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Deadpool 2, le non film absolument parfait. Chimichinga time.

Deadpool 2 est en salles et sincèrement, qu’est-ce que vous faites encore ici sans votre ticket déjà en main? Non mais sincèrement! Allez on se bouge bordel!

Deadpool 2 est-il un grand film ? Pas forcément, un mauvais film aussi ? Pas le moins du monde. Mais alors qu’est-ce que c’est bordel ? Et bien pour être totalement honnête, nous sommes devant une suite qui réussit à être bien plus fidèle au personnage que ne fut le 1er film, mais du coup devient un véritable anti-film. Oui, Deadpool 2 à l’image de son héros est une œuvre méta jusqu’à l’écœurement, conscient de son statut, Deadpool brise sans cesse la barrière entre l’écran, lui et le spectateur. Jongle avec les références qui n’ont pas lieu d’être dans l’univers de ce film, mélange tout et finit par se foutre littéralement de tout. C’est un pari risqué et casse-gueule dans l’univers assez codifié des films Marvel et Dc, mais c’est aussi ce qui fait la force de cette suite. Si vous n’avez pas eu le coup de foudre pour le 1er film, je doute que le miracle se produise ici. Ryan Reynolds ne cherche pas à se formater dans le moule Marvel. Fidèle à l’ADN de son personnage, il est la plus pure définition de l’anti-héros. Et sous son apparent côté bordélique, la vraie surprise de ce Deadpool 2 est d’offrir au personnage un véritable arc de développement « humain ». Comment définir ce nouveau volet ? Une coming of age story au pays des serial killer. Ou alors un remake sous acide d’ About a Boy par Nick Hornby. Un gamin découvre la famille qu’il n’a jamais eu ainsi qu’un père de substitution improbable et un éternel ado inconséquent et psychotique apprend à devenir adulte après que la vie lui claque le beignet de la plus violente façon possible. C’est la grosse surprise de ce film, il prend le temps de mettre du cœur dans le récit. Et quand je dis cela, je ne parle pas de celui des victimes hein.

deadpool 2 ryan reynolds
Deadpool 2 est cynique, humain, drôle à crever de rire a plus d’une reprise, mais pas forcément ultra-fou dans l’action. Certes, il y a des passages assez fous (l’attaque du camion prison), mais la plus grosse partie du film se joue dans la genèse de ce groupe de cas sociaux en passe de devenir les X-Force (et même là il y a un twist…) et l’éveil de Deadpool vers un statut mental un peu plus mature (juste un peu je vous rassure). Et au milieu de tout cela le scénario a l’idée de rajouter deux personnages en or DOMINO et CABLE. Alors débutons par le plus évident, oui, le duo CABLE/DEADPOOL à l’écran est une petite merveille. L’alchimie entre Ryan Reynolds et Josh Brolin est parfaite. Le cabotinage exubérant du 1er se heurtant sans cesse aux côtés Clint Eastwood du futur du second. Et la plus belle surprise est de voir combien cela fonctionne. Oui, l’on est dans du buddy movie classique, de l’origin story standard pour lancer la suite les concernant. Mais dieu que c’est bon. Et comme le dit Deadpool « rien de mieux que de tuer des pédophiles en duo pour cimenter une amitié ». Et au milieu de ce joyeux bordel de testosérone on découvre Zazie Beetz, après Atlanta, la voir arriver dans le monde des super-héros pouvait faire se poser quelques questions. N’était-ce pas trop d’un coup ? La réponse est non. Badass, drôle et apportant un vrai contrepoint de « presque douceur » dans cet océan de cadavres, elle donne vie à une DOMINO ultra-cool et complètement à l’image du reste du film. Le trio qu’elle incarne avec Josh Brolin et Ryan Reynolds la place dans la position de la petite sœur bien plus intelligente que ses deux frangins et comptant les points au milieu des engueulades de ces derniers. Elle le fait sans que cela ne tombe jamais dans la caricature imbuvable et c’est un peu le bonheur.

deadpool 2 ryan reynolds

Est-ce que l’addition de toutes ses bonnes choses sauvera Deadpool du marasme de l’esprit des haterz déjà au taquet pour vomir sur le film ? Je ne sais pas et d’une certaine manière, je m’en fous. La vraie force de ce film est que pour une fois, il assume du début à la fin même jusqu’à ce que cela devienne lunaire son côté anticonformiste. Oui, dans le fond cette suite est minimaliste aussi bien par ses enjeux que son approche de l’action. Oui, elle se perd dans un univers de blague méta qui ne plaira pas à tout. Oui, elle enfonce le clou avec une séquence post-générique crucifiant celle que Marvel a fait dans plus de 18 films. Oui, c’est le bordel… mais putain que c’est bon. Deadpool 1er du nom souffrait du syndrome du passage obligé de l’ouverture d’une franchise. Avec tout ce que cela implique de codes à respecter malgré tout. Deadpool 2 fait tout voler en éclats, piétine vos attentes et boit les larmes des rageux en dormant sur une énorme pile de bidons d’essences. C’est nihiliste, d’une idiotie flamboyante et j’ai adoré. Validé du début à la fin.

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