Critiques de films

[Critique] Un jour – Lone Scherfig- Critique du film

Synopsis : Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d’études et décident…de rester amis. Lui est insouciant et frivole, elle est bourrée de complexes. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont s’adorer, se séparer, se détester, se manquer… finiront-ils par comprendre qu’ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils sont ensemble ?

One Day déchaîne les passons niveau critique, pas vraiment de juste milieu possible. Soit, on aime où soit on déteste. Même si j’aime le film et en reconnaît certaines de ses carences, je ne vois pas forcément pourquoi il s’est pris une telle volée de bois vert dans les dents. En effet, à aucun moment, il ne cherche vraiment à tromper le spectateur sur la finalité de la marchandise. Mélange presque parfait entre comédie romantique et mélo de base, le film avance du début à la fin sans trop d’écueils. Le casting et l’alchimie existante entre les deux acteurs/personnages y est pour beaucoup. La construction du film s’étalant sur de nombreuses années aide quelque peu à faire passer un des problèmes majeurs du film pour moi à savoir Jim Sturgess. Oui le personnage à un capital sympathie dans certains segments, mais sur la longueur et surtout du au fait que le personnage vieillit sous nos yeux, je n’ai jamais vraiment eu le sentiment que Sturgess était le bon acteur pour le rôle. On ne voit en lui que l’ado du début du film et même si le maquillage essaye de dissimuler cela, rien n’y fait. Du coup, l’évolution de son personnage en pâtit un peu et l’adhésion du spectateur par la même occasion. Chose bizarre Anne Hathaway qui aux yeux de certains pourrait souffrir du même syndrome s’en sort beaucoup mieux. Dotée d’une grâce et d’un charme fou, la demoiselle réussit à transcender le côté au final très classique de son personnage. Ce qui nous amène vers le problème numéro 1 de ce film. Certes, il s’agit d’une belle histoire et les sentiments que l’on y voit s’animer à l’écran peuvent ou non toucher au cœur. Mais dans l’histoire de la comédie mélodramatique et romantique, One Day ne réinvente pas forcément la roue. En même temps, on sait aussi pertinemment à quoi s’attendre lorsque l’on va voir ce genre de films.

David Nicholls écrivain du roman d’origine se retrouve à la manœuvre autour de l’adaptation du roman en scénario. Le résultat garde une certaine fraîcheur, le changement de médium a dû lui offrir l’occasion de se renouveler un peu ou d’expérimenter certaines choses qu’il n’avait pu faire lors de l’écriture. Imprimer ses idées sur une page blanche et sur une pellicule de films sont deux choses diamétralement différentes. L’approche et l’attention que cela demande nécessitent de ne pas céder à la trop grande facilité. C’est peut-être là que le bât blesse. À première vue, l’idée de sauter d’année en année à la même date peut paraître bonne, mais bizarrement ce qui fonctionne bien sur le papier finit par montrer au bout d’un moment sur l’écran un côté redondant qui agacera. Est-ce que cela tue le capital sympathie du film ? Non pas vraiment, cela le fait juste passer de la case du mémorable a correct. On a vu, pire j’en conviens. À cheval entre plusieurs générations de mélo, le film se cherche et a parfois du mal à savoir à quel public il s’adresse et surtout comment. Les personnages vieillissant au fil du film, le ton s’adapte, la légèreté des débuts fait place à un côté fataliste. On aime ou pas, mais difficile de nier que par moment, les sauts d’ambiances marchent moins bien. Pénalisant un peu l’ensemble.

Histoire d’amour jolie, mais pas forcément mémorable comme tant d’autres, One Day se retrouve avec au final autant de défauts que de qualités. Complément intéressant du livre qu’il étaye sans jamais pourtant le dépasser, cette version cinéma reste un agréable divertissement pour ceux aimant le genre. Les autres n’y verront que les tares habituelles leur faisant fuir ce genre de long métrage à toutes jambes. La seule évidence imparable à la fin de ce métrage est que le sourire d’ Anne Hathaway reste une arme de séduction massive totale sur pellicule. Agréable, mais définitivement pas indispensable.

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