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[Critique] X-Men: Days of the Future Past- Critique du film

Parler de X-Men Days of the future Past est difficile tant la chose se joue sur une multitude de niveaux. Le premier et le plus visible étant le désir maladif de Bryan Singer d’effacer toutes traces possibles du X-Men  de Brett Ratner. Sur ce point, il est difficile de lui en vouloir, tant la chose se justifie. Son X-MEN est une suite directe et assez intelligente de First Class ainsi qu’une réécriture complète de la Timeline X-Men. C’est d’ailleurs sur ce point que le sous texte « pervers » du film se met en place. Bryan Singer n’oublie pas un seul instant le fait que lorsque l’on joue avec les timelines d’une mythologie, cela peut avoir des effets directs visibles, tout comme des anomalies pour le moins subtiles qui mettront des années à apparaître où que l’on ne décèle d’ailleurs pas sur le moment. C’est ce qui se passe ici avec la fin du film, ces quelques dernières secondes qui obligent le spectateur à littéralement revoir le film sous un autre angle. Celui menant à un constat fataliste, quoi que l’on fasse comme le dit l’un des personnages, le courant reprendra finalement son trajet un jour où l’autre arrivant à son point de destination. C’est bien le cas ici, mais la chose est amenée avec plus de subtilité qu’on ne le pense. X-Men : Days of the Future Past est autant sur la menace directe que celle qui avance cachée dans l’ombre et dont même à la fin du film, on n’est pas encore pleinement conscient de la présence.

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Le cœur de ce X-Men réside dans ce qui est à venir. Bryan Singer construit son film dans la continuité de First Class pour mener directement vers un seul et unique palier. Une chose résidant dans une seule question : qu’est-ce qui a fait que les X-Men se sont créés . Quelle menace a été assez forte pour donner vie à cette équipe comme on la connaît. C’est là où l’on en revient encore une fois à ce final, remettant en perspective l’architecture même du film ainsi que les actions et dialogues de certains personnages. Et si la véritable menace avait été sous notre nez depuis le début, pendant que celle après laquelle tout le monde court n’avait été qu’une anomalie, voir même une diversion permettant à quelque chose de plus sinistre de se glisser entre les mailles du filet. La trame narrative du film se joue sur plusieurs étages dont le principal reste le triangle amoureux qui se met en place entre Charles, Mystique et Magneto. Une femme au milieu de deux hommes ou l’ingrédient fatal pour briser une amitié ou bien plus d’ailleurs. Que ce soit dans le passé où dans le futur, l’histoire des deux hommes se fait écho de la plus belle des façons. Nous découvrons le début d’une histoire avec ce qui failli la briser et « la fin » de celle-ci avec ce que cela peut amener de retour en arrière, pardon et compréhension des erreurs.

Le film mise sur le futur de la franchise en montrant clairement que même s’ils se respectent l’un et l’autre, la tournure que va prendre la relation entre les deux hommes est synonyme de chaos. Un état de fait qui même si la première tempête est loin derrière n’empêchera pas la seconde de frapper de plein fouet. L’humanité des uns est le fardeau des autres et c’est ici que se trace la ligne de démarcation entre le camp de Charles et celle de Magneto avec sa confrérie. Chose qui amène sur le devant de la scène la philosophie de Magneto que l’on peut résumer à « Vivre ou mourir ». Le film à des allures de mini tragédie tant l’inéluctabilité du combat opposant les deux hommes et leur conception du monde repose sur un postulat de départ simple : la jalousie inhérente à l’amour d’une femme. Le sort de cette dernière aussi d’ailleurs prend une tournure tragique quand on découvre qu’elle est la source de la mort de ses congénères…Arborant un bestiaire de personnages assez conséquent le film ne peut malheureusement pas s’empêcher de subir les mêmes problèmes que de nombreux autres ayant pris la même route avant lui. Il y a clairement deux types de personnages, les premiers rôles et ceux présents pour la semi-décoration. Logan, Mystique, Xavier, Magneto, Beast, Trask…voici quelques noms occupant le centre de la scène. Avec une incursion assez brillante d’un personnage que tout le monde pensait être une catastrophe : Quicksilver. Bryan Singer réussit à prendre en compte la mythologie de ce dernier, ne jamais la mettre à mal et donner vie à un personnage sympathique. Une vision très lointaine de son alter ego dans le prochain Avengers…

Continuant de jouer sur les sous textes politiques et deuxièmes niveaux de lecture que peuvent avoir les comics et les X-Men en particulier, ce DAYS OF THE FUTURE PAST embrasse son statut comic book sans remords. Laissant presque voir ce FIRST CLASS et DAYS OF THE FUTURE PAST comme les deux premiers volets d’une trilogie dont la conclusion sera X-MEN APOCALYPSE. Car oui, c’est bien vers cela que se dirige le film employant un subterfuge digne de celui de JJ ABRAMS dans STAR TREK. Nous sommes dans le même univers, mais modifié de façon visible ou indicible par les myriades de soubresauts de l’histoire. L’idée n’est pas de voir si Bryan Singer a corrigé la timeline existante pour la continuer à partir du même point, mais bien d’essayer de voir là où cette dernière a pris une tournure perverse. L’envie de BRYAN SINGER est de ramener le compas narratif vers un point de départ qui devra culminer par l’élément déclencheur amenant les X-MEN à être ce qu’ils sont. À devenir une légende. Chose qu’ils ne sont pas encore quand le film touche à sa fin. Ce pour la simple et bonne raison qu’aussi dangereuse que puisse être la menace du film, l’aura de fatalité l’entourant laisse planer sur les héros l’ombre d’un autre danger encore bien plus grand. Le genre de ceux d’où ils ne sortiront qu’en étant une équipe. Solide et compacte avec un vrai leader.

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X-MEN DAYS OF THE FUTURE PAST de par sa fin, montre que SINGER bien loin de mettre en pièces le travail fait sur First Class au contraire en est incroyablement respectueux. Mélangeant de façon intelligente sa mythologie du X-MEN 1 et 2 avec celle de First Class, il étend les limites cinématographiques de l’univers des X-MEN pour mieux y laisser suffisamment de places pour que les graines de l’apocalypse puissent s’y développer en paix… Une excellente surprise. À voir !

 

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