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[Critique] Sabotage – David Ayer- Critique du film

Pour cette force d’élite de la DEA, il s’agit officiellement de prendre d’assaut le repaire d’un important cartel mais en réalité, l’opération se révèle être un véritable braquage. Après s’être emparés de 10 millions de dollars en liquide, les agents complices pensent leur secret bien gardé… jusqu’à ce que quelqu’un se mette à les assassiner les uns après les autres, froidement, méthodiquement. Alors que les meurtres se multiplient, chaque membre de l’équipe devient un suspect. Chacun sait tuer, et chacun a un excellent mobile…

Il y a des films dont on espère ressortir avec un bon souvenir, mais qui malheureusement explosent en plein vol. Sabotage de David Ayer est l’un d’eux. Alternant le bon et le très mauvais en terme de réalisation aussi bien qu’en narration, le film est un joyeux bordel qui a malheureusement très vite la fâcheuse manie de partir dans tous les sens pour ne plus jamais rouler droit. À partir de ce moment-là, impossible de revenir sur ces pas, on assiste sans rien dire à la lente déliquesance du film. Et c’est dommage pour la simple et bonne raison que David Ayer à la différence de beaucoup d’autres réalisateurs prend Arnold Schwarzenegger au sérieux. Nous ne sommes pas dans The Expendables ou d’autres séries B qu’il a pu offrir au public. Le personnage qu’il incarne est ici à cheval entre l’ange de la vengeance et le pourri le plus parfait et dans l’ensemble cela lui va plutôt bien. Malheureusement, la joie est de courte durée tant David Ayer se prend les pieds dans le tapis pour donner vie à cet univers glauque au possible.

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Entre vengeance, détournements d’argents, cartel colombien et enquêtes policières, Sabotage de David Ayer a un défaut, il a très vite les yeux plus gros que le ventre et n’arrive pas à tenir la route sur tous les fronts. L’équipe de “gangsters” avec badges que dirige Arnold Schwarzenegger est la première à en souffrir. Long à démarrer sur ses enjeux, le film oublie de développer ces antihéros qui sont censés être le coeur du film. Vulgaire, ultra violent, le film devient très vite une caricature de série B prenant ses forces dans un enchevêtrement de clichés. On comprend alors très vite que l’on n’a plus rien à attendre du film et c’est bien dommage, car au milieu de ce marasme, la silhouette patibulaire d’Arnold Schwarzenegger continue d’imposer une aura certaine. Encore aurait-il fallu que celle-ci soit al préoccupation du scénariste. Car, il ne faut pas vraiment beaucoup de temps au film pour totalement partir en sucettes. Les twists s’enchainent, les faux semblants, les fausses pistes, les contre sens et d’un coup d’un seul tout ce que l’on espérait trouver dans le film est réduit à néant. Même du côte de la réalisation qui aurait pu agir à défauts comme un très bon cache-misère, David ayer ne fait pas illusion. Les séquences d’actions s’enchaînent et se ressemblent culminant dans un final qui semble tout droit sorti de n’importe quel direct to dvd basique.

Sabotage porte bien son nom, car tout était là pour que l’entreprise fonctionne. Le casting de gueules qui entourent Arnold Schwarzenegger se retrouve tout simplement inutilisé de la pire façon qui soit. Tout est fait au bout d’un moment pour ne jamais aller plus loin que les apparences. Ce sont des brutes sans cervelles. Et de par la faiblesse du scénario, il est impossible de les considérer autrement, il n’y a dans le film pas le moindre “affect ” pour les membres de ce “gang”, ils peuvent se faire tuer, décapite, égorger…cela ne changera rien à votre journée. Et c’est là que se situe le plus gros échec du film, son scénario allié à la direction en roue libre de David Ayer font de Sabotage un gigantesque bordel au final aussi vulgaire et ultra violent que creux. Le film est à l’état embryonnaire, on le regarde par nostalgie d’ Arnold Schwarzenegger ou par dépit de ce que Sabotage aurait pu être. Mais une chose ne change pas en bout de course, jamais le film ne décolle vraiment. Le crash est assez rapide et l’agonie trop longue. Dommage.

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