Critiques de films

[Critique] White House Down – Roland Emmerich – Critique du film

White House Down…la simple énonciation du titre let la puce à l’oreille du spectateur sur ce qui l’attend. Ici la finesse n’a pas le droit de citer et elle se fait remettre à sa place par l’action. Le genre de celle qui consciente de son postulat de départ totalement idiot (enfin jusqu’à un certain point…) s’amuse de tout et donne au final en pâture à nos yeux ce que l’on attendait. Roland Emmerich amateur de destructions massives et version germanique de Michael Bay a eu légèrement tout comme ce dernier du mal à être pris au sérieux pendant longtemps ( toujours d’ailleurs…) et après quelques tentatives infructueuses, le voici de retour sur ce qu’il sait faire le mieux : détruire des buildings et tout ce qui passe autour. Alors, n’y allons pas par 4 chemins, oui White House Down n’est pas fin une seule seconde. Oui le film pompe allègrement une grosse partie de Die Hard premier du nom dans la caractérisation des héros/méchants, oui le film souffre de passer après le film d’Antoine Fuqua qui traitait du même sujet. Oui tout cela est vrai, on y retrouve même des séquences un poil identiques, mais le fait est qu’en bout de course et c’est ce qui sauve le film d’Emmerich, ce dernier possède un second degré salvateur que le premier n’avait pas. Olympus has fallen se prenait terriblement au premier degré et était par moment une presque parodie ( pas désagréable…) des épisodes de 24. Alors que le film d’Emmerich conscient de ne pas réinventer en quoi que ce soit la roue, s’amuse à brasser les clichés et à les pervertir du mieux qu’il peut. C’est terriblement con, mais diablement sympathique, car sans la moindre once de prétentions.

Oui le mot est là et le film n’en affiche pas la moindre, c’est sa force et sa principale faiblesse. Le but est clair et net : divertir. L’option d’innover sonne un peu comme une sorte d’insulte à la face du scénario et le spectateur devra faire avec s’il veut réussir à passer le cap des deux heures de films. Affichant une fougue encore bouillante quand il s’agit de juste tout détruire, EMMERICH s’amuse en reprenant des idées à droite et à gauche pour aboutir à une version hybride de Piège de Cristal à la maison blanche. Le genre de Frankenstein filmique qui va sans nul doute faire hurler le cinéphile averti, mais qui a de grandes chances d’en toucher une sans remuer l’autre pour la plupart des spectateurs dits normaux. Remettre son cerveau au vestiaire, se divertir et profiter du spectacle. La donne est plutôt limpide et ni Emmerich, ni Tatum et Foxx ne font rien pour la compliquer. Reprenant les codes du Buddy Movie, Tatum et Foxx finissent par créer un duo pour le moins improbable d’efficacité. Tatum vole complètement le show et le fait que le film soit fait uniquement pour lui, offre à cet acteur l’espace nécessaire pour se faire plaisir. Imitant jusqu’à l’excès ce que Bruce Willis avait fait à l’époque du premier piège de Cristal, Tatum s’assure alors l’adhésion du public en partie. Du moins en jouant de façon ouverte et transparente la case de la nostalgie. Celle d’une certaine forme de cinéma où le mot blockbuster catégorie cerveau en option voulait encore dire quelque chose. Emmerich ne fait pas de l’art avec ce film, je doute même qu’au fond cette « quasi-commande » l’intéressait, mais en y apportant son sens technique et une certaine forme de recul sur lui-même, le genre et par extensions son œuvre, il donne naissance à un produit certes bâtard, mais foncièrement plaisant.

Pris au piège de la course à la date de Sortie avec Olympus has Fallen, le film d’Emmerich n’a pas été un succès. Chose au final dommage, vu le plaisir couillon, mais certain que provoque le film. Alternant bêtise intensive avec une vision du terrorisme interne pas si bête, le film d’Emmerich réussit son coup. Je n’en attendais rien, il n’en offre pas forcément plus, mais ma cote d’amour pour Emmerich ne connaît pas la crise. Il était donc écrit que j’étais le client idéal. Mais conscient que les goûts du public en terme de blockbusters sont beaucoup moins prévisibles que les miens, je ne suis même pas surpris de voir le film prendre l’eau en terme d’entrées en salle.  Un sympathique divertissement malgré tout.

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