Critiques de films

[Critique] V/H/S 2 Critique du film

V/H/S 2 est le genre de films que l’on prendra autant de plaisir à porter vers les cieux du genre qu’à le descendre en flammes. Pour être totalement honnête, le film à les mêmes défauts et qualités que son premier volet. Légèrement creux quand on vient à la mythologie de base et parfois totalement en roues libres dans ses sketchs, le film n’oublie pour autant a aucun moment son statut premier, celui d’expérience et c’est ici que se trouve sa plus grande force, celle de donner à des réalisateurs le moyen de s’affranchir du poids parfois très lourd du système. Faire peur, choquer, créer un sentiment de malaise, toutes ces petites choses que l’on prend plaisir à vivre dans le cinéma de genre se retrouve ici pour nous offrir un spectacle aussi inventif que sadique dans certains cas. Impossible de ne pas applaudir à deux mains l’inventivité que développe certains des réalisateurs de ces segments pour faire vivre leur histoire. Tremplin ou récréation, la saga V/H/S est aussi attrayante qu’exaspérante, mais malgré tout, j’admets que j’ai le plus grand mal a la détester. Surtout quand comme dans le cas de ce second volet, elle offre de véritables trésors. Et quand je parle de réussite, je mentionne bien évidemment « Safe Haven » du réalisateur de The Raid (Gareth Evans).

Il y a ceux qui savent tirer parti d’un concept et lui faire prendre sa quintessence sur un format court, puis il y a les autres. Ceux qui se plantent en cours de route. Si je devais en nommer un, ce serait sans nul doute, le premier sketch du film accumulant toutes les mauvaises idées de réalisations en une seule œuvre. Que ce soit dans les effets de mises en scène de la peur au final assez cheap ou bien le scénario en lui-même qui s’effondre en quelques minutes, il faut reconnaître que l’on est en droit de s’inquiéter quant à la qualité globale du film. Pourtant, cette dernière remonte très vite avec le deuxième sketch délire absolu sur le thème des zombies. Gore et rempli de second degré, il réussit à mettre en place une ambiance et un côté totalement jouissif qui jusque-là manquait a ce second volet. Empilant les idées gores les unes à la suite des autres dans la cohésion la plus incroyable, le film rend hommage a un courant cinématographique que l’on juge à tort comme mineur. Agissant comme un véritable révélateur, le film remonte alors en puissance pour exploser de milles feux avec le sketch de Gareth Evans qui est-ce qui se fait de mieux dans V/H/S 2 et dans pas mal d’autres films a sketchs depuis pas mal de temps d’ailleurs. Oui Gareth Evans livre un véritable ovni qui au-delà de son inventivité dans la gestion des effets spéciaux live sur le tournage émerveille par sa narration, sa gestion des différents types de caméras comme outils narratifs et non-gadget et surtout de par la solidité de son histoire.

C’est ici que le concept de la saga V/H/S prend toute sa splendeur. Explosant de loin les limites que s’imposent beaucoup de productions du même genre en studio, le film d’Evans prend la tête du spectateur pour la plonger dans un océan de tripes, de sang et de malaise absolue du début à la fin. Le tout avec un sadisme qui relève au final de l’orfèvrerie. Mais même si le film de Gareth Evans brille de milles feux, difficile de nier qu’en comparaison le sketch clôturant ce deuxième volet sur ses enfants pris au piège d’une maison poursuivie par des aliens et le tout filmé en caméra subjective au niveau du chien fait pale figure. Le concept du film est sa plus grosse faiblesse, découvrir les films est un plaisir coupable, mais malheureusement tout ce qui se passe en amont n’a que peu d’intérêts. Incohérent et creux, les passages se déroulant dans la maison et servant à donner de la consistance au mythe V/H/S font au contraire stagner l’intrigue dans un énorme pot de clichés sans grands intérêts. Expérimental en diable, ce film ne vaut au final que pour deux sketchs et de façons plus général pour l’incroyable tour de force que représente « Safe Haven » leçon de mise en scène et de réalisation sur un format court, il vous fera oublier la faiblesse du reste. Anecdotique et relevant du plaisir coupable sur plus de la moitié de sa durée et incroyablement brillant l’espace d’un sketch ce V/H/S 2 mérite malgré tout que vous lui accordiez un peu de temps pour le plaisir d’avoir envie de vomir grâce a Gareth Evans. Monstrueusement gore !

No Comments

Leave a Reply