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Death Wish, la pub pour la NRA de Bruce Willis et Eli Roth…

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Death Wish ne pouvait pas plus mal tomber vu les évenements autour des tueries et de l’épidémie d’armes chez l’Oncle Sam. Et le résultat est encore plus inutile et puant que prévu. Slow Clap…

Death Wish par Eli Roth, c’est comme une publicité pour les délires gerbants de Trump et de la NRA. Pas la moindre once de subtilité, pas d’intérêts, pas de fonds, juste du 1er degré bas de plafond et une morale qui donne envie de se taper la tête contre les murs en bout de course. Dire que Bruce Willis n’en a plus rien à faire du métier d’acteur est malheureusement un fait qui se revérifie de film en film. Enfin d’une production VOD à l’autre. Il trimballe son indifférence au milieu de scripts pour le moins basique et prend son chèque avant de partir. Eli Roth n’a jamais non plus été un réalisateur mémorable. Un artisan classique marchant dans les pas d’un Robert Rodriguez. Pas assez de génie pour éclater au grand jour, mais assez pour empaqueter des productions faites à la va-vite sur le fond et la forme. Et vous savez quoi ? Death Wish est l’une d’elle. Je n’ai jamais été un fan du film d’origine, mais ce remake enfonce le tout encore plus profond que prévu. Pire encore vu la période actuelle chez l’Oncle Sam et le discours nauséabonds qui transpire de ce film, on est en passe de se dire que le timing est catastrophique. Une production dont la simple existence est un mystère sans failles. De quoi parle ce remake inutile de Death Wish ? Quand il ne sauve pas des vies, Paul Kersey, chirurgien urgentiste, mène une vie de rêve, en famille, dans les beaux quartiers de Chicago… Jusqu’au jour où tout bascule. Sa femme est sauvagement tuée lors d’un cambriolage qui tourne mal… Sa fille de 18 ans est plongée dans le coma. Face à la lenteur de l’enquête, il se lance dans une chasse à l’homme sans merci.

death wish bruce willis

Death Wish est tout simplement l’antithèse de Death Sentence de James Wan. En même temps, le simple fait de comparer Eli Roth au réalisateur de Death Wish a quelque chose de comique tant jamais il ne lui arrivera à la cheville. Et le fossé entre les deux films est encore plus profond quand on regarde comment chacun des réalisateurs décide de traiter le trauma que vit le personnage principal. James Wan transformait Kevin Bacon en un monsieur tout le monde tombant dans les rouages de la violence et perdant les restes d’humanités encore accrocher à lui. Il y avait de la finesse dans la mise en place du personnage, de sa folie, de ses hésitations et de son plongeon dans un monde qui n’était pas le sien. Le côté progressif et imparfait de sa transformation faisait que l’on y croyait et cela rendait le parcours encore plus fort quand l’action battait son plein. Eli Roth de son côté s’en fout littéralement. Il a Bruce Willis sous la main et le traite de la même manière que des réalisateurs de films d’actions des années 90 le faisait. Nous ne sommes pas devant le personnage qu’il joue, mais juste Bruce Willis et son image de héros de film d’action. Ce qui implique de remplir des stéréotypes à la pelle. De faire des petites phrases drôles ou pas et de traiter un sujet noir au possible complètement par-dessus la jambe. C’est le vrai problème de ce film. Dans le fond, il n’est ni social, ni politique ou avec des sous-textes. Il est pleinement 1er degré, limite complaisant avec l’idéologie autour des armes et l’autodéfense. Il nage en eaux troubles et n’a qu’une envie, brosser dans le sens du poil les électeurs rednecks ou les membres de la NRA. Pour les autres qui ne voulaient a minima ne voir qu’une bonne série B, il faudra repasser. Death Wish n’est rien de tout cela.

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La meilleure comparaison que l’on pourrait faire pour donner un indice de qualité sur cette production est que le dernier film d’Eli Roth n’est rien d’autre qu’un Hollywood Night. Pire encore, un de ceux qui donnent l’impression d’avoir été financés par la NRA dans le simple but de valider le programme qui est le leur. Armez-vous, cela sauvera vos proches… tirer avec une arme, c’est cool, c’est dans la constitution, vous serez fort beau et attractif sur Tinder (j’exagère à peine vu la finesse du film…). Mais ce qui est vraiment fou tient dans le fait de voir comment Eli Roth passe à côté de son sujet en ne donnant jamais la moindre intensité ou profondeur à son héros. Une machine à tuer réac s’appuyant sur la constitution de son pays et l’amour de ce dernier pour les armes. Le tout pour nettoyer les rues de la racaille et défendre les siens. On pourrait presque dire que cela à des relents de discours d’extrême droite et l’on n’aurait pas tort. Death Wish se veut abrasif et différent des productions de l’époque. En toute sincérité, il faut mieux se pencher sur Death Sentence de James Wan. Sur un pitch similaire, Wan construit une vraie symphonie du chaos avec des personnages principaux et secondaires forts. Le tout doublé d’une vraie réflexion sur les armes et le pouvoir toxique qui s’en dégage. Une réussite qu’Eli Roth n’atteint jamais dans ce douteux Death Wish. Ne perdez pas votre temps. Il y a tellement d’autres films méritant d’être vues. Next…

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