Critiques de films Films français

L’empereur, la perfection a un scénario près…

À travers le regard et les souvenirs de son aîné, un jeune manchot se prépare à vivre son premier voyage… Répondant par instinct au mystérieux appel qui l’incite à rejoindre l’océan, découvrez les incroyables épreuves qu’il devra à son tour traverser pour accomplir son destin et assurer sa survie et celle de son espèce. Marchez avec lui dans les paysages éphémères de l’Antarctique, ressentez la morsure du vent et du froid qui l’attendent à chaque pas et plongez avec lui dans les fonds marins jusqu’alors inexplorés.

Les documentaires de Luc Jacquet sont toujours la garantie d’une réalisation à couper le souffle. C’est une constante depuis ses débuts et la somme des moyens mise à sa disposition l’aide à aller encore et toujours plus loin. Et quand on voit l’Empereur, on comprend que la limite de l’imagination de Luc Jacquet semble sans limites. Magnifique, hypnotisant…la liste des termes pour qualifier la qualité incroyable des images de ce film pourrait durer pendant des heures. Malheureusement, est-il possible d’en dire autant du scénario de l’histoire ? J’ai envie de dire pas forcément. Utilisant une structure narrative inutilement compliqué à la vue de son histoire au final très simple, le film perd assez vite de sa puissance. L’histoire de cette famille a beau avoir comme allié Lambert Wilson pour nous mener dans les méandres de cette aventure, on finit assez rapidement par décrocher. C’est le véritable souci du film. Luc Jacquet avec l’Empereur cible un public très enfantin. Ce qui est en soit une chose assez respectable et auquel la plupart de ses documentaires se prêtent. Mais à force de ne pas forcément évoluer dans le domaine du scénario, une certaine forme de lassitude peut se former dans les neurones des spectateurs hors-cadre de sa cible.

Non les documentaires de Luc Jacquet ne sont pas l’équivalent de ce que la BBC a pu faire. Les moyens que Disney lui offre pour ce film sont somptueux, mais comme partout, si le scénario ne suit pas derrière la magie a du mal à prendre. Et c’est dommage, pour la simple et bonne raison que lorsque l’on prend juste le temps d’y réfléchir un instant tous les éléments étaient en place avec ce film. La réalisation, les moyens, les paysages, les animaux, Lambert Wilson…mais la simplicité de l’histoire et sa volonté de compliquer les choses à outrance pour se donner un genre finit par faire oublier le reste. Ce qui est dommage vu qu’il est difficile de nier le talent de Luc Jacquet dans la mise en scène. Sa vision des choses pour mettre en valeur ses sujets à savoir la nature et les animaux témoigne d’une véritable passion pour son sujet. Mais cela ne fait pour autant de lui un vrai conteur. Il connaît une formule et la réplique advitam eternam. Peut-être que par la suite et pour son prochain projet, un vrai scénariste viendra l’épauler. A ce moment là, je n’ai pas le moindre doute que cela fera à nouveau des étincelles. Mais pour l’instant, si l’on se tient juste à ce que nous offre, l’Empereur, nous sommes en face d’un écrin magnifique, mais un peu vide. Ce qui est d’autant plus rageant vu que cela par moment transforme l’incroyable courte durée du film en une éternité. Dommage.

 

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