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[Critique] Une rencontre – Liza Azuelos- Critique du film

Une rencontre de Liza Azuelos avec Sophie Marceau: Elsa écrivain, et Pierre, avocat, se croisent lors de la soirée de clôture d’un salon du livre : un regard, un briquet qui change de mains, des rires un peu trop nerveux, le frémissement d’une histoire possible… Une rencontre ? Sauf que la vie de Pierre, c’est d’abord sa famille : ses enfants et Anne, sa femme depuis quinze ans, celle qui l’aimera toujours, et qu’il aimera toujours, en dépit de la routine et du temps qui passe, il le sait. Elsa, de son côté, se reconstruit peu à peu suite à un divorce compliqué, se partageant entre l’écriture, ses ados qui grandissent trop vite, ses amies et une histoire légère comme l’air avec Hugo, son jeune amant. Pour elle, l’homme marié est un tabou et même pire : une erreur. Pourtant… Dès le premier regard, la rencontre de Pierre et Elsa s’inscrit dans une temporalité différente, comme si présent et futur possible se dédoublaient, s’entrechoquaient… jusqu’à créer une réalité où tout serait possible.

Une rencontre de Liza Azuelos est un film totalement bizarre. Sans cesse à la limite de l’explosion en vol, prompt à se faire fusiller en place publique pour ses mélanges de genres pas catholiques et pourtant…même si la liste des défauts pourrait continuer pendant des heures, il y a un petit truc. Le film au final ne ment pas vraiment sur la marchandise, tout est dans le titre « Une rencontre » Liza Azuelos ne cherche jamais à aller plus loin, bien qu’elle y ajoute une petite pirouette science-fiction en bout de course pour justifier le tout. C’est un peu comme si un scénario non utilisé de la 4e dimension tombait dans les mains du directeur artistique d’une agence voulant faire un film promo pour un parfum. C’est cliché, c’est niais, c’est diablement creux par endroits, mais Liza Azuelos possède deux atouts dont un d’ailleurs qui rendent la chose presque supportable : Sophie Marceau et François cluzet. Une romance se batit sur le couple que l’on voit à l’écran. Est-ce que l’on a envie d’y croire ou non ? Est-ce que cela fonctionne à minima ? La réponse est oui grâce à Sophie Marceau.

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Comment ne pas tomber sous le charme ? Liza Azuelos au travers de ce film nous met dans les pompes de François Cluzet pendant tout le temps du récit. On est le monsieur tout le monde sous le coup d’une rencontre qui donne envie de tout envoyer valser. On s’abandonne, on voit la vie en rose et on pense de travers en s’imaginant que la vie est digne d’une pub pour un parfum. D’ailleurs, c’est un peu dans cette optique que tout le film est mis en boite. Mais là encore même si Lisa Azuelos commet l’erreur de rallonger son récit artificiellement avec les ajouts des personnages d’ados ( le récit n’étant déjà pas bien long, ce n’est pas son idée la plus brillante…) du coup le retour sur Terre peut parfois paraître assez rude tant ces fameux passages sont mauvais. Mais la chose amusante avec “Une rencontre” est que dans une certaine mesure son côté totalement raté est ce qui fait son charme. Renforcé en partie par le twist de fin qui justifie “en catastrophe” le parti pris de départ et tente de clôturer tant bien que mal les zones floues de l’histoire. Sur la route de Madison avait le même coeur, mais aussi beaucoup de chair en plus. C’est ce qui fait défaut à l’histoire et rend au final frustrant l’expérience que propose Liza Azuelos. Car, il faut bien se rendre compte d’une chose, son film en l’état actuel n’est rien d’autre qu’un brouillon reposant sur une bonne idée de départ jamais exploitée à fond.

C’est d’autant plus énervant que Sophie Marceau tout comme François Cluzet sont des bonnes idées de casting, l’alchimie est parfaite. La question donc reste de savoir pourquoi la réalisatrice a donc quitté le navire en plein voyage, laissant le pilote automatique faire le reste? Et comme dirait Patrick Swayze, quand on a Sophie Marceau en lead, “Nobody put baby in a corner”.

 

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