Critiques de films

[Critique] Robocop- José Padilha- critique du film

Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d’acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme…

Quand le Robocop version 2014 de José Padilha a été mis en production, beaucoup de personnes dont moi ont eu du mal à voir l’intérêt de la chose. L’original étant un classique, il parait en effet difficile de faire mieux. Mais s’il y a bien quelque chose dont Hollywood se moque, c’est la logique. L’histoire de la production du film respire la difficulté et le clash et le résultat final sans être une catastrophe laisse quelque peu perplexe. En effet là où le Robocop d’origine était un film visionnaire sur la situation d’un pays et le fait de voir une ville s’autodétruire pour des raisons hautement toxiques, le remake/reboot de 2014 évacue toutes ses problématiques au profit d’un simple actionner au final assez bateau. Ce qui en soit est déjà une grande victoire vu que le film était prévu pour n’être qu’une énorme catastrophe. Mais l’absence de profondeur handicape énormément l’affect que l’on peut avoir pour le personnage principal tout comme l’aventure et l’univers dans lequel il évolue. En effet, le souci numéro un est que l’on a bel et bien l’impression d’avoir déjà vu cela 20,000 fois.

Machine à la recherche d’une humanité perdue, voilà ce qui à la base du personnage définit un peu le Robocop d’origine. Le tout mixé avec une soif de vengeance et de justice qui donnait au film une tonalité particulière encore excellente aujourd’hui. Le remake/reboot tente d’updater la chose en se prenant malheureusement du coup les pieds dans le tapis. De sa relation avec son partenaire ou bien via les (grosses) ficelles dramatiques le liant avec sa femme et son fils, ce Robocop nouveau modèle peine à rester concrètement sur ses deux pieds. Trop d’intervenants gravitent autour de lui et beaucoup arborent le même problème, celui de ne jamais être assez approfondi. La grande majorité des personnages présents dans le film sont des ébauches. Le mot est d’ailleurs celui qui définit le mieux le film. Patchwork d’envie et d’influences où l’on sent d’ailleurs que José Padilha a du avoir toutes les peines du monde pour garder la barre du navire et le faire aller dans la direction qu’il voulait. Les bases sont là, mais très vite à tous les niveaux on finit malheureusement par avoir la désagréable sensation que tout le monde abandonne et passe en pilote automatique. En résulte une perte d’ambition dramatique qui achève le film. Ce dernier du coup se transformant en blockbuster ultra standardisé que rien ni personne ne peut encore sauver.

La plus grande erreur de ce film est de ne jamais aller au-delà du simple blockbuster de base. Toutes notions sociales ou voir même de sf sur le rapport de l’homme contre la machine s’efface au profit d’un film d’action plutôt bateau. Hollywood accouche bien souvent de mauvaises idées et il ne fait plus aucun doute que le film de José Padilha vient de prendre la voie express vers les sommets du classement. Paul Verhoeven peut dormir tranquille, son chef-d’oeuvre d’origine n’a pas encore de challengers. Au final, le film de José Padilha est un pétard mouillé plutôt bien mise en scène, mais sans véritable fond. Une coquille vide en somme…

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