Critiques de films Films américains

Fantastic Birthday, l’instant de folie communicative!

Greta Driscoll, jeune fille introvertie, est en passe de franchir le cap de ses 15 ans. Seule ombre au tableau : elle ne veut pas quitter le monde douillet et rassurant de l’enfance, une bulle dans laquelle elle s’enferme avec son seul ami au collège, Elliott. Quand ses parents lui annoncent l’organisation d’une grande fête pour son anniversaire, elle est prise de panique. Le grand soir, elle va basculer dans un univers parallèle un peu effrayant et complètement absurde dans lequel elle va devoir affronter ses peurs pour pouvoir se trouver et aborder autrement cette nouvelle ère.

Comment définir Fantastic Birthday ? J’avoue la chose n’a rien de simple. Pourquoi ? Peut-être pour la simple et bonne raison que ce film est d’une certaine façon un véritable ovni. À mi-chemin entre un film d’ado, une comédie musicale et aux frontières d’un film d’horreur indépendant barré, Fantastic Birthday se refuse avec délectation à rentrer dans les cases et c’est ce qui fait la force du récit. Rosemary Myers au travers de ce récit trouve le moyen de redéfinir à sa sauce et avec une sensibilité impressionnante les affres de l’adolescence. Sous cette fausse apparence de terrain parfait pour une sitcom, la réalisatrice construit un film empruntant autant à Wes Anderson qu’a une sorte de version bizarre de Jacques Demy. Le tout baignant dans un fantastique étrange que Spike Jonze ne renierait pas un instant. Dit ainsi tous ces mélanges semblent plus ou moins contre nature et d’une certaine manière ils le sont. Mais ce qui surprend avec force est la façon dont Rosemary Myers réussit à les mixer sans jamais pour autant se laisser bouffer par eux. Elle emprunte, elle digère et recrée quelque chose qui possède sa propre identité. Un tour de force assez fort pour ne pas être passé sous silence.

Et l’autre point qui permet au film de se tenir fièrement sur ses deux jambes est Bethany Whitmore. Lumineuse, parfaite et aussi fragile que drôle par la force des choses. Quand un scénario trouve un porte-voix aussi parfait, il n’y a plus qu’à se poser et profiter du spectacle, c’est le cas ici. A l’aise dans chacune des émotions par lesquelles passe son personnage, la jeune actrice offre avec sa performance la touche finale au succès de Fantastic Birthday. Il existe des films qui en font des tonnes pour exister puis il y a l’œuvre de Rosemary Myers. La simplicité et la poésie complètement atypique qui se dégage de ce film est totalement contagieuse. Dans le domaine du cinéma indépendant, ce que les Américains nomment comme le « coming of age story » est sûrement un des territoires d’expérimentations narratives et créatives les plus fous. Rosemary Myers s’empare de tout ce qui est a sa disposition pour continuer de faire vivre cette légende et démontre avec le talent et la folie qui est la sienne que ce Fantastic Birthday n’a pas volé son titre. Fou et Magique à la fois, il serait dommage de passer à côté.

 

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