Critiques de films

[Critique] The Bay- Barry Levinson- Critique du film

La petite ville côtière de Chesapeake Bay doit sa prospérité à l’élément aquatique. Lorsque deux biologistes français relèvent un affolant niveau de toxicité de l’eau et tentent d’alerter le maire, ce dernier refuse de semer la panique dans sa paisible cité. Inaction fatale, puisqu’une épidémie mortelle ne tarde pas à se répandre, qui voit les habitants se transformer en hôtes de parasites mutants qui prennent le contrôle de leurs esprits, tandis que Cheaspeake Bay sombre dans l’horreur…

Produit par l’équipe de Paranormal Activity ce film aurait pu partir avec un très mauvais pedigree de départ dans la vie. Le found footage arrive à la fin d’un cycle et les dernières productions officiantes dans le domaine n’ont vraiment rien fait pour que cela évolue. Alors en apprenant que pour une fois un vrai réalisateur (en l’occurrence Barry Levinson) s’attaquait aux genres, ont pouvait de façon légitime espérer quelque chose de différent. Et d’une certaine façon c’est le cas avec The Bay. Alors, autant être honnête immédiatement, The Bay n’est pas le found footage  horrifique classique dopé avec des jump scare classique. Il y en a certes, mais très peu en comparaison de la moyenne des autres films, non la vraie force de cette production et à n’en pas douter la patte de Levinson est que The Bay est plus un vrai documentaire qu’autre chose. Utilisant les codes du found footage de façon logique et réaliste dans le seul et unique but de créer une véritable histoire, j’entends par là avec un développement et une véritable structure narrative, le film détonne par rapport à ces prédécesseurs. Loin de la peur dite surfaite, ce film joue la carte du réalisme en donnant à la menace détruisant la ville une origine plausible et c’est sur ce point que la chose donne parfois froid dans le dos. On se place du coup dans un état d’esprit proche de l’armée des douze singes et de son infection se répandant de façon catastrophique. Différent et intriguant de par son parti pris à contre-courant du reste de la production dite de found footage The Bay est un petit Ovni dans son genre.

Le très gros point positif du film est son scénario et la construction que le réalisateur y imprime. Rien n’est vraiment laissé aux hasards et tout est mis en place depuis le début. Les dialogues, les apparitions mêmes très rapides de certains personnages…des détails basiques et assez normaux pour n’importe quelle production allez vous me dire. Mais combien de fois ces règles se retrouvent-t-elles mises à mal à l’écran ? Trop souvent diront nous. L’approche de Levinson et son souci old school de respecter les codes narratifs classiques du cinéma d’antan (enfin du cinéma tout court) se marie assez bien avec les nouvelles règles de ce cinéma d’horreur. Que ce soit dans la création de la structure ou bien juste dans l’utilisation en tant qu’outil de mise en scène des outils de communications (iphone, caméra de sécu, caméra de voiture de police…) pour retranscrire l’histoire, il réussit à faire oublier ces artifices au profit de l’histoire. Est-ce que cette dernière est la plus incroyable du monde ? Non pas forcément et le film souffre un peu de sa très courte durée, mais cela permet aussi de créer une véritable tension en crescendo et d’installer un certain malaise en bout de course quant à la finalité de la source de l’infection. Certains éprouveront les frustrations classiques inhérentes à ce genre de films, à savoir les quelques ellipses volontaires mises en place ici ou là, mais alors que dans d’autres films cela passait pour une carence de script, ici avec l’approche proprement documentaire, ces petits arrangements avec la réalité passent beaucoup mieux.

Il faut donc éviter de se laisser avoir négativement par le fait que le marketing vend le film comme « par les producteurs de paranormal activity »…oui c’est le cas, mais pour une fois, la soupe passe mieux. Il faut mieux voir The Bay comme une expérimentation d’un vieux briscard du cinéma désireux de s’essayer à un genre si en vogue chez le jeune public. Ce n’est pas parfait, mais c’est loin d’être inintéressant et une fois de plus le fait que Levinson soit un vrai réalisateur change aussi pas mal la donne en bout de course. Une sympathique surprise.

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