Critiques de films Films français

[Critique] Un peu, beaucoup,aveuglement- Critique du film

un-peu-beaucoup-aveuglement-551e5591ddb87

Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir…

Il n’est jamais véritablement évident quand on s’aventure dans le domaine de la comédie romantique d’innover. C’est un domaine piège souffrant d’un point récurent…les gens savent à quoi s’attendre. Enfin du moins dans le cas de la majeure partie des comédies romantiques. Les bonnes allons nous dire. Du coup quand on voit un acteur débuter son passage à la réalisation en se lançant là dedans, on a en premier lieu un doute. Mais là encore, je me permets de rappeler qu’Edward Norton avait fait de même là où l’on ne l’attendait pas et que le résultat avait été très bon. Il en va de même avec Clovis Cornillac pour son premier film « Un peu, beaucoup, aveuglément »

« Un peu, beaucoup, aveuglément » est certes classique dans sa narration, on ne va pas se mentir. Oui dans ses 20 eres minutes tout n’est pas parfait en termes de réalisation. Mais soudain d’un coup tout cela s’envole derrière le plaisir que l’on prend à s’investir dans cette petite histoire et vivre ces petites tranches de vie. C’est sur ce point précis que Clovis Cornillac se rattrape intelligemment, il donne à son film un supplément d’âme « salvateur » en mixant le respect des codes de la comédie romantique ( ne jamais négliger les seconds rôles) et en y ajoutant par instant des élans très « théâtre » qui donne d’ailleurs naissance à l’une des plus belles scènes du film…un diner en aveugle chacun dans un appartement. « Un peu, beaucoup, aveuglément » prend son temps pour installer les personnages et développe tranquillement l’univers qui est le leur. La chose primordiale d’une comédie romantique est aussi la plus évidente, sans un coup dans lequel on se retrouve ou que l’on prend plaisir à suivre dans les péripéties les plus folles, il n’y aura jamais rien. Cela sera de l’amour platonique et dans une comédie romantique ce sentiment n’a pas sa place entre le film…et le spectateur.

un-peu-beaucoup-aveuglement-film-Lilou-Fogli-Melanie-Bernier

Mélanie Bernier et Clovis Cornillac représentent parfaitement les types de personnages que l’on aime suivre dans ce genre de films, l’ours et la princesse timide. Mais là où Clovis Cornillac s’amuse à changer un peu la donne est dans la façon dont il imbrique l’univers de Mélanie Bernier et son personnage dans le sien. La douceur et la poésie timide la caractérisant se heurtent à l’apparente dureté de son personnage. Tout n’est qu’apparence et façade, mais l’un dans l’autre, l’association des tempéraments finit par faire fondre la glace. Le feeling passe entre les deux à merveille…même si pendant un énorme laps de temps…ils ne se voient pas. Mélanie Bernier en pianiste aussi talentueuse dans son art que socialement inadapté dans la vie de tous les jours est terriblement craquante. Et c’est le prérequis de base pour l’actrice principale d’une comédie romantique, on doit aimer ses défauts, supporter son indécision et au moment de l’addition se dire que la somme des deux n’enlève rien au plaisir que l’on a eu à la suivre pendant le film. Tout est question d’alchimie et surtout d’équilibre. La vraie belle chose de « Un peu, beaucoup, aveuglément » est que Clovis Cornillac ne tire jamais la couverture à lui comme acteur. Il donne au contraire beaucoup de places aux seconds rôles du film pour exister. Et c’est son coup de génie.

un-peu-beaucoup-aveuglement-Melanie-Bernier-role-machine

Car de ce fait Lilou Fogli et Philippe Duquesne existent à égalité avec les rôles principaux. Il y a dans le jeu de ces deux personnages un je ne sais quoi de comédie anglaise. C’est d’ailleurs un peu ce feeling qui ressort de « Un peu, beaucoup, aveuglément », Clovis Cornillac avec ce film ne réinvente pas la roue, mais il se permet de tracer sa route en imprimant à l’histoire une âme et surtout une finesse qui fait du bien. « Un peu, beaucoup, aveuglément » est un petit ovni dans le paysage des comédies françaises, ce n’est pas vulgaire, c’est fin, drôle et attachant, cela privilégie les personnages avant la gloriole perso et au final on en ressort avec un grand sourire. Le genre de ceux qui se collent sur notre visage peu après le début du film et ne nous lâchent pas en cours de route. Je n’attendais rien du film et j’en suis reparti sous le charme. Bien jouer monsieur Cornillac.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply