Critiques de films

[Critique] Transformers: l’âge de l’extinction

J’ai toujours eu une passion sincère pour Michael Bay. Le mec est un déviant qui se joue du système pour créer des ovnis parfaits. Bad Boys 2 en est l’exemple type. Mais c’est aussi un homme qui avec le temps prisonnier de son image et de voir qu’on ne le laisse pas aller vers d’autres horizons aussi facilement qu’il le voudrait est devenu une sorte de version plus redneck de George Lucas. Pain and gain a semble t-il été financé uniquement à la condition que Michael Bay réalise le dernier Transformers. Résultat des courses, Pain and Gain était génial montrant une autre facette de Bay…tandis que ce dernier Transformers se range directement dans l’ombre de la dernière trilogie Star Wars mise en scène par George Lucas. A savoir quelques bonnes idées perdues dans un océan de choix artistiques complètement douteux.

Ce nouveau volet de la saga Transformers fait presque illusion lors de son démarrage. L’humour bas de plafond est moins présent, l’adjonction de Mark Whalberg en lead donne une autre tonalité au projet et l’espace d’un instant on se met à croire à l’impensable: que ce Transformers a toutes les chances de tenir ses promesses. L’idée de voir les Autobots traquer, exterminer et dos au mur d’une population les craignant comme la peste après la Bataille de Chicago du dernier film est bonne. Malheureusement, c’est lors de l’exploitation de cette dernière que les choses se compliquent. Le scénario du film explose en vol en mélangeant toutes les intrigues. Les créateurs des Transformers traquant Optimus Prime, l’alliance entre les humains et Lockdown le chasseur de primes, la multinationale qui crée des nouveaux transformers, la cellule de la CIA qui traque et abat les autobots…Bay avait pourtant en 2h40 le temps de créer quelque chose d’intéressant et stable en dosant habilement l’action et le développement d’une nouvelle mythologie. Malheureusement, il échoue à peu près sur tous les fronts. Transformers: l’âge de l’extinction est un gigantesque foutoir où les scènes narratives se trainent en longueur de la façon la plus inutile qui soit pour ne rien amener de fou au final, que les scènes d’actions se répètent advitam d’un film à l’autre.

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Pire que tout, c’est la lassitude de Bay face à la franchise qui transparaît aux 4 coins de l’écran. Mécanique, la réalisation semble suivre une ligne toute tracée. Oscillant entre auto parodie et photocopie poussive de ce qu’il a déjà fait dans les précédents films, Michael Bay ne cherche plus vraiment à surprendre, d’ailleurs le désirait-il véritablement? Lassé et un peu à l’image du héros du film “Optimus Prime” Bay est le messie de service a qui l’on demande encore et toujours de mener la même bataille. Identique au vieux camion rouillé du début derrière lequel se cache Optimus, la mise en scène de Bay s’empâte et son désir de surprendre ( du moins sur cette saga aussi…). Transformers: l’âge de l’extinction réussit par instant à donner le change ou même créer l’illusion, mais souffre d’une bonne heure de gras inutile dans son récit. Une heure alourdissant passablement le scénario et l’enfonçant dans un marécage d’indécision et de choix narratifs fumeux. Ambitieux à la base et complètement foireux au final, difficile de ne pas être déçu face au résultat qu’affiche ce film.

Il devient évident à la vue de ce dernier volet et son final que la suite du film se voudra encore plus ambitieuse, mais cette dite ambition ne pourra se matérialiser que dans les mains d’un homme ayant une vision. C’est justement ce qui désormais manque cruellement à Michael Bay pour la saga Transformers. Le George Lucas qu’il est devenu à fini de tuer le Spielberg sous acide qui dormait en lui. C’est triste et confirme que la seule chose qui pourrait “sauver” la saga Transformers serait que Michael bay la quitte.

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