première heure portait quand même les signes de quelque chose d’intéressant et différent. Mais c’est justement ce genre de choses qui semble créer la panique dans les studios. On ne saura jamais le fin mot de l’histoire sur les coulisses de ce film, tout comme il y a peu de chances que l’on découvre un jour les scènes coupées pour ainsi voir si elles sauvaient ou non le film. C’est dommage, le film aurait mérité une autre fin. Là, nous sommes juste en face d’une production qui comme un Waterworld du film de super héros en devient fascinante pour plein de mauvaises raisons.

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