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[Critique] Victoria de Sebastian Schipper, le polar de l’année!!!

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Victoria de Sebastian Schipper est un tour de force, je ne vois pas d’autres mots pour définir ce film. Un polar ultra réaliste et cauchemardesque mêlant maestria de la mise en scène, excellence du script et perfection dans le casting. Tout était sur la table pour que le film soit une réussite et autant le dire simplement, c’est le cas. Victoria suit une jeune Espagnole travaillant a Berlin et qui en l’espace d’une nuit va rencontrer 4 jeunes fêtards dans une boite de nuit et se laisser aller vers une histoire qui très vite va lui échapper. Le premier point qui met une claque au spectateur dans le film de Sebastian Schipper tient dans le parti pris de départ de Victoria : un plan-séquence de plus de deux heures. Ce n’est pas un artifice cherchant à en mettre plein la vue, c’est au contraire un élément vital dans la mise en place narrative de la descente aux enfers de l’héroïne. Victoria passe de l’innocence vers le chaos en l’espace de quelques heures. Un mauvais choix, voilà comment une vie peut voler en éclats. Victoria joue sur le temps réel et réussit à le faire très vite oublié tant la tension monte en gamme assez vite. Preuve de l’efficacité de l’ensemble. Tour de force absolue, Victoria n’en oublie pas non plus d’être tout simplement un grand film dans son genre à lui. Le polar noir.

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 L’innocence de Victoria repose sur le visage angélique de Laia Costa, l’actrice navigue en l’espace de ces plus de deux heures d’un extrême à l’autre en termes d’émotions. La fin de l’âge de l’innocence, laissant place à une autre femme, plus adulte, réaliste et froide. Là encore, le temps réel couplé au script et à tout ce qu’amène Laia Costa dans son rôle contribue à coller une gigantesque claque aux spectateurs. La force du film est que bien avant de nous plonger dans une spirale sans fin de noirceur, Sebastian Schipper prend le temps de crédibiliser ses personnages. Personne n’est vraiment mauvais dans le groupe de jeunes que Victoria rencontre. Nous sommes juste face à des gens ayant pris des mauvaises décisions et se montrant incapables de les assumer par la suite. Sebastian Schipper met donc en place avec talents les pions sur son échiquier et c’est quand on s’y attend le moins qu’il nous prend par surprise. Une attaque à la gorge dont on ne se relève pas. Tout comme l’héroïne, on se retrouve pris au piège d’une action qui s’emballe, part en vrille, on ne contrôle plus rien. La chute est en route et l’on se dit que le seul espoir restant sera d’espérer qu’elle ne sera pas mortelle. Même si l’on se dit qu’il y a peu de chances que ce soit le cas.

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Victoria de Sebastian Schipper est clairement un bijou dans son genre. Très vite on oublie l’utilisation du plan-séquence, ce n’est plus un artifice, ce n’est plus rien en fait…vu qu’on l’oublie tant l’histoire nous prend aux tripes. Jouant sur la notion de destin et le moment où l’on révèle sa vraie nature, le film n’épargne rien ni personne. L’innocence est un fardeau dont le récit ne s’encombre pas. Il préfère la briser, la piétiner et laisser tout semblant d’espoir agoniser sur le trottoir. La dramaturgie de Victoria porte bien son nom…drame le mot est là et repose à la base du récit. Drame, ce petit monde où des personnages que l’on finit par prendre en sympathie s’aventure dans un terrain d’où l’on ne ressort pas indemne. Impuissant tout comme eux, on les suit au bout de la nuit. Passager silencieux d’un voyage au bout de la nuit. On espère revoir le jour avec eux, mais ce qui se cache dans la nuit de Victoria est tragique dans tous les sens. Touchant du doigt la love story au fur et à mesure que le temps passe, le film prend une tournure dont on cherche à s’extirper. Pas par ennui, mais par sentiment d’oppression. Sebastian Schipper réussit le tour de force sur l’aspect technique, mais aussi du côté de l’humain. On vit à 100% le film s’enfonçant dans ses recoins et cherchant péniblement à s’en enfuir lorsque l’on se rend compte qu’il est trop tard. Les héros de l’histoire ont fait un mauvais choix et nous non…on a fait le bon choix de les suivre. Aussi malsain que cela puisse paraître. Tout cela pour la bonne raison qu’en bout de course Victoria est un véritable uppercut. Brillant sur le fond et la forme, le film de Sebastian Schipper est tout simplement parfait. Jamais un film n’aura autant mérité de voir ce mot le suivre désormais partout où il ira…À voir !

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