Critiques de films

[Critique] Star Trek Into Darkness- Critique du film

Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive.Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.

On parle souvent de JJ Abrams comme d’un successeur de Spielberg en terme d’approche de l’entertainement. Les deux sont des grands enfants qui malgré les années continuent de s’émerveiller de la masse de jouets technologiques tous plus fous les uns les autres mises à leur disposition pour créer et vendre du rêve. On peut aussi bien reprocher au premier comme au second des défauts parfois passagers, parfois exaspérants, mais quand il s’agit de faire le show difficile de remettre en question le talent des deux. Créateurs d’univers et dealer d’imaginaire JJ Abrams et malgré le fait qu’il reconnaît n’avoir jamais été un fan de Star Trek a toujours été pour moi un excellent choix comme metteur en scène pour cette saga. Le premier film avait pris le parti de réécrire les bases de la saga menant vers la création de l’équipage, Star Trek 1 reposait sur la fédération, l’origine du nouvel univers et le point de jonction entre les différents membres d’un équipage que l’on aurait cru tout sauf fait pour fonctionner les uns avec les autres. Star Trek 2 s’inscrit dans la continuité directe du premier film, s’appuyant sur cette base narrative déjà en place et surtout les variations d’un univers à l’autre en place depuis le premier…pour cette fois-ci s’arrêter sur deux points majeurs qui font la base de toute saga et surtout celle de Star Trek : l’amitié entre Kirk et Spock et la mise en place d’un méchant mémorable…Inutile de tergiverser et autant le dire, sur presque tous les fronts ( a de rares exceptions…) Star Trek Into Darkness est une franche réussite imprimant pendant 2h10 un rythme digne de celui d’Indiana Jones et le temple Maudit et un fun voire même une émotion qui ne se dément pas.

Star Trek Into Darkness peut-être vu comme la seconde partie du premier film, le complément donnant à l’univers de Star Trek version Abrams une véritable consistance. Que ce soit des fondations de la fédération en passant par les origines de l’équipage et la menace Klingons ou autres, Abrams dresse devant nous un univers diablement riche ne demandant justement qu’à être étudié encore plus et c’est à la porte de ce dernier que se passe ce second volet. Sans rentrer dans le terrain des spoilers, il faut voir ce film comme une double « origin story » le tout sur deux phases, celle menant a la conclusion de la phase 1 « Kirk/Spock » et l’autre qui a mes yeux est tout aussi importante, celle du méchant du film qui se voit offrir un point de départ très intéressant et l’installant clairement comme un méchant beaucoup plus impressionnant et moins unidimensionnel qu’on ne pouvait le craindre. La mythologie de Star Trek est tellement forte que jouer avec cette dernière est éminemment dangereux. Perdre les néophytes et se mettre les fans à dos est un risque qui ne paye pas toujours, mais ici et sur plus d’un point, ce risque paye. Benedict Cumberbatch dans le rôle de John Harrisson met en place le portrait d’un méchant mythique et difficilement définissable. Oui, le personnage est une ordure, mais la base de ces actions reste compréhensible si l’on se réfère à son mécanisme de pensée pour le moins tordu. Benedict Cumberbatch de par la prestance naturelle qui caractérise son personnage vole littéralement la lumière à tous les autres comédiens dès qu’il entre en scène.

Abrams via ce personnage redéfinit les fondations de la mythologie Star Trek en rendant ce personnage beaucoup moins caricatural et surtout plus fin que je ne le pensais. Le film ne peut être que meilleur que lorsque le méchant est hors norme et dieu que Benedict Cumberbatch prend cette maxime au pied de la lettre, la montée en puissance de son personnage aussi bien sur le plan de la bataille psychologique que physique s’avère destructrice pour tout le monde et principalement pour Kirk et Spock qui chacun d’un côté du spectre de leur humanité exacerbé pour l’un et retenu pour l’autre seront tester au-delà de ce qu’ils pouvaient imaginer. Mais c’est aussi au travers de cette épreuve que représente l’intrusion de Benedict Cumberbatch dans l’univers Star Trek…que les fondations de l’amitié Kirk/ Spock explosent ( surtout lors d’une séquence assez poignante…). Les rôles ici s’inversent en grande partie de par la nature du méchant qui pousse Spock à laisser remonter à la surface toutes les émotions qu’ils contrôlaient depuis si longtemps. Kirk reste le chien fou apprenant à être pour une fois un leader et Spock de son côté prend le risque d’embrasser cette part d’humanité dormante en lui, une expérience culminant dans un final assez nerveux entre lui et le méchant du film qui loin des conventions flegmatiques de Spock montre un personnage aussi inattendu et surtout plus proche de Kirk qu’on ne le pense. Est-ce que le film est une sorte de « Bromance » intergalactique ? Peut-être. Mais c’est aussi et à plus d’un titre un gigantesque spectacle qui au-delà de jouer avec les émotions n’oublie pas d’en créer. Star Trek Into Darkness est un véritable festin pour les yeux. L’ampleur des séquences d’actions fait vraiment plaisir à voir. La version 3D du film et ce même si elle n’est pas d’origine s’avère tout sauf exaspérante comme certaines conversions peuvent parfois l’être. Pour être honnête, une fois dans l’action je l’ai assez vite oublié.

Malin dans sa réécriture des fondations de la mythologie, Star Trek Into Darkness est un ride assumée du début à la fin, ne commettant qu’une seule petite erreur, celle de ne pas aller au fond d’un des twists de la fin du film. Mais pris dans le cadre de ce qu’Abrams avait mise en place dans le premier film, cela peut se comprendre et la porte ouverte sur cette « menace fantôme » planant malgré tout sur l’univers qu’il reste à découvrir est diablement passionnante. Abrams signe donc un space opera s’adressant aussi bien aux fans qu’aux néophytes, mais surtout aux grands enfants adorant passer du temps la tête dans les étoiles. Star Trek into Darkness est l’équivalent en terme de fun de ces films aujourd’hui mythique que je découvrais en étant gamin dans des salles obscures. Le fils illégitime de Spielberg n’a pas à rougir de la filiation, son film est un véritable plaisir. Définitivement à voir.

Plus d’infos sur le film

No Comments

Leave a Reply