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[Critique] Respire – Mélanie Laurent- Critique du film

Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Respire est un film particulier, le genre de ceux qui me laissent le cul entre deux chaises. Le duo d’actrices portant Respire, Joséphine Japy et Lou de Laâge sont véritablement extraordinaires et offrent au film une assise qu’on peut qualifier de solide. Mais pour autant, je n’ai pas été pris dans le torrent émotionnel de l’intrigue. Sans être caricatural, Respire est un film purement féminin du début à la fin, l’ADN même de cette relation s’adresse plus à un public féminin que masculin. Pris dans une problématique similaire, mais d’un point de vue masculin la finalité aurait-elle été la même ? Plus rapide ou moins rapide ? Je ne sais pas, on peut se poser 1001 questions sur le sujet. Mon problème à moi au final est simple, je n’ai pas vécu ce genre d’histoire et ne m’y retrouve pas. J’en reconnais les qualités diverses, même si je préfère encore et toujours le premier film de Mélanie Laurent, mais ce Respire peine à m’emporter et du coup c’est ce qui m’attriste le plus dans l’histoire.

Pourquoi ? Sûrement à cause de Joséphine Japy et Lou de Laâge. Le paradoxe est que d’un point de vue purement filmique, l’alchimie entre les deux actrices et ce qu’elles arrivent à faire ressentir ne peut laisser insensible. Mais l’ennui est qu’en comparaison du concert de louanges nappant le film, cela ne touche jamais en plein cœur. On reste en surface, dans un plaisir éphémère qui a quelque peu du mal à continuer de vivre en dehors de la salle de cinéma. C’est à partir de ce moment que la somme des petits défauts que l’on avait volontairement mis de côté remonte à la surface. Respire apparaît alors quelque peu problématique justement de par son point de vue unique, l’équilibre en devient fragile. Respire à force de se focaliser à raison certes sur les personnages de Joséphine Japy et Lou de Laâge néglige les autres. Les personnages secondaires finissent par ne jamais avoir autant mérités ce titre. Le hic est que généralement c’est de ces personnages que vient l’équilibre d’un film, ils sont l’assise des héros d’une intrigue et en les mettant un peu trop en retrait, certains problèmes qui auraient pu passer deviennent des montagnes difficilement surmontables. La narration en prend un petit coup handicapant le tour de force qu’accomplissent pourtant Joséphine Japy et Lou de Laâge.

Car là encore, il faut bien redire que l’instant de grâce du film tient à ses deux actrices. Coup de maître dans la direction d’actrice qui donne une partie de l’émotion que l’on attendait. Joséphine Japy fragile et purement excellente donne le contrepoint parfait à la performance toxique de Lou de laâge, les deux actrices étaient faites l’une pour l’autre. On essaye un court instant de s’imaginer ce qu’aurait pu donner le film si les seconds rôles avaient eu un développement plus important. Dans l’état actuel, Respire n’est pas forcément un mauvais film. On peut reprocher à la réalisation de Mélanie Laurent d’être parfois moins subtile que dans son premier film, mais cela est contrebalancé une fois de plus par la performance de Joséphine Japy et Lou de Laâge dans Respire. Mais au final et même en jouant l’avocat du Diable, Respire aura eu un mal de chien à me parler dans le fond. Son sujet ne me parlant pas, j’ai eu la désagréable impression d’être à la porte du film. Difficile du coup d’être emporté par la finalité de l’histoire et son point d’orgue. Reste un double point fort assez intense en la personne de Joséphine Japy et Lou de Laâge qui portent malgré tout le film du début à la fin. À voir en fonction de votre sensibilité ou historique de période scolaire…

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