Critiques de films

[Critique] The Call- Brad Anderson- Critique du film

Une adolescente est kidnappée par un tueur en série. Pour la sauver, une opératrice d’un centre d’appel d’urgences va affronter ses propres peurs liées à une tragédie de son passé. Leur seul lien : un téléphone portable. Une course contre la montre commence… Chaque appel pourrait bien être le dernier.

Parfois certains films perdent leur temps à vouloir être autre chose que la destinée de base les attendant dès le départ. Quand on cherche a mixer plusieurs genres les uns avec les autres sans raison, on finit bien souvent par mal faire, puis au milieu du lot, parfois on a le plaisir de découvrir un film qui ne cherche pas forcément plus que de divertir ou d’amuser avec une petite dose de sadisme et qui au final le fait avec un certain brio. Alors oui, on peut effectivement dire que « The Call » de Brad Anderson ne révolutionne pas le genre, qu’en effet il comporte par moment des effets de styles douteux, mais le plus sympathique est qu’en bout de course et ce malgré les appréhensions que l’on pouvait avoir, il réussit son coup. Mécanique dans sa construction, le film de Brad Anderson s’amuse pourtant en pleine partie a pervertir la donne pour très rapidement lors du final arriver à quelque chose d’assez inattendu vu la position de départ.

Cellular avec Chris Evans partait d’une situation à peu près similaire, retrouver un otage en temps réel tout en maintenant la communication téléphonique avec lui. Cela fonctionnait plus ou moins bien, l’humour supplantant parfois la tension. Brad Anderson ne joue ici pas vraiment la même carte. Mettant en place un tueur pour le moins « cliché » mais sans la moindre pitié et deux héroïnes que rien ne prédisposait à se rencontrer, voici que le réalisateur dispose d’un canevas narratif classique, mais efficace dont il décide de prendre soin. Le film de par sa durée standard, voir même très courte impose une gestion du temps assez efficace et dans l’ensemble c’est le cas. Pour autant Anderson réussit plutôt habilement à jongler entre les différents impératifs narratifs de l’histoire : mélanger l’aspect humain pour les personnages de Halle Berry et Abigail Breslin et créer la tension avec ce personnage de tueur. C’est d’ailleurs au travers de ce dernier qu’il s’amuse le plus. Possédant un personnage pour le moins sans véritables limites, il fait en sorte d’utiliser ce dernier avec une joie malsaine assez évidente. Totalement imprévisible, voici qu’à défaut d’être mémorable, il fait en sorte de maintenir l’histoire à bout de bras. Opérant de par sa nature « négative » une partie de ping-pong permanent entre lui et Halle Berry. L’objectif étant bien évidemment de détourner temporairement l’attention du personnage d’Abigail Breslin pour mieux prendre dans la figure la métamorphose dans le dernier acte…

Sans jamais s’imaginer être autre chose qu’un très sympathique divertissement, The Call s’amuse des us et coutumes en vigueur dans ce genre de films. Réussissant à maintenir pendant son second acte une tension assez certaine et qui plus est « réaliste », le film gagne en intensité pour amener le spectateur irrémédiablement vers ce 3e acte. Lieu où l’histoire change, signe de l’amusement qu’Anderson prend à danser d’un pied sur l’autre (sans jamais s’effondrer). The Call n’est pas exempt de défauts et ce qu’il gagne en efficacité dans la narration, il le perd parfois sous la houlette de Anderson à la caméra. Certains effets de styles soi-disant présents pour symboliser la peur faisant très vite sombrer au contraire le film dans le grand guignol…Mais fort heureusement, ces moments sont peu nombreux et pris dans le piège de la courte durée du film, il se noie dans le torrent de bonnes choses les précédant. Pas de quoi crier au génie certes, mais le film de Brad Anderson possède quelques bons moments de tensions et une base de départ suffisamment réaliste pour créer ce sentiment de tension important voir même vitale pour ce genre de films. Doté d’acteurs et d’actrices en pleine possession de leur moyen et heureuses de s’amuser un peu sans prétention, le film en bout de course fonctionne à merveille dans le domaine qui est le sien, celui du divertissement. Très sympathique.

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