Critiques de films Films américains

Les espions d’à côté, le True Lies du pauvre…

Les espions d’à côté (Keeping Up with The Joneses) est un exemple quasi parfait de ratage mignon. Je dis le mot ratage pour la simple et bonne raison que lorsque l’on se paye un quatuor d’acteurs de talents… et que l’on accouche d’une souris. Et c’est bien ce qu’est ce film. Prenant comme base de départ un simili ersatz d’idées à la True Lies, le film tente tant bien que mal de nous vendre une histoire soit disant d’action. Mais en bout de course, la vérité est tout autre. Pendant près de 45 minutes, Les espions d’à côté cherchent désespérément à trouver sur quel pied danser. Et c’est le drame qui arrive d’emblée. Comment expliquer qu’en mettant en avant Zach Galifianakis, le film réalise l’exploit de ne pas être drôle un seul instant. Les deux duos du film subissent de front un problème assez massif, celui d’avoir un scénario d’une faiblesse assez atroce. L’ironie de la chose est que pendant près de 45 minutes, Les espions d’à côté essaye vainement de créer un suspens sur la vraie nature de ces voisins… mais le titre français réduit ce twist d’emblée à néant et je ne parle même pas de la bande-annonce. Symptomatique en diable des films dont les producteurs ne savent plus quoi faire et résume complètement l’histoire en à peine 2 minutes en guise de teasing. Il n’y a donc plus de suspens, il n’y a plus rien d’ailleurs et du coup, les acteurs font ce qu’ils peuvent pour meubler pendant plus d’une heure 40 et au fur et à mesure que le temps passe, on ne peut que ressentir de la peine pour eux.

Isla Fisher ou Zach Galifianakis sont deux forces comiques en puissance et pourtant du début à la fin de l’histoire, Les espions d’à côté s’évertue à anesthésier ce potentiel comique. Leur faisant faire du surplace et empilant les unes à la suite des autres les séquences toutes plus soporifiques possible. L’histoire ne décolle jamais et même si a de rares moments on se met à espérer, tout retombe assez vite pour ne plus jamais reprendre vie. Ce qui pousse le film a s’appuyer sur sa dernière courroie de transmission pour essayer d’exister : la plastique parfaite de Gal Gadot qui se retrouve ici réduite à l’état d’objet plaisant en diable à regarder… mais dont l’épaisseur dramatique dans le script est aux abonnées absentes. Le plus triste dans l’histoire est qu’elle n’est pas la seule logée à cette enseigne. Le quatuor des héros n’est rien d’autre qu’un amas d’esquisse de personnage et c’est d’autant plus frustrant quand on voit qui réalise le film. Gregg Mottola nous avait en effet habitués à plus d’énergie aussi bien dans l’écriture que dans la réalisation. Les espions d’à côté est à l’opposé de tout cela. Loin d’être un film d’action comme le laisse penser la bande-annonce, les deux séquences d’actions du film sont tellement plates en termes de réalisation (et de jeux d’acteurs) que l’on se demande si qui que ce soit devant ou derrière la caméra avait le moindre espoir dans le projet. Pris un jour de pluie intense, Les espions d’à côté aura des allures de téléfilm de la dernière chance pour sauver votre dimanche, mais vu comme un vrai film, c’est un autre débat.

 

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