Critiques de films Films français Les news

Dans la Brume, The Mist en plein Paris ou presque…

Dans la brume vendait du rêve sur le papier, le 1er trailer était bon. Est-ce que la découverte du film confirme tout ce que l’on en pensait? En partie…

Dans la brume est un petit film étrange qui donne l’impression de vouloir vivre dans la cour des grands blockbusters US et qui aussitôt s’en éloigne pour ne plus être qu’un drama familial sur fond d’apocalypse. The Mist ou Le dernier train pour Busan jouait aussi la même carte, mais prenait aussi le temps de mixer le fantastique et le drama n’oubliant jamais de privilégier un camp face à l’autre. Le résultat pour ces deux films était tout simplement grandiose. Dans la Brume en prenant le parti de n’utiliser l’élement presque fantastique que comme une toile de fond déroute un peu. Certes, le film est propre en termes de réalisations, possède de beaux moments d’émotions et le casting se donne à 100 %. Mais difficile aussi de nier que la route que trace le scénario est cousue de fil blanc. Désamorçant la fin assez rapidement, le film perd toute sa force quand le reveal au bout du tunnel nous est offert. On assiste alors à une fin de récit donnant la vague impression d’être baclée par fautes de temps. Le point pourtant assez particulier face à ce détail est que le film fait à peine 1h30… Mais de quoi parle plus en détail le film Dans la brume allez-vous me dire ? La réponse est ici : Le jour où une étrange brume mortelle submerge Paris, des survivants trouvent refuge dans les derniers étages des immeubles et sur les toits de la capitale. Sans informations, sans électricité, sans eau ni nourriture, une petite famille tente de survivre à cette catastrophe… Mais les heures passent et un constat s’impose : les secours ne viendront pas et il faudra, pour espérer s’en sortir, tenter sa chance dans la brume…

dans la brume romain duris
Un film de SF chez nous, cela se fait rare. Un film qui de surcroit n’essaye pas de singer à outrance les codes US, c’est encore plus improbable. C’est pourtant le cas ici avec ce que nous offre en salles Daniel Roby. Frustrant est peut-être le mot convenant le mieux pour décrire son film. Car ce qui agace est que devant la richesse potentielle en termes d’histoire que Dans la Brume met en place, le scénario prend un malin plaisir a n’en valoriser qu’un tiers. Laissant des tonnes de portes ouvertes pour le reste. Et ce qui devait arriver se réalisa, la frustration pointe le bout de son nez. Comment définir à merveille ce film ? Nous sommes tout simplement devant un long épisode de 90 minutes de Black Mirror ou la 4e dimension. Daniel Roby ne démérite pas en termes de réalisation, même si rapidement l’effet studio se ressent, le film possède une âme. Mais de là à dire qu’il a une épaisseur suffisante pour meubler sans mal ses 90 minutes, c’est autre chose. Dans la brume et malgré l’implication parfaite de Romain Duris et Olga Kurylenko en parents prêts à tout pour sauver leur fille, l’histoire patine un peu. La brume seule suffit-elle à être un vrai danger ? The Mist doublait l’intensité en rendant le brouillard et ses habitants… dangereux pour les héros. Ici et en prenant le parti de rationaliser l’ambiance, Daniel Roby tue a petit feu le potentiel de grandeur de son film. Je le redis encore une fois, Dans la brume n’est pas un mauvais film. C’est même d’ailleurs tout à fait honnête, mais à force de la jouer safe, le film passe à côté de quelque chose qui aurait pu être bien plus mémorable.

dans la brume romain duris

Tout comme dans Seuls adaptation de la BD du même nom, le réalisateur construit un univers dont il laisse tout ce qui le rendrait encore plus fou volontairement en suspens. C’est une chose de ne pas vouloir singer le cinéma catastrophe US et je respecte. Mais cela en est une autre de volontairement nier tout ce qui en fait la force. Dans la Brume prend les habits d’un blockbuster international pour au final être tout son contraire. Oui, il est spectaculaire et l’ambiance est bonne, mais c’est avant toute chose (et parfois trop souvent) un simple drama familial minimaliste ou comme un syndrome pesant du cinéma français une grande partie de l’action se déroule dans un appartement. Cela n’a pas trop réussi à d’autres. Daniel Roby s’en sort avec les honneurs, mais l’on regrette qu’au-delà de la simple brume, le film soit si aride en vrai danger. Choix assumé par le réalisateur ou résultant d’un besoin de faire des économies sur un budget déjà galopant ? Personne ne le saura jamais. Tout ce que l’on sait est qu’en bout de course, Dans la Brume donne l’impression d’être un hommage moderne au cinéma de René Manzor. Mais même là, ce réalisateur mélangeait mieux les genres des années auparavant. Doit-on fuir le film ? Pas le moins du monde. Pour un plongeon dans les arcanes du genre, le résultat n’a pas a rougir devant la concurrence. On reste juste un peu sur sa faim. Nous sommes devant un film au demeurant bon, mais qui avait pourtant tout pour être mémorable. Il ne manquait pas grand-chose.

Pour me suivre ou me contacter...

No Comments

Leave a Reply