Critiques de films

[Critique] Veronica Mars- Rob Thomas- Critique du film

La question que beaucoup de gens se posent face à Veronica Mars le film est la suivante : est-ce que tout cela valait le buzz ayant couru autour du film et son mode de financement pour le moins novateur ( via kickstarter) ? La réponse est dans l’ensemble oui. Rob Thomas réussit à redonner une véritable seconde jeunesse à un univers que l’on pensait au final véritablement clos. Reposant sur un casting d’anciens visiblement heureux de se retrouver dans cette aventure tout comme d’un Rob Thomas au meilleur de sa forme, le film Veronica Mars est définitivement une bonne surprise. Jonglant sur deux champs de bataille distincts : celui devant satisfaire les anciens fans et l’autre où il est nécessaire de parler au nouveau, le métrage réussit un pari assez fou de ne pas trop se planter en cours de route. Certes, il reste nécessaire d’avoir vu la série pour comprendre en profondeur certaines connexions entre les personnages ou blagues sur le passif les liants, mais cela ne se fait jamais au détriment des spectateurs de la première heure. Pour la simple et bonne raison ( et c’est la force et la faiblesse du projet) qu’on est au final en face d’un projet à mi-chemin entre le « film » et le reboot « nouvelle génération » de la série.

VERONICA-MARS

La chose amusante est de voir l’approche que Rob Thomas prend avec Veronica Mars et la relation presque malsaine qui la relie a Neptune High. Il y a en elle un je ne sais quoi de Bruce Wayne face à Gotham City. Même si les deux héros essayent par intermittence de s’éloigner de cette ville, rien n’y fait. L’attirance est trop forte et ils réalisent parfois à leurs dépens qu’ils sont tout simplement faits pour y rester et y faire respecter la loi. Mais pour cela Rob Thomas n’oublie pas que son héroïne n’a nul besoin d’être dépressive en diable ou sans la moindre trace d’humour et c’est justement son atout principal. Le scénario se paye le luxe de balancer de la blague puisant dans la pop culture a la vitesse du kalashnikoff au galop. Kristen Bell ne cache pas son plaisir de retrouver le personnage de Veronica Mars, ce rôle lui va comme un gant et même si les années passent, les retrouvailles se font sans le moindre problème. Là où l’on aurait pu craindre de voir que le casting avait mal vieilli, le scénario de Rob Thomas se révèle malin en montrant que les personnages ont certes gagné en maturité ( pour le meilleur et pour le pire), mais que d’une certaine façon l’univers lui n’a rien perdu de son charme. Prenant habilement le cadre d’une réunion de lycée, Rob Thomas place presque le spectateur dans les chaussures d’un vieux lycéen revenant lui aussi sur les lieux du crime et tout comme Veronica Mars nous retrouvons avec autant de plaisir ce lieu que l’on pensait perdu dans notre passé.

Déstabilisant par certains aspects, il y en a un que l’on ne pourra nier. C’est minime, je l’avoue, mais effectivement le scénario donne parfois l’impression d’être celui d’un grand téléfilm de luxe. Comme si HBO avait vu grand pour produire le pilote de sa nouvelle série. Car, c’est ici que se joue l’effet secondaire imprévu. Quand la fin arrive, on se rend compte que la mécanique mise en place par Rob Thomas est diablement intelligente, les personnages toujours aussi agréables ont grandi avec nous, l’époque n’est plus la même. Les personnages ont su évoluer avec le temps et se fondre à merveille dans l’époque qui est la nôtre. Insidieusement Rob Thomas montre que sa création, ses personnages et son univers fonctionnent toujours aussi bien. Le tout ne fait que rendre encore plus inclassable ce projet. Porté par l’amour des fans, ce film Veronica Mars est revenu des morts grâce à eux et la surprise faite par l’équipe est de montrer à quel point ce nouveau chapitre offre de solides possibilités de continuation…sur un format à priori épisodique tout comme cinéma le cas échéant. À la croisée des chemins de financements, Veronica Mars pourrait aisément voir son avenir se dessiner à la croisée de différents médias traditionnels ou non. Là où beaucoup craignait le pétard mouillé, Veronica Mars est une belle explosion de souvenirs. Kickstarter serait-il définitivement le nouveau moyen de faire du cinéma ? Veronica Mars le film démontre que c’est une probabilité à ne plus exclure de la table des négociations désormais. À voir !

1 Comment

  • Reply
    Loriane
    mars 11, 2014 at 11:49

    En tout cas, ta critique donne encore plus envie de voir ce film que j’attends depuis… depuis ma frustration profonde à la fin de la saison 3. Lucky you pour y avoir déjà eu droit !

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