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[Critique] A toute épreuve- Antoine Blossier- Critique du film

Lycée Le Corbusier, un lycée quelconque ou presque… Greg passe son bac cette année et c’est loin d’être gagné. Pour continuer à vivre son grand amour avec Maeva, il envisage un casse improbable, un casse qui doit être invisible et pour cela il monte une équipe, leur mission : voler les sujets du bac.

Réaliser un film pour ados en France, n’est pas forcément une chose simple. On se heurte à un écueil de taille, celui d’un flot de clichés et d’une vulgarité parfois bas de plafond qui tue la chose dans l’oeuf. Pour une réussite, combien de ratages? La tâche d’Antoine Blossier n’était donc du coup pas forcément simple, voir même pas du tout et c’est une surprise encore plus agréable en bout de course que de voir ce “A toute épreuve” réussir à surprendre très agréablement. Drôle, rythmé et alliant humour punchy avec un fond plus proche des comédies indépendantes US, le film s’éloigne des stéréotypes basiques pour aller plus rapidement vers certains des classiques dont il s’inspire. On pensera sans mal a Ferris Bueller, dont le film d’Antoine Blossier est en quelque sorte une version sous acide. Le tout pour un résultat diablement efficace.

À toute épreuve joue sur différents angles, la comédie pure et dure, le film dit chez l’oncle sam “ de coming of age story” et d’un autre côté, celui du film de casse. Mélanger la chose pour faire en sorte de le rendre cohérent à quelque chose de fou et pourtant la mission est loin de s’avérer être un échec. Bien au contraire. Porté par Thomas Soliveres, le film réussit à se construire en affichant clairement sa différence. Loin de jouer au jeu du copier-coller avec les autres productions du m^éme genre, Antoine Blossier construit un univers loin d’être irréel. Certes l’aspect comédie dillue l’aspect sérieux, mais ce n’est pas pour autant que l’émotion disparait. Thomas Soliveres et l’histoire de son personnage se révèlent être les convoyeurs d’émotions dont le film a besoin, que ce soit dans sa relation avec sa petite amie en devenir, ou sa mère ( excellente Valerie Karsenti), l’histoire ne perd jamais de vue la route de l’émotion. Et du rire d’ailleurs. Deux surprises dans des registres différents s’affichent dans le film. La première est du au personnage de Marc Lavoine. Directeur d’école psychorigide et hilarant de par son second degré involontaire, il joue ici un rôle parfaitement à contre-emploi. Touchant, maladroit, complètement flippant, tout s’entremêle sans pour autant créer le moindre malaise dans la partition qu’il récite. Marc Lavoine est une Rolls répondant au quart de tour aux intentions de son réalisateur. La fusion parfaite en quelque sorte. Tout comme avec sa partenaire Valerie Karsenti avec qui il forme le pendant adulte de l’histoire. Romance à deux étages, le film d’Antoine Blossier joue aussi bien sur le public adolescent qu’adulte.

Sans pour autant oublier de jeter une sacré dose de second degré au milieu. Un bon exemple de cette recette dit du contre-pied pourrait être « La fouine ». Le cerveau du crime…ou du moins ce qu’il en reste. Abordant son rôle avec un sérieux que je ne lui connaissais pas, Laouni crée un personnage détonnant et intéressant à voir de par le fait qu’il n’hésite pas à se foutre ouvertement de lui-même. Cela surprend au démarrage puis l’on en vient à se dire que malgré les a priori que l’on pouvait avoir, le monsieur révèle un sens assez peu commun pour la comédie. Mis bout à bout, l’édifice que représente l’histoire du film repose sur un socle profondément humain et c’est peut-être ce qui fait toute la différence. En choisissant de ne pas toujours tout miser sur la vanne et de parfois prendre le temps d’humaniser ses personnages, pour les faire sortir de la case cliché, Antoine Blossier donne vie à un petit Ovni. Le genre de ceux qui dénotent face à la compétition et aux attentes du public mais qui à n’en pas douter ne feront qu’accroître leur pouvoir de nouveaux visionnages avec le temps. Une très sympathique surprise.

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