Critiques de films

[Critique] The Innkeepers- Ti West- Critique du film

Après cent ans d’existence, l’hôtel The Yankee Pedlar n’est qu’à quelques jours de sa fermeture définitive. Les derniers employés Claire et Luke sont bien décidés à profiter du peu de clients pour lever le mystère de cet hôtel considéré comme le plus hanté de la Nouvelle-Angleterre…

The Innkeepers est un film trompeur. La fois où j’ai découvert cette 1ere bande-annonce j’avais de grands espoirs pour le film. On y décelait une tension palpable et la promesse d’un film d’horreur d’ambiance assez intéressant. Malheureusement pour moi, j’étais encore sous le charme d’une bande-annonce relativement mensongère, car au final Innkeepers est un peu le American Pie de l’humour horrifique à la sauce Blair Witch. De la référence second degré des personnages décalés, de l’horreur un poil facile et oubliant de respecter les codes inhérents à ce genre. Oui ce film est un produit un poil bâtard. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe quand on en vient au fond des intentions du réalisateur.  Vrai film d’horreur ou démystifaction de la masquerade qu’est devenu le cinéma d’horreur de nos jours ? Volontairement  ou non, le film ne cesse de passer d’une case à l’autre au risque de perdre ses spectateurs en route. La raison en est simple, à force de se focaliser sur ces deux personnages principaux très sympathiques au demeurant, mais assez inintéressants à un simple niveau dramatique, le film manque toutes les occasions qu’il se crée de mettre en place un peu de tension ou au mieux de l’empathie. On en ressort en se disant que l’ensemble est tout de même affreusement long et chiant, ce qui est d’autant plus rageant qu’en soi la réalisation n’est pas mauvaise.

Visiblement en pleine possession de ses moyens de réalisateurs et connaissant ses classiques d’antan, le réalisateur met en place une sorte de grand huit clos pas forcément insupportables. On regarde l’ensemble et l’on se dit que la retenue qu’il applique dans sa mise en scène change de l’orgie d’images que les jeunes réalisateurs mettent en place. C’est un bon point de départ, puis vient en place le premier point inquiétant : l’humour. Un poil trop présent, mais supportable dans un premier temps, il finit sous différentes formes 1er ou second degré compris à prendre le pas sur la ghost story et la peur tout court. Du coup on se prend les pieds dans les attentes que l’on avait et l’on hérite du film contraire que l’on nous avait promis. Car, il faut bien le reconnaître Innkeepers ne fait pas peur une seconde, il n’étonne pas non plus pour la simple et bonne raison que les 3 quarts des effets de peur que le réalisateur met en place son déjà vu pour la plupart. Pire encore il dilue tellement les révélations autour de l’histoire de l’hôtel, des fantômes et du drame qui s’y est produit qu’on reste faute de temps sur sa fin. En effet, on hérite de la décoration du plat sans jamais pouvoir y croquer à pleines dents. Le film finit par devenir un produit absolument sans saveur.

Difficile en effet de bien définir les intentions du réalisateur, tant la construction de son scénario part dans tous les sens et érige comme important des pans entiers qui n’auraient jamais du être ailleurs qu’en 2e ligne narrative et qu’il laisse volontairement les plus importants/intéressants loin derrière la ligne de flottaison. On en ressort l’esprit en coton, conscient d’avoir lutté pour ne pas sombrer dans le sommeil à plus d’une reprise. Comédie involontaire et véritable occasion ratée de faire un film d’horreur à l’ancienne et véritablement atmosphérique plus que démonstratif, Innkeepers décide au contraire de jouer la carte du soporifique sous l’aspect trompeur du film de pop culture fantomatique. Excuse en carton pour cacher le côté foutraque et sans grand intérêt de l’ensemble. Direct to Vidéo déjà vu 100 fois, inutile de perdre votre temps sur ce film, il y en a d’autres dans le même genre qui sont 10.000 fois mieux. Grosse déception…

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