Critiques de films Films américains

Danny Collins- Al Pacino- Critique du film

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Avec les années qui passent l’aura d’ Al Pacino a pris un peu de plomb dans l’aile. Tout comme Robert de Niro et malgré le statut de légende qui entoure les deux, ils ont fait des mauvais choix. Et d’un coup au milieu de ce qu’Hollywood nous offre, arrive un petit Danny Collins. Qu’est-ce que c’est allez vous me dire ? Un petit ovni. Un film basique au possible, mais qui se voit offrir une surcouche de plaisir de par l’interprétation ou le cabotinage de Al Pacino diront certains. Que se passe-t-il quand une star sur la fin de son parcours, croulant sous les dollars, la coke et les femmes…commencent à réaliser que sa vie n’est pas celle qu’il aurait du avoir. Il aura suffit pour cela d’une lettre de John Lennon, lui arrivant 40 ans trop tard. Un cadeau empoisonné poussant Danny Collins à remettre en cause l’homme qu’il est, l’artiste qu’il est devenu et tenter malgré l’âge de corriger le tir comme il peut. Est-ce que cela suffit pour autant pour donner naissance à un bon film ? Dans certains cas non…mais avec ce Danny Collins, Al Pacino réussit à prouver le contraire. Et tant mieux, car même quand il cabotine autant qu’un Robert Downey Jr au sommet de sa forme, il reste et de très loin une immense légende.

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Crevons l’abcès immédiatement, oui sur certains aspects de son scénario, Danny Collins a des allures de téléfilms. Les retrouvailles d’un père avec son fils après des années, il est évident que la chose a été refaite dans tous les sens et a toutes les sauces. Est-ce que pour autant, cela en devient un mauvais sujet de cinéma ? Non, car là encore tout dépend du traitement que l’on en fait et Danny Collins réussit intelligemment à mixer rires et émotions au travers d’une galerie de personnages principaux ou secondaires ayant tous assez de places pour exister pleinement dans cette histoire. Que ce soit Annette Benning, Christopher Plummer, Jennifer Garner ou Bobby Cannavale, chacun connaît sa place et son importance dans l’échiquier de l’histoire. Ce qui fait que l’histoire se déroulant sous nos yeux s’en retrouver d’un coup beaucoup plus fluide. Tant mieux, car cela permet à Al Pacino de trainer sa vieille dégaine de rocker pour grand-mère d’un extrême à l’autre. Il survole le film en passant du rire à l’émotion sans le moindre mal, ni sans jamais se forcer. Fut une époque où il cachetonnait, il donne enfin ici l’impression de reprendre plaisir à jouer et cela se sent. Assurant lui-même les chansons de son personnage, il mouille la chemise pour faire en sorte que Danny Collins soit aussi crédible dans sa flamboyance…que sa déchéance. Un vrai boulot d’acteur.

Pour certains en regardant de façon rétrospective la carrière d’ Al Pacino, Danny Collins aura des allures de films anecdotiques. Il l’est peut-être par certains aspects. Mais ne se focaliser que là-dessus serait oublier tout le reste et l’énergie voire même la sincérité que place Al Pacino dans la création de ce rôle. Pendant des années, on la vu errer d’un rôle à l’autre tout comme Robert De Niro faisant des choix plus ou moins discutables. Difficile de se contenter du tout venant quand on a été une légende de son calibre. Mais là pour une fois et même si ce n’est qu’une mise en jambe, on sent Al Pacino avoir l’envie de montrer qu’il en a encore sous le capot. Et il le fait de façon fortement sympathique avec ce Danny Collins. Pourquoi lui dire non alors ? Un petit plaisir à découvrir.

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