Critiques de films

[Critique] Ted- Seth Mc Farlane- Critique du film

À 8 ans, le petit John Bennett fit le voeu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son voeu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Bien que patiente, Lori voit en cette amitié exclusive, consistant principalement à boire des bières et fumer de l’herbe devant des programmes télé plus ringards les uns que les autres, un handicap pour John qui le confine à l’enfance, l’empêche de réussir professionnellement et de réellement s’investir dans leur couple. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai !

Il y a des films qui vous semblent improbables et qui dès les quelques premières minutes finissent par balayer toutes vos idées préconçues. Le genre de film qui porte haut et fière l’étendard de la véritable petite réussite et dans le genre TED en est une. Hardcore dans sa forme et au final touchant et tendre dans le fond, le film emploie les grands codes du film pour la famille et s’amuse à les pervertir les uns après les autres pour arriver à donner naissance à quelque chose d’impensable. Une chose qui sous son apparence de nounours adorable est la personne la plus border line, cynique et adorable qui soit. Un ours en peluche, fumeur de pétard, alcoolo et queutard. L’expérience n’est définitivement pas pour les enfants, mais bel et bien pour les grands enfants et dieu sait que ces derniers risquent de vouloir acheter un ours en peluche en sortant de la salle. N’y allons donc pas par 4 chemins, Ted de Seth McFarlane est une putain de réussite.

Oui, oui et encore oui. Définitivement la comédie de cette fin d’année. Je n’ai jamais été un fan hardcore des productions de Seth Mc farlane dans le domaine de l’animation. Je les trouve drôle, mais pas suffisamment pour accrocher  au-delà de quelques épisodes. C’était donc plutôt le cul entre deux chaises que j’allais voir ce TED. Le résultat est sans appel, aussi féroce que drôle, le film tae sur tout et tout le monde sans distinctions, mais avec style et au milieu de chacune des ses violentes saillies cache un coeur gros comme ça. Au final et même si la chose pouvait sembler ardue au départ, c’est l’émotion qui se dégage de ce petit conte, oui le film en est un ( tordue certes…) qui gagne le coeur du spectateur en bout de course. La relation entre Whalberg et cette ours en peluche pas comme les autres est définitivement l’attraction centrale de ce film, du genre de celle que l’on a diablement envie de refaire une fois le 1er tour fini. Seth Mc farlane en incarnant TED offre au film une âme et un style particulier. Tromperie sur la marchandise que de faire croire que le film est pour les enfants. Il est pour les grands enfants et d’une certaine façon c’est cette rupture de ton qui est assez jouissive. Tout comme le personnage de Whalberg dans le film, l’histoire fait un clin d’oeil massif en direction de notre âme d’enfant avant de nous questionner sur le besoin d’évoluer. Que ce dernier soit réel ou non.

À quoi ressemblerait notre enfance, si elle vieillissait en synchro avec nous. Toujours attaché à nos basques et bizarrement plus cynique qu’on ne le sera jamais. Mc Farlane nous confronte à la réponse sans pour autant mettre de côté qu’au fond de tout cela derrière le côté ultra cynique, réside un grand enfant. L’unité qui réside entre ce duo totalement improbable est ce qui fait la force du film. Mc Farlane doublant le héros TED réussit à faire oublier le côté synthèse du personnage. Je ne dis pas que l’on est face à du photo réaliste, pas du tout, mais la grosse force de la chose est que TED a une âme. Déviante certes, mais là ou beaucoup de personnages de synthèses boxant dans sa catégorie, reste de la synthèse, il transcende quelque peu le genre pour s’élever au dessus. Résultat des courses un peu comme le film BIG FISH qui était un film de garçons jouant sur la corde pere/fils, TED s’adresse directement aux grands enfants et réussit définitivement son coup. L’impact est doublement plus efficace.

Film pour l’ado qui sommeille en nous TED est une petite réussite dans son genre. Aussi tendre que border line, le film de McFarlane ne cesse d’aller d’un extrême à l’autre pour finir en bout de course à créer l’émotion, et ce, de la façon la plus simple possible. Parfois c’est justement dans ces régions là, celle de la simplicité que se cache l’efficacité que beaucoup ont du mal à mettre sur l’écran. Mc Farlane réussit son coup sans perdre son style, panache et humour de sale gosse et au passage il donne naissance à un des nouveaux personnages les plus attachants à l’écran depuis Stitch de chez Disney. Une véritable surprise et tout simplement un excellent film à ne pas manquer.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply