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[Critique] Spectre- Sam Mendes- Critique du film

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Le problème de Spectre est que comme ne cesse de lui faire mention les différents méchants du film, il est la relique d’une autre époque. Celle où James Bond saute d’une femme à l’autre, tue tout ce qui se dresse sur son chemin et sauve le monde en prenant soin de bien entacher encore plus son taux d’alcoolémie. Oui, même avec le temps et bien que les derniers films surtout Skyfall possèdent en partie un charme indéniable, il est encore plus difficile d’éluder (surtout avec Spectre) la fatigue d’ensemble de la mécanique Bond. Jason Bourne que l’on veuille l’admettre ou non a dynamité le piédestal de James Bond, le forçant de facto a le copier en partie dans son approche de l’action et en revenant aussi un peu aux racines du personnage. Mais l’effet de surprise a pris l’eau depuis et perdu dans les méandres d’une production catastrophique et des aléas toujours aussi lourd du placement de produit qui gangrène la saga Bond depuis des années, Spectre apparaît comme quelque chose d’un autre temps. Terriblement bâtard et s’adonnant à un fan service aussi inutile que maladroit avec l’un des personnages les plus mythiques de la saga. Pour au final accoucher d’une souris et rendre l’ensemble complètement caduc.

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La mise en scène absolument splendide de Skyfall semble appartenir a un passé atrocement lointain avec ce Spectre. En effet, on ne peut pas dire que le film soit laid, loin de là, mais il y a une certaine forme de neutralité ambiante qui finit par rendre l’ensemble profondément terne. Un comble vu le nombre de locations que parcoure James Bond dans le film. S’il n’y avait que cela, la pilule passerait presque, malheureusement Spectre enchaîne les séquences d’actions avec une mollesse et un manque d’ambition qui frôle le gênant. Poursuite en voiture qui ressemble a une pub déguisée, combats mal chorégraphiés, Daniel Craig traversant d’un point à l’autre le film avec une absence de vie dans le regard assez génante. Oui, la production du film à été un cauchemar en coulisse et Sony aurait mieux fait de lui offrir plus de temps pour consolider les choses. Mais, Hollywood n’obéit pas forcément aux règles de la logique universelle. Et cela se voit de façon profonde dans le script qui sous son apparente envie de rebooter un des points les plus majeurs de la saga James Bond et offrir une conclusion correcte aux autres films explose littéralement en vol via le personnage de Christoph Waltz. Est-il mauvais ? Non, mais tout comme les autres membres du film (et c’est encore pire à son niveau vu l’importance du personnage…) il se retrouve avec un rôle reposant sur des fondations d’une fragilité absolue. Un rien mettrait l’édifice par Terre, ce rien étant le risque de voir le spectateur se mettre à réfléchir et passer au-delà du cap de la sympathie naturelle que l’on peut avoir pour l’acteur. A ce moment-là, on entre dans une zone rouge nous laissant perplexe. Pourquoi prendre un tel personnage pour s’évertuer à le rendre aussi con et pathétique. C’est un concept qui m’échappe d’une certaine façon.

Quid des rôles féminins ? Monica Belluci fait très bien la belle plante qui paye ses impôts et Lea Seydoux a beaucoup de mal à exister dans le rôle de cette soi-disant femme forte. Difficile de passer après Eva Green qui avait toutes les qualités d’une Bond Girl d’un autre genre alliant le charme, la fragilité, l’intelligence, Lea Seydoux n’est pas une mauvaise actrice, mais la pauvreté d’écriture de son rôle ne lui offre pas de quoi vraiment sauver les meubles. C’est le problème majeur de l’ensemble des James Bond période Daniel Craig qui au final en filigranes ne forment qu’une histoire, la montée en puissance est là tout du long, mais ce qui aurait dû être une apothéose apparaît comme une magnifique demi-molle que l’on doit au travail de forceur de la production. Tous les éléments étaient en place (sauf Dave Bautista qui là aussi écope d’un rôle vraiment pas fou…), mais tout comme Jobs dernièrement, enfin du moins ici d’un point de vue juste artistique, Spectre sent la finition à la hâte (le scénario ne cessant d’être refait pendant le tournage…). Le tout aboutissant a offrir aux spectateurs exactement ce qu’il attend et à déjà-vu. Fan service en pilote automatique. Toutes ambitions de surprendre a été gommer de l’équation. C’est tout sauf détestable, c’est classique, c’est déjà vu 100 fois… ce qui pour James Bond et sa classe légendaire est une faute de goût assez difficilement surmontable. Rendant du coup le film un peu anecdotique et pas aussi marquant qu’un Skyfall. Dommage.

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