Critiques de films

[Critique] V/H/S – Critique du film

Avant toutes choses, un warning de ma part, ne regardez pas le RED BAND TRAILER du film. Il en montre trop (cela n’empêche en rien la peur de naître, mais bon…). Alors maintenant que le warning est mis de côté, parlons de ce V.H.S. Ces derniers temps les films entrant dans la catégorie des « found footage » ont eu un peu tendance à tourner à vide. C’est bien simple, ce n’est pas un Tchernobyl Diaries qui a fait remonter le niveau. Loin de là même. Il n’y avait pas d’originalité dans cette prod et dans ce genre c’est une donnée qui ne pardonne pas. Voilà donc pourquoi comme beaucoup j’attendais VHS comme le messie. Le résultat est sans appel…oh mon dieu !!! La dernière fois que j’avais eu réellement la trouille en regardant un film fantastique ou d’horreur…date de très loin. La maison du diable de Robert Wise de par son intelligence de mise en scène et autres avait su me coller une peur bleue, mais depuis plus grand-chose n’arrivait à ce niveau…du moins jusqu’à l’entrée en jeu de V.H.S. commençons d’emblée par ce qui pourra être un point faible pour certains ( on ne sait jamais, mais qui se justifie totalement d’un point de vue narratif ici), les films en termes de structures laissent beaucoup de places à l’imagination du spectateur pour combler certains trous. Chose totalement logique vue le média et la façon dont ils existent encore. Cela gênera peut-être des gens, mais dans ce cas, cela veut dire qu’ils passeront à côté de l’essence même du film…

V.H.S s’articule autour de « légendes urbaines » et d’une exploration quasi méthodique des peurs parfois primales des êtres humains que nous sommes. Le film se joue en deux temps au travers de l’exploration d’une maison par une bande de cambrioleurs à la recherche d’une cassette vidéo…et aussi en même temps via les films qu’ils découvrent dans cette dernière. L’horreur se joue alors sur deux sphères avec les éléments dans les films qui font grimper la tension de façon très crescendo et aussi dans la maison vu que tout au fur et à mesure que l’on revient sur l’histoire des cambrioleurs, commencent à aller de pire en pire. V.H.S me fait fortement penser à une version ultra hardcore des contes de la crypte. On étudie les cas de figure déclenchant la peur, on mélange les peurs réelles avec celle touchant du doigt des mythes urbains et l’on mélange en secouant bien fort le tout. Mis en scène par un groupe de réalisateurs de la nouvelle génération US du cinéma indé (Ti West (House of the Devil), Joe Swanberg (Autoerotic), Radio Silence (un groupe de réalisateurs), David Bruckner (The Signal), Adam Wingard (You’re Next), Glenn McQuaid (Stakeland) Ce film réussit à créer ce que beaucoup tente d’atteindre sans jamais réussir : la peur. V.H.S ne se contente pas d’enchaîner les codes du genre, il pousse la chose dans ses derniers retranchements et joue sur la perception et l’attention aussi du spectateur. Dans plusieurs sketchs ainsi que dans l’histoire principale, il vous faudra faire attention à l’image au moindre détail…tout comme au son que l’on entend dans le fond. Les indices se trouvent partout et bien souvent ces derniers sont mis en avant pour réussir à déstabiliser en amonts l’esprit du spectateur. La grosse force de ce film est de réussir à comprendre comment créer la peur. Pas forcément par des « cheap scare » comme dans beaucoup de films, mais en installant une ambiance. Un sentiment de malaise et de perte de repères.  C’est classique dans les fondements, mais tellement bien maîtrisé que cela fonctionne et pas qu’un peu !

Dans sa façon d’aborder la peur à un niveau primaire et dans la maîtrise et l’inventivité de sa mise en scène, surtout avec des moyens très faibles ( le dernier segment est une tuerie de mise en scène !!!) je range ce VHS à côté de « la maison du diable » de Robert Wise. L’original, le seul film qui en salle avait réussi à me foutre vraiment mal à l’aise ( bon ok, il y  a l’exorciste, mais là on touche à une autre définition de la peur et du malaise en ce qui me concerne…c’est épidermique…). V.H.S est une des anthologies de l’horreur et de la peur les plus brillantes que j’ai vues depuis des lustres. Certains mettront encore Blair Witch devant, mais il ne faut pas confondre les deux. Blair Witch a ouvert la voie au genre du found footage, V.H.S lui donne ses lettres de noblesse d’une certaine façon. L’élève écrase le maitre. Grosse et agréable surprise malsaine.

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