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[Critique] Valley of Love de Guillaume Nicloux

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Pas simple de parler de Valley of Love de Guillaume Nicloux. Ce n’est jamais évident de parler de l’œuvre d’un auteur quand cette dernière nous a au final complètement laissés à la rue. Le film de Guillaume Nicloux possède un océan de problèmes en son cœur. Une isabelle Huppert qui n’est bizarrement pas bonne du tout, un scénario qui devient poseur et se perd dans des délires dignes d’un sous David Lynch sous l’influence de Godard. Pour faire simple, Valley of Love de Guillaume Nicloux compile un peu en un film tout ce que l’on déteste dans le cinéma d’auteur français. On en ressort fatigué ayant trouvé le temps malheureusement long. Je dis bien malheureusement pour la simple et bonne raison que l’idée de départ : Un vieux couple divorcé se retrouvant dans la Vallée de la mort pour accomplir les dernières volontés d’un fils s’étant suicidé n’était pas mauvaise. Je ne dis pas que la chose était originale, mais à défaut, il y avait moyen de faire quelque chose. Mais cette possibilité malheureusement a disparu en route perdue dans le bouillonnant esprit de Guillaume Nicloux. Valley of Love est un de ces films où l’on finit par ne plus vraiment comprendre où veut en venir le réalisateur. Les instants gênants se suivent et ne se ressemblent pas, mais surtout ne se justifient pas vraiment. Et à la longue, cela handicape le récit et amoindrit l’assiduité du spectateur.

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Valley of Love de Guillaume Nicloux possède pourtant un bon point : Gérard Depardieu. Guillaume Nicloux joue sur une certaine forme de mystère, les deux acteurs jouent-ils une version d’eux même ? Dans le cas de Gerard Depardieu, cela prend du coup une autre tournure. L’histoire personnelle de son fils avec qui ses relations étaient conflictuelles se recroise avec celles fictives du film. Cela donne du coup à ce dernier et à la performance de Gerard Depardieu une tonalité particulière. Mais aussi en quelque sorte une certaine authenticité. Le genre de celle qui fascine autant qu’elle dérange de par les choses dont elle se nourrit. Mais après avoir fait un sacré paquet de navets, on peut reconnaître a Valley of Love de Guillaume Nicloux le mérité d’avoir réussi à nouveau à faire jouer Depardieu. Son personnage d’acteur à un tournant de sa vie expiant ses fautes enfouies a quelque chose de beau et l’on regrette qu’en face Isabelle Huppert soit si fade. Artificielle et anecdotique, elle n’existe pas contre Depardieu. L’essence même du film reposant sur l’unité de ces deux personnages qui se retrouvent, si l’un est faible dans son jeu, le château de cartes chancelle. C’est le cas ici. La mise en scène et les sorties de routes pas très compréhensibles de Guillaume Nicloux n’aident pas non plus l’ensemble à rester debout.

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Valley of Love de Guillaume Nicloux en devient donc en combinant tous ces aspects les uns à la suite des autres un objet étrange. Partant d’une émotion sincère, le récit se pervertit et se parodie au fur et à mesure que la marche dans le désert s’entame. Et sans que l’on ne puisse plus rien n’y faire, on commence à trouver le temps tellement long. Le fait de créer un film d’auteur est respectable, mais quand ce dernier s’enferme très vite dans une niche et ne se destine plus qu’à une certaine tranche du public, il y a un souci. L’autre tient dans le côté psychanalyse à ciel ouvert de Depardieu avec l’histoire de son fils. Ce n’était peut-être pas le but au départ, mais le film en joue beaucoup. Gerard Depardieu sait faire en sorte de puiser dans son passé pour créer une performance humaine et réaliste, c’est à la fois très beau…mais terriblement gênant par moment. Guillaume Nicloux en cultivant l’incertitude sur la nature réelle de Gerard Depardieu ( lui-même ? Une allégorie ?), enfonce le clou. On ne saura jamais pour lui ( Depardieu) ni pour elle ( Huppert). Cela aurait pu être du théâtre et certains aspects « fumeux » auraient peut-être pu être digérés plus facilement par le biais d’artifices de mise en scène live. Mais ici la plupart du temps cela tombe à plat. Ou du moins, cela décolle pour ne jamais retomber et l’on cherche désespérément tout du long, la chute, l’explication, le sens. Valley of Love de Guillaume Nicloux aurait pu être grand et aura au moins le mérite de remettre en avant un Depardieu qui fait vraiment l’acteur, mais au-delà de ce point, c’est surtout un film qui passe totalement à côté de son sujet. Dommage pour Guillaume Nicloux.

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